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Test du Nissan Ariya : le SUV 100% électrique qui est plus à l’aise en ville que sur autoroute

Plus de dix ans séparent la première voiture électrique de Nissan, la Leaf, de sa seconde, l’Ariya. Cette décennie d’observation a-t-elle permis au Japonais de réussir son premier SUV électrique ?

On l’oublie souvent, mais Nissan est l’un des précurseurs de la voiture électrique. Sa Leaf fait partie des premiers modèles 100 % électriques à avoir sillonné les routes, aux côtés de la Renault Zoé. Pourtant, comme la marque au Losange avec laquelle il constitue la fameuse alliance, en dehors de ce premier modèle, Nissan est resté très discret sur le terrain des électriques. Il lui a fallu attendre 2019 pour montrer un bout de véhicule zéro émission. C’était déjà le concept Ariya. Trois ans plus tard, le SUV 100 % électrique est sur les routes et Nissan espère qu’il donnera le coup d’envoi d’un nouveau chapitre, celui de son entrée de plain-pied dans l’ère électrique. Afin de savoir ce que vaut vraiment ce Nissan Ariya, nous l’avons testé, au cours d’une petite semaine et sur près de 800 km.

Ce n’est pas un SUV, c’est un vaisseau spatial

Nissan a été maintes fois salué pour avoir maintenu un design assez original, très proche du concept Ariya dévoilé en 2019. L’imposante face avant, son bouclier proéminent, mais aussi une allure globale de coupé ne feront sans doute pas l’unanimité, mais ils apportent une touche d’originalité dans le monde assez terne des SUV. Avec le Hyundai Ioniq 5 et le Kia EV6, l’Ariya fait sans doute partie de ces rares véhicules électriques au design singulier. S’il est question d’un design clivant à l’extérieur, l’intérieur, en revanche, ne pourra que faire l’unanimité.

Habitacle : une pure réussite

Une fois la portière ouverte, l’Ariya fait son l’effet. L’impression d’ensemble, la qualité des matériaux et le niveau de finition sont dignes des voitures premium allemandes. Nous n’avons pas pour habitude de nous attarder sur cet aspect des véhicules que nous testons, mais en l’occurrence, le soin apporté par Nissan dans la réalisation de son intérieur mérite d’être salué.
En plus de cet intérieur très élégant et épuré, le constructeur a bourré son habitacle de gadgets technologiques dont nous sommes évidemment très friands. Ainsi, la console centrale est amovible afin d’augmenter ou diminuer l’espace à l’avant. Une autre zone, tactile, permet d’ouvrir et de fermer électriquement une seconde boîte à gants, devenue le temps de notre test notre espace de rangement préféré. Sièges et volant sont réglables électriquement et les passagers à l’avant comme à l’arrière disposent de ports USB-A et USB-C pour charger leurs appareils électroniques. L’Ariya dispose aussi d’une zone de recharge par induction (de série), ainsi que d’un système audio Bose à 12 haut-parleurs qui ne nous a pas vraiment impressionné. C’est sans doute là le seul léger point faible d’un intérieur réussi de toutes parts.

Environnement de conduite et OS

La planche de bord de l’Ariya est habillée de deux écrans de 12,3 pouces qui forment un ensemble relié par une surface en verre légèrement ondulée. C’est particulièrement bien intégré et du plus bel effet. Cela vient confirmer ce que nous évoquions précédemment, à savoir une attention apportée à tous les détails de l’habitacle aussi bien au niveau de leur aspect que de leur fonctionnement. Entendons-nous, tout n’est pas réussi, mais l’intention de départ est toujours bonne. Nous en voulons pour preuve le menu de climatisation du véhicule qui est intégré dans le mobilier, via une surface tactile à retour haptique. L’idée est bonne, esthétiquement, c’est magnifique, mais à l’usage, nous avons connu plus pratique et surtout plus efficace. Quant au retour haptique, il n’offre pas toujours un ressenti de qualité.

Nissan Ariya
La surface tactile sur la boiserie est belle, mais le ressenti du retour haptique pourrait être meilleur.

L’interface et la navigation ne sont pas non plus exemptes de défaut, mais sur ce point, Nissan reste dans la moyenne des constructeurs auto. En revanche, nous avons particulièrement apprécié l’intégration et la qualité de l’affichage tête haute qui vient compléter parfaitement l’écran d’instrumentation sans faire dévier le regard du conducteur de la route. La plus grande faiblesse de l’OS de l’Ariya est à mettre au compte de son planificateur d’itinéraire. Certes, Nissan en propose un, ce qui n’est pas le cas de tous ces concurrents. Néanmoins, si vous souhaitez arriver à bon port sans quelques interminables arrêts, mieux vaut utiliser une application tierce. Le système peine davantage encore lorsqu’il estime que l’autonomie ne sera pas suffisante pour arriver à destination, proposant alors des arrêts fantaisistes sans la moindre prise en compte de la puissance des bornes ou du temps de trajet supplémentaire. Enfin, et c’est un défaut partagé avec de nombreux autres planificateurs, celui de Nissan n’est pas du tout personnalisable et ne laisse aucune liberté de choix à l’utilisateur.

Au niveau des aides à la conduite, Nissan se situe dans la moyenne là aussi avec son autonomie de niveau 2 et ses nombreuses assistances. En revanche, le système de freinage d’urgence montre une tendance à s’emballer rapidement, notamment lorsqu’il faut zigzaguer entre plusieurs voitures à l’arrêt. Dans ce cas, l’Ariya a l’alerte sonore facile, mais fort heureusement le coup de frein brutal n’intervient que si c’est nécessaire. Malheureusement, au cours de notre essai, nous avons également constaté quelques bugs que ce soit dans certains menus du logiciel maison et, chose particulièrement rare, dans la gestion d’Apple CarPlay.
Le bilan au niveau du système embarqué est nuancé. L’OS de Nissan ne souffre d’aucun défaut rédhibitoire et fera l’affaire dans la plupart des cas. Surtout, il propose une prise en charge en Bluetooth de CarPlay ou Android Auto (après un premier branchement en filaire) ce que les plus exigeants des utilisateurs s’empresseront sans doute de faire.

e-Pedal quand tu nous tiens

La qualité d’isolation phonique de l’Ariya nous a époustouflé. Là encore, cette observation confirme nos impressions en matière de finition. Les ingénieurs de Nissan ont fait de l’Ariya une vitrine de leur savoir-faire aussi bien en matière d’isolation que de finitions. Ce travail fondamental pour mettre le conducteur dans une situation très agréable se ressent dès les premiers tours de roue. Le silence quasi monastique de l’Ariya, le confort à bord et sa souplesse de conduite agissent de concert pour offrir une expérience très agréable.
Nissan propose également sur son SUV 100 % électrique l’un des ingrédients qui a fait le succès de sa Leaf, le fameux mode e-Pedal (ou monopédale chez une partie de ses concurrents). Celui-ci permet de conduire l’Ariya sans avoir à utiliser la pédale de frein puisque le freinage régénératif permet d’emmener le véhicule jusqu’à l’arrêt. C’est d’ailleurs dans ce mode de conduite que la récupération au freinage est la plus importante. Ce mode e-Pedal demande quelques minutes d’adaptation pour quiconque ne serait pas familier, mais il s’avère rapidement très naturel à utiliser, notamment en ville. Sur autoroute ou sur les routes nationales en revanche, ce premier niveau de freinage sera sans doute un peu trop fort au lever de la pédale, on lui préférera donc, le mode « B » traditionnel de son mode Normal ou Sport. En mode Eco en revanche, il n’y a pas de freinage régénératif, l’Ariya passe en mode roues libres.
L’importance du mode e-Pedal pour Nissan explique sans doute pourquoi le constructeur japonais ne s’est pas encombré de palettes au volant pour régler la régénération. Certains utilisateurs regretteront sans doute ce manque de liberté, mais Nissan a le mérite d’offrir tout de même un choix, et surtout une option qu’il maîtrise parfaitement.

Autonomie : celui qui n’aimait pas l’autoroute

Parmi les nombreux véhicules électriques que nous avons testés au cours des dernières années, le Nissan Ariya est sans doute celui qui offre le plus grand écart entre sa consommation en ville et ses besoins d’énergie sur autoroute. En effet, pour peu que vous adoptiez une conduite douce en milieu urbain, sa consommation descend aisément en dessous de 17 kWh/100 km, ce qui compte tenu du gabarit de la bête est très impressionnant.
Emmenez-le sur autoroute, en revanche, et il traînera son poids de 2,1 tonnes comme un boulet. À 130 km/h au compteur, la consommation dépasse les 26 kWh/100 km, et cela, malgré son aérodynamique légèrement travaillée (merci l’allure coupé). Précisons tout de même que lors de notre test, les températures étaient plutôt fraiches (autour de 0 °C) et qu’il y avait beaucoup de vent. Finalement, le résultat en consommation mixte est plus qu’honorable (environ 19 kWh/100 km), l’Ariya parvenant à baisser sa consommation dès lors qu’il quitte la voie rapide.
En conséquence, il est difficile de s’arrêter sur un chiffre d’autonomie le concernant. Sur un long trajet, majoritairement autoroutier, sa grosse batterie de 87 kWh vous permettra de rouler plus de 320 km, sans inquiétude. En ville, il peut aisément dépasser les 500 km d’autonomie, ce qui en fait l’un des SUV les plus efficients dans ces conditions.

Finalement, le seul et véritable bémol au chapitre autonomie concerne sa capacité de charge rapide limitée. Celle-ci plafonne à 130 kW, ce qui autorise un plein de 10 à 80 % en 35 min environ. Ce n’est pas idéal pour voyager, mais c’est faisable moyennant un peu de patience, et ce, d’autant plus que la courbe de charge de l’Ariya semble bien maîtrisée, celui-ci parvenant à tenir des valeurs de charge élevées relativement longtemps. Précisons également que le Nissan Ariya dispose d’un mode de préconditionnement de la batterie qui lui permet d’optimiser les sessions de charge rapide. Celui-ci s’active manuellement environ une heure avant l’heure estimée de la recharge. Il vaut mieux ne pas l’oublier.

Nous n’avons pas dépassé les 95 kW, mais cette puissance s’est maintenu un bon moment.

L’Ariya sur la route, ça donne quoi ?

L’Ariya était particulièrement attendu sur le terrain de la conduite. Le style futuriste et engagé du SUV pouvant être perçu comme une promesse de sensations à venir, ou au minimum une garantie contre l’ennui. Entendons-nous, nous n’attendions pas du SUV familial de Nissan un comportement digne du Taycan, mais en tant que premier représentant de l’électrique depuis de longues années, l’Ariya se devait également d’illustrer un certain style sur la route.
C’est chose faite. Doté d’une direction assez précise et de suspensions relativement fermes (même s’il filtre plutôt bien les aspérités de la route), l’Ariya ne manque pas de caractère. Et celui-ci ne se limite pas à son accélération fulgurante. Son 0 à 100 km/h en 7,4 secondes le classe d’ailleurs parmi les meilleurs élèves de sa catégorie. L’Ariya fait preuve d’un certain dynamisme et d’un bon équilibre entre performances et confort. Là encore, Nissan a su trouver le bon dosage.

Le Nissan Ariya face à la concurrence

À plus de 60 000 euros dans sa version grande autonomie (87 kWh), le SUV familial de Nissan s’attaque à quelques poids lourds du segment, dont l’incontournable Tesla Model Y. S’il s’avère plus polyvalent que les SUV du groupe Volkswagen (ID.4, ID.5 chez VW, Enyaq chez Skoda et Q4 e-tron chez Audi), il reste malgré tout particulièrement cher dans cette finition malgré une qualité de fabrication largement supérieure à l’ensemble de ses concurrents. C’est également sur la qualité perçue et le niveau de confort à bord qu’il misera face à l’épouvantail du secteur, le Model Y. Mais les adeptes de performances pures ou les grands voyageurs donneront sans doute leur préférence à Tesla.

Verdict de l’essai

L’Ariya est une véritable surprise. Si extérieurement, le design peut être clivant, le SUV 100 % électrique de Nissan a bien d’autres atouts pour convaincre. Qualité de fabrication, excellente autonomie en usage mixte et en milieu urbain, confort intérieur et niveau des prestations à bord font de l’Ariya une référence à bien des égards. Malheureusement pour le SUV de Nissan, il souffre de quelques défauts qui ternissent son bilan, à commencer par sa consommation sur autoroute, sa faible capacité de charge rapide et quelques légers ratés du côté de son OS. Une fois encore, c’est le prix qui fera grincer des dents. À plus de 61 000 euros dans cette version grande autonomie, il entre dans la catégorie des véhicules difficilement accessibles. Certes, Nissan propose une version plus abordable avec une batterie de 66 kWh, mais celle-ci dépasse également les 50 000 euros et offre un rayon d’action plus limité.

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