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Samsung développerait ses propres robots… en piochant dans son rayon électroménager

Le fabricant de vos frigos et de vos aspirateurs travaillerait sur un robot humanoïde conçu de A à Z dans ses labos. Et son arme secrète ne sort pas d’un labo d’IA, mais du rayon électroménager.

La tech ne jure plus que par les robots à deux jambes : Tesla promet son Optimus pour bientôt, Figure enchaîne les levées de fonds, et la Chine aligne les démonstrations. Samsung s’était jusqu’ici contenté d’une stratégie d’actionnaire, en prenant le contrôle du champion coréen Rainbow Robotics. Le groupe développerait désormais, en parallèle et dans ses propres laboratoires, un humanoïde conçu de bout en bout, sans confirmation officielle à ce stade.

Des moteurs d’électroménager dans les articulations du robot

Le projet serait mené à l’écart de Rainbow Robotics, cette pépite fondée par des chercheurs du KAIST dont Samsung détient 35 % depuis fin 2024, assez pour en faire une filiale consolidée. La démarche complète un mouvement engagé de longue date : premier ticket de 14,7 % en 2023, puis montée au capital un an plus tard. Le 21 juillet, le groupe créait enfin une division robotique baptisée RX, rattachée directement à son patron. Le prototype maison surpasserait déjà ses principaux rivaux nationaux, une affirmation qui reste à vérifier sur autre chose que le papier. Rainbow Robotics, de son côté, poursuit ses humanoïdes et ses quadrupèdes, ce qui promet une émulation interne aux règles encore floues (deux écuries, un seul propriétaire, l’histoire dira si c’est une stratégie ou un doublon).

L’arme du projet ne sort pourtant pas d’un centre de recherche en intelligence artificielle, mais des chaînes de lave-linge. Samsung concevrait ses propres actionneurs, ces moteurs qui servent d’articulations au robot (l’équivalent mécanique de nos muscles et de nos tendons), en s’appuyant sur les technologies développées depuis des décennies pour son électroménager. L’idée a sa logique. Faire tourner un tambour de machine sans vibrer ni chauffer, à bas coût et pendant quinze ans : voilà un cahier des charges que peu de laboratoires de robotique maîtrisent.

Vendre le robot entier ou vendre ses organes, Samsung garde les deux options

Reste la question du débouché commercial, et Samsung garderait volontairement deux fers au feu. Le groupe pourrait commercialiser un jour des robots sous sa propre marque, ou rejouer la partition qui a fait sa fortune dans les smartphones : fournir les organes vitaux (écrans, mémoire, capteurs, et demain articulations) aux concurrents qui assembleront le produit final. La maison vend déjà ses dalles à Apple et sa mémoire à la moitié de l’industrie, alors pourquoi pas ses actionneurs à la prochaine vague de fabricants d’humanoïdes. L’électroménager connecté a d’ailleurs déjà montré la méthode maison : arriver tôt, occuper tout le catalogue et laisser le marché faire le tri.

La concurrence, elle, n’attendra pas que Séoul se décide. Tesla répète que son Optimus travaillera en usine, Figure s’est vu valoriser 39 milliards de dollars à sa dernière levée, et Boston Dynamics fait faire des saltos à son Atlas depuis des années. Pour le grand public, l’humanoïde domestique reste un horizon lointain, entre prix dissuasifs et démonstrations soigneusement scénarisées. Si quelqu’un sait transformer un prototype de salon en produit fabriqué par millions à prix serré, c’est toutefois davantage un industriel de l’électroménager qu’une start-up de la Silicon Valley.

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Source : Sam Mobile


Naïm Bada