Google avait prévenu dès août 2025 : les développeurs Android devront prouver leur identité, boutiques officielles ou pas. Le volet le plus concret de ce chantier vient d’entrer en scène. Le responsable de l’engagement communautaire d’Android, Mishaal Rahman, a annoncé le déploiement progressif du « flux avancé », le passage obligé pour installer l’application d’un développeur non vérifié.
Six étapes, un redémarrage et une journée entière de patience
Le nouveau parcours se mérite, et Google ne s’en cache pas. Il faut d’abord ouvrir les options pour développeurs, activer l’autorisation des applications de développeurs non vérifiés, puis s’authentifier avec son verrouillage d’écran. Android demande ensuite de confirmer que personne ne vous pousse à modifier ce réglage, une question taillée pour les victimes d’arnaques guidées par téléphone. Restent le redémarrage du téléphone, une attente de 24 heures, puis un dernier choix : autoriser ces applications pour sept jours ou sans limite de durée.

Quelques aménagements adoucissent tout de même l’affaire au quotidien. Les options développeurs peuvent être refermées ensuite, et couper temporairement le réglage ouvre dix minutes de grâce pour le réactiver sans repartir pour un jour d’attente. La logique reste assumée : la friction sert de garde-fou contre les escrocs qui téléguident leurs victimes jusqu’à l’installation d’une application vérolée. Elle s’applique d’ailleurs aussi aux mises à jour, qui échoueront tant que le réglage reste coupé. Les bidouilleurs conservent une échappatoire officielle : l’outil ADB en ligne de commande, exempté de tout le cérémonial.
Ce qui attend tous les possesseurs d’Android d’ici 2027
La vérification obligatoire des développeurs entre en vigueur le 30 septembre 2026 au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. Sept boutiques ouvrent le bal, dont Google Play, le Galaxy Store de Samsung et les magasins de Xiaomi, HONOR, OPPO et vivo. L’extension au reste du monde est programmée pour 2027, même si le DMA laisse planer un doute sur son application telle quelle en Europe. Un compte développeur standard coûte environ 25 dollars, et la provenance de l’APK ne pèse rien dans la balance : qu’elle vienne de F-Droid ou d’un site quelconque, seul compte l’enregistrement de son auteur. Apple soumet déjà les applications distribuées hors App Store en Europe à sa notarisation, exigence née du DMA. Google emprunte un chemin voisin, la pièce d’identité en plus.
La pilule passe mal chez les habitués. Un sondage mené auprès de plus de 7 300 lecteurs d’un site spécialisé après l’annonce de mars donnait 79 % de répondants critiques, entre atteinte à l’ouverture d’Android et remède jugé disproportionné. Le blocage des mises à jour des applications déjà installées venant s’ajouter la grogne. Google assume là aussi : une application installée avant l’entrée en vigueur de la vérification pourrait très bien recevoir plus tard une mise à jour malveillante, autant fermer la porte tout de suite.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

Source : Mishaal Rahman/Reddit

