Soyons d’accord sur une chose : les voitures modernes n’ont jamais été aussi sûres, ce qui a contribué à baisser significativement la mortalité sur nos routes. Mais ce constat à première vue flatteur est aujourd’hui remis en cause par une nouvelle étude démontrant les problèmes ergonomiques de nos véhicules. C’est ce que pointe du doigt le cabinet Allianz Zentrum für Technik, qui nous sort des chiffres assez inquiétants.
Selon ses travaux, la distraction du volant interviendrait dans un accident de la route sur trois en tant que facteur déclencheur direct ou que cause contributive. Et quand l’on parle de distraction, on ne parle pas du téléphone au volant, mais bel et bien de l’architecture intérieure des voitures. Autrement dit, c’est la débauche d’écrans tactiles censés être plus modernes qui entraîne un recul significatif sur la sécurité.
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Quand le design des habitacles met en danger les conducteurs
Si régler simplement la ventilation réclame de passer à travers des sous-menus peu intuitifs, cela peut se comprendre. Si changer la radio exige un panier de manipulations complètement inutiles, cela peut aussi s’expliquer. Si couper les aides à la conduite demande une véritable gymnastique cérébrale, cela pose forcément problème. Le souci, c’est que les conducteurs ne sont pas égaux face aux risques, car chaque modèle de voiture est forcément différent.
Selon Dr Klaus-Peter Röhler, membre du Directoire d’Allianz SE, les « recherches montrent qu’une même tâche peut nécessiter jusqu’à 25 % d’attention visuelle en moins dans un véhicule que dans un autre. Cela nous dit quelque chose d’important : la distraction n’est pas seulement une question de comportement du conducteur. C’est aussi une question de conception […]. Lorsque la sécurité est en jeu, la fonction doit primer sur le design ».
Jusqu’à 3 secondes les yeux fermés : l’inquiétante réalité du tactile
Concrètement, les modèles favorisant le tout tactile peuvent alors augmenter le temps total passé à regarder ailleurs que sur la route de 25 %. Cela correspond environ à trois secondes d’écart pour une même tâche ! Problématique quand l’on sait qu’au-delà de deux secondes, le risque d’accident est déjà significativement augmenté. Un renouvellement complet des habitacles les plus défaillants en la matière est donc souhaité.
Christian Sahr, directeur d’Allianz Zentrum für Technik, précise que « pour garantir une utilisation sûre des véhicules, il est nécessaire de définir clairement quelles fonctions doivent être commandées par des boutons physiques et lesquelles peuvent être accessibles depuis un écran tactile. [Tout cela dans le but de] concevoir des interfaces tactiles qui détournent le moins possible l’attention des conducteurs de la route ».
80 % des automobilistes réclament la fin des écrans géants
Les résultats sont parfaitement de l’avis des principaux intéressés. Selon une enquête menée par Allianz, 80 % des conducteurs français interrogés considèrent que les technologies embarquées ont accentué la distraction au volant. 66 % préfèrent même utiliser des boutons physiques à la place des écrans tactiles. Une proportion qui monte à 82 % chez les jeunes conducteurs de 18 à 25 ans.
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Source : Allianz

