Nokia et ICEYE ont officialisé le 1er octobre à Helsinki un partenariat pour développer des systèmes de communication par satellite en orbite basse réservés aux gouvernements. L’offre réunit satellites haut débit, stations au sol et terminaux durcis pour les conditions extrêmes. Les premiers lancements sont annoncés pour 2028.
Un Starlink dont l’État garde les clés
Chaque pays client devient propriétaire de ses satellites, de ses antennes au sol et de ses terminaux, là où Starlink vend l’abonnement à son réseau. « Les nations doivent pouvoir posséder et contrôler pleinement leurs communications, sans dépendre des conditions d’utilisation d’un opérateur commercial étranger », défend Rafal Modrzewski, cofondateur et patron d’ICEYE. Les clients visés portent un uniforme : forces armées, gardes-frontières, services d’urgence et équipes de secours. Pour eux, la connexion doit tenir quand les réseaux terrestres tombent, en pleine catastrophe naturelle comme en zone de guerre.

L’orbite basse, à quelques centaines de kilomètres d’altitude, raccourcit le trajet du signal et donc son délai de réponse, là où les satellites géostationnaires classiques orbitent à 36 000 kilomètres. ICEYE, entreprise finlandaise de plus de 1 000 salariés, revendique la plus grande constellation de satellites radar au monde, capable d’observer le sol à travers les nuages et de nuit. « Nous avons livré à la Pologne son propre système satellitaire radar en moins d’un an. Ce partenariat avec Nokia nous permet d’avancer aussi vite pour les communications par satellite, dans les délais dont les nations ont besoin », avance Rafal Modrzewski.
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Nokia apporte de son côté ses réseaux sécurisés et sa légitimité d’équipementier télécoms. Son patron Justin Hotard résume la conviction du tandem : les opérations souveraines dépendent de la capacité à « percevoir, décider et agir en temps réel ». Les deux dirigeants défendront le projet au Forum de sécurité d’Helsinki, le 2 octobre.
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L’Europe a déjà son anti-Starlink, mais il décolle en 2029
L’Union européenne finance déjà sa réponse à Starlink : IRIS², une constellation de 348 satellites confiée à Eutelsat, Hispasat et SES, budgétée à 15,6 milliards d’euros dont 11,6 milliards d’argent public. Le programme, entré dans sa phase de déploiement à grande échelle, vise des premiers lancements en 2029 et un service opérationnel en 2030. Le tandem finlandais promet donc de voler un an plus tôt. IRIS² mutualise par ailleurs une infrastructure à l’échelle européenne, quand Nokia et ICEYE vendent à chaque capitale un réseau à elle.
La guerre en Ukraine a exposé la faiblesse européenne en connectivité satellitaire et nourrit les deux projets. Elle a surtout installé un opérateur privé américain au cœur des communications d’un conflit sur le continent, une position que les capitales européennes ne veulent plus lui laisser. Reste l’écart habituel entre un communiqué et une orbite. Le duo ne donne ni prix, ni nombre de satellites, ni premier client signé, et les premiers systèmes voleraient au mieux dans deux ans. D’ici là, les gouvernements du continent devront continuer de composer avec les conditions d’utilisation d’un autre.
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Source : Nokia

