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La France deuxième cyber-ennemi des Etats-Unis ?

Les espions français seraient ceux qui dérobent le plus de technologies aux Etats-Unis juste après les Chinois, selon l’ancien secrétaire à la Défense d’Obama, Robert Gates.

L’ancien secrétaire à la Défense des Etats-Unis, Robert Gates, n’y va pas par quatre chemins. « Il y a probablement une quinzaine de pays qui volent notre technologie… Et les plus capables après les chinois, ce sont les Français. Et ils le font depuis longtemps. » Dans le cadre d’une interview organisée par le conseil des Relations Etrangères à New-York mercredi dernier, Gates a accablé un des plus proches alliés de l’Amérique : la France. Un discours qui intervient 4 jours après l’inculpation de cinq officiers chinois par la justice américaine pour cyber-espionnage. Robert Gates n’est pas un nouveau venu dans le petit monde du renseignement. Sous le premier mandat de George.W Bush, il était aux commandes de la prestigieuse CIA.

Entrées par effraction

Au cours de cet entretien, qui a été diffusé sur la chaîne HBO, il détaille ses dires par un exemple pratique. Ainsi, lorsqu’il s’adresse à des businessmen, il leur demande souvent : « Combien d’entre vous vont à Paris pour affaires ? » La plupart des gens de l’assistance lèvent la main. « Combien d’entre vous emporte leur ordinateur portable ? ». Même réponse positive. « Combien d’entre vous prenne leur ordinateur portable pour diner ? » Et là, peu de personnes acquiescent.

« Pendant des années, précise Gates, les services de renseignement français sont entrés par effraction dans les chambres d’hôtel d’hommes d’affaires pour télécharger les informations sensibles de leurs ordinateurs portables… quand cela pouvait intéresser la France ou les entreprises françaises ». Pas moins !

Et Robert Gates enfonce le clou en affirmant : « la France est pays mercantile. Le gouvernement et les entreprises avancent main dans la main et ce depuis Louis XIV. » L’ancien secrétaire à la défense conclut ses invectives par une pique sur la Chine : « les Chinois ont probablement le système le plus répandu de collecte contre nous parmi tous les pays au monde, mais je pense qu’il est important de se rappeler qu’ils ne sont pas les seuls. »

Après les innombrables révélations d’Edward Snowden sur les intrusions de la NSA vis-à-vis des partenaires économiques des Etats-Unis, ce genre de discours peut paraitre déplacé. Même si les pratiques dénoncées demeurent courantes dans le monde des affaires.

Difficile à croire !

Mais le plus amusant, c’est que l’ancien secrétaire à la Défense ne s’arrête pas à incriminer les autres pays, il essaye de dédouaner ses propres services. Il est vrai que l’administration Obama a soutenu à plusieurs reprises que, s’il est tout à fait légitime pour les pays à utiliser l’espionnage à des fins diplomatiques et de sécurité, l’utilisation de services de renseignements nationaux pour donner un avantage aux entreprises nationales est déloyal. Et robert Gates d’enchainer, « même s’il est difficile de croire cela, le gouvernement américain ne fait pas ce genre de choses… Nous sommes presque les seuls au monde à ne pas utiliser nos services de renseignement pour apporter un avantage concurrentiel à nos entreprises. » Effectivement, c’est difficile à croire ! Cet ex-directeur de la Cia, ex-secrétaire à la Défense est devenu hier, jeudi 22 mai, président des Boy Scouts of America. Une façon pour lui de tourner la page ?

A lire aussi : Cyberespionnage : la Chine dénonce «l’hypocrisie des Etats-Unis»

Sourcetranscription de l’interview de Robert Gates

 

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Laurent Cointot