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Guy Cardoën (Société du Canal de Provence)

‘ Chaque année, nous cassons 20 % du SI, et nous le remettons à neuf pour cinq ans ‘

Le responsable du service d’information (SI) de la Société du Canal de Provence (SCP) fait preuve d’une énergie inépuisable en enchaînant projet sur projet. Avec un budget figé depuis quinze ans.Décision Informatique : Quel a été votre parcours professionnel avant d’arriver à la tête de l’informatique de la Société du Canal de Provence ?


Guy Cardoën : En 1971, j’ai été parmi les premiers diplômés en informatique de l’université de Toulouse. J’ai eu la chance de connaître toute l’évolution des technologies, de la carte perforée à l’intranet
d’entreprise. J’ai contribué à l’informatisation de plusieurs organismes d’État en Algérie, puis j’ai travaillé chez Grosfillex, Ducros et, enfin, à la Société du Canal de Provence, à partir de 1989. Cette société avait pris un retard technologique
important. Après avoir étudié les besoins de l’entreprise et ceux des utilisateurs, nous avons développé ce que l’on n’appelait pas encore à l’époque un PGI.De quels modules était composé ce PGI ‘ maison ‘ ?


Une gestion des clients, des postes d’eau et des fournisseurs, une comptabilité, un contrôle de gestion… Nous avons développé cela en Linc, le L4G d’Unisys. Toutes les fonctions étaient parfaitement adaptées à nos besoins et
conçues en vue de procurer un réel avantage à nos utilisateurs. Nous avons ensuite développé, entre 1990 et 1995, des progiciels métier, pour les RH, une GPAO, des applications financières, pour les échanges avec les banques, les fournisseurs ou les
paiements par prélèvement des clients.


Sans oublier aussi notre SIG [système d’information géographique, Ndlr], qui permet de visualiser les réseaux d’eau, les emplacements des clients et le cadastre, le tout associé à nos outils de calcul et de dessin.
Nous avons en parallèle monté un entrepôt de données, une GED, puis un portail SharePoint qui réunit l’ensemble des données des progiciels dans une interface unique. Dans ce dernier cas, nous avons été obligés d’urbaniser notre système d’information
en faisant communiquer nos bases par un ETL, des services web et le middleware Business Integrator d’Unisys.Faire aboutir tous ces projets a dû vous demander beaucoup d’efforts…


Pas tant que ça. Je procède par petites touches. Chaque année, nous cassons 20 % du SI, matériel et applications, et nous le remettons à neuf pour une période de cinq ans. Cela évite l’obsolescence du matériel. En ce qui concerne
les logiciels, nous profitons des nouvelles technologies pour mieux prendre en compte les métiers de l’entreprise. Cette évolution sur cinq ans permet de découper chaque gros projet en petits chantiers. Nous évitons en outre les chocs
technologiques. Nous sommes ainsi passés en douceur du transactionnel au client-serveur puis à l’intranet.Avez-vous le sentiment d’avoir trouvé un mode idéal de gestion de l’informatique ?


Peut-être du côté financier. Nous disposons toujours du même budget annuel depuis quinze ans, soit 2,3 millions d’euros. Attention cependant, chaque entreprise est différente. Le métier de la distribution d’eau est un secteur très
stable, dont les méthodes changent peu. Nous accommodons les restes en permanence pour que le SI soit efficace.


Pas question chez nous de bouleversement stratégique brutal. Mon précédent employeur, Ducros, était toujours en phase de croissance. Le matériel était souvent en location car nous savions que les besoins allaient changer d’année en
année. Il fallait revoir les procédés de facturation, le modèle de gestion d’atelier, la logistique. Dans ce cadre-là, je n’ai jamais pu adopter un mode de fonctionnement similaire d’une année sur l’autre.Quels sont vos prochains chantiers ?


Nous sommes en train de mettre en place un centre de service clients. Celui-ci s’adossera à la base de données de notre PGI, toujours en activité malgré ses quinze ans d’âge.

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Olivier Bibard