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François Gitton (La Redoute) : ‘ Nous sommes face à un challenge technologique et humain passionnant ‘

Après Carrefour, La Redoute. Loin d’être échaudé par le monde de la distribution, le nouveau DSI du VPCiste français évoque déjà ses prochains défis.

Disparu dans la nature après son départ du groupe Carrefour en novembre 2003, François Gitton réapparaît aujourd’hui aux commandes de l’informatique de La Redoute. Fraîchement nommé, le nouveau DSI est en pleine phase d’intégration.
Ce qui ne l’empêche pas d’évoquer ses priorités. Sans non plus hésiter à établir un bref bilan de son passage dans la grande distribution.01 Informatique : Après Carrefour, vous voici à La Redoute. Comment cela s’est-il passé ?François Gitton : Début janvier, j’ai eu un premier contact avec Redcats, le pôle vente à distance de PPR, dont dépend la Redoute. Il existait une volonté commune de travailler ensemble, mais pas d’opportunité à ce
moment-là. D’où un petit silence radio de deux mois. Puis Alain Luchez, directeur des ressources humaines de Redcats, m’a annoncé que le DSI de La Redoute venait de démissionner. Il m’a proposé le poste. J’ai immédiatement accepté.Qu’est-ce qui vous a motivé ?J’avais envie d’entrer à La Redoute. C’est une société que je connais. J’y ai effectué mon stage de fin d’année, en 1981, au sortir de Centrale Lille, sur un projet d’amélioration du système de synthèse vocale. A l’époque, La
Redoute disposait déjà d’une informatique de pointe, et tout le monde rêvait d’y travailler. Elle bénéficie, en outre, d’une vraie notoriété, et entretient une très forte connivence avec ses clientes. Lorsque j’ai quitté Carrefour, c’est l’une des
toutes premières entreprises que j’ai contactées.Votre départ de Carrefour a suscité quelques remous. Que s’est-il passé exactement ?J’ai été recruté par Carrefour pour réorganiser les équipes informatiques à la suite de la fusion entre Carrefour, Promodès et les Comptoirs modernes. Une fusion assez complexe. L’équipe de direction qui m’avait embauché avait une
vision claire et ambitieuse de ses systèmes d’information. Nous avions défini quatre objectifs. Un : regrouper toutes les équipes et les remettre au travail. Deux : intégrer l’ensemble des systèmes hérités de la fusion et passer à l’euro.
Trois : mettre sous contrôle les coûts et les réduire de façon très significative. Quatre : restaurer le niveau de service et la confiance des utilisateurs vis-à-vis de leur informatique. Ces objectifs ont été atteints en trente mois grâce
à une implication exceptionnelle des équipes. Début 2003, la direction a changé. Ses objectifs aussi. Je me sentais moins en phase avec les nouveaux venus. Nous avons décidé, d’un commun accord, de nous séparer.Et quels sont aujourd’hui vos objectifs au sein de La Redoute ?Dès nos premières discussions avec le président, Bertrand de Talhouët, les enjeux de l’informatique de La Redoute sont ressortis : une informatique au c?”ur des métiers et des stratégies business en pleine évolution. Ces
dernières années ont essentiellement été consacrées à la modernisation des plates-formes, au passage à l’an 2000 et à l’euro. Faute de temps, beaucoup de domaines n’ont pas été explorés. La Redoute souhaite maintenant s’y engager. Il s’agit d’un
challenge technologique et humain passionnant, puisqu’il faut amener les équipes informatiques à négocier un certain nombre de virages. Parmi eux, ceux du mainframe vers les architectures ouvertes, du développement spécifique vers le progiciel, et
du mode réactif vers le mode proactif pour mieux anticiper les besoins métier.Vers quels domaines se porteront prioritairement vos efforts ?En ce qui concerne notre chaîne d’approvisionnement, nous devons améliorer nos systèmes et les interconnecter avec ceux de nos fournisseurs afin de gagner en réactivité, en rapidité d’exécution et en fiabilité. En matière de
relation client, nous devons gagner en pertinence et en capacité d’adaptation : chaque client est unique ; nous devons le traiter comme tel, et il doit le sentir. Dans le domaine du pilotage stratégique de l’entreprise, il nous faut
disposer d’indicateurs de performance plus précis afin de détecter plus rapidement ce qui ne va pas et mesurer les effets des actions correctives mises en ?”uvre. Enfin, le domaine de l’e-commerce demeure, bien évidemment, un axe fort de notre
stratégie, qui va induire une transformation profonde des façons de faire de l’entreprise. Toutes ces réflexions, nous devons les accompagner et les accélérer.Travaillerez-vous avec PPR et les autres enseignes du groupe ?PPR est un grand groupe, très diversifié, dont les métiers, bien que tous liés au commerce, demeurent assez différents les uns des autres. Différents par le positionnement stratégique des enseignes, par l’environnement
concurrentiel, et par le poids de l’histoire. C’est pourquoi, même si la collaboration entre les enseignes de PPR est recherchée, elle est moins fréquente qu’au niveau de Redcats, où nous accélérons le partage d’expériences et favorisons la
convergence des choix technologiques. Il y a beaucoup à faire. De nombreuses opportunités de synergies existent. Et elles impliquent de bien travailler ensemble pour être efficaces et réussir.

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Jean-Marie Portal