Google ouvre ce mercredi son détecteur de contenus générés par IA au grand public, sur le site synthid.com. Un compte Google, Apple ou OpenAI suffit : on importe le fichier suspect, et l’outil répond s’il porte le filigrane invisible SynthID. La vérification couvre les contenus produits par les services de Google et de ses partenaires, OpenAI, Nvidia et Kakao en tête, Apple devant rejoindre la liste prochainement. Autrement dit, tout texte ou image générés par ChatGPT et Gemini sont désormais détectables.
180 milliards d’images déjà marquées
Depuis 2023, Google glisse ce filigrane imperceptible dans les images, vidéos et sons produits par ses IA. 180 milliards d’images et de vidéos portent déjà la marque, plus l’équivalent de 240 000 ans de contenus audio, détaille Pushmeet Kohli, vice-président de Google DeepMind, qui signe l’annonce. L’empreinte résiste aux manipulations courantes, et le service recommande d’importer le fichier dans la meilleure qualité possible pour fiabiliser le verdict. Réservée l’an dernier aux professionnels des médias, la vérification s’adresse désormais à tout le monde, en anglais uniquement pour commencer.
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L’outil a pourtant un angle mort, que son interface annonce sans détour : « Ceci n’est pas un détecteur d’IA généraliste. » Il ne sait lire que le filigrane SynthID : une image sortie d’un service étranger au dispositif passera entre les mailles, et l’absence de marque ne prouve en rien qu’un contenu est authentique. Ces vérifications complètent celles déjà intégrées à la Recherche, à Gemini et à Chrome, qui dépassent désormais le million de requêtes par jour. Le texte, lui, reste hors de son périmètre.
OpenAI filigrane ses textes, Bruxelles tient le chronomètre
Lundi, OpenAI a dégainé de son côté : les textes produits par ChatGPT et Codex recevront eux aussi un filigrane invisible, déployé sur plusieurs semaines auprès des utilisateurs européens. Le procédé oriente discrètement le choix des mots du modèle à l’aide d’une clé secrète, et la marque survit au copier-coller. Baptisée textGrain, la méthode est maison : OpenAI, qui appose pourtant le filigrane SynthID sur ses images depuis le printemps et sur ses sons depuis l’été, a préféré sa propre recette pour le texte. Son détecteur reste d’ailleurs réservé à des chercheurs et organismes triés sur le volet, loin de l’ouverture générale du jour. « Les filigranes peuvent indiquer qu’un système d’OpenAI a généré ou retravaillé une partie d’un passage », explique l’entreprise. Elle en reconnaît les limites : remplacer un mot sur dix fait chuter la détection de 92 à 66 %.
Ce déploiement répond au règlement européen sur l’IA, ou AI Act : son article 50, en vigueur depuis le 2 août 2026, impose d’étiqueter les contenus générés ou manipulés par une IA. Le marquage lisible par les machines, filigranes et métadonnées en tête, bénéficie d’un sursis jusqu’au 2 décembre pour les systèmes déjà en service. La Commission a d’ailleurs publié en juin un code de bonnes pratiques pour cadrer la méthode. Google, de son côté, présente son ouverture comme une démarche volontaire, menée de longue date avec ses partenaires.
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