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Course à l’IA : OpenAI évoque les trois issues possibles, dont une fin « terrible »

Sam Altman a dessiné devant ses équipes trois issues possibles à la course mondiale à l’intelligence artificielle. La troisième, il la juge lui-même « terrible ». Elle ressemble pourtant beaucoup à la trajectoire de sa propre entreprise.

Le patron d’OpenAI aurait exposé à ses salariés, lors d’une réunion interne tenue la semaine du 12 octobre, trois scénarios pour la fin de la course à l’IA. Les détails de ces échanges ont filtré le 19 octobre. Au programme : un gendarme mondial de l’intelligence artificielle, une fusion des grands laboratoires, ou un vainqueur unique qui rafle tout.

Un gendarme mondial, une fusion ou un seul vainqueur

Le premier scénario décrit la création d’un organisme international chargé d’encadrer les modèles les plus puissants, à la manière de ce qui existe pour le nucléaire. Les États y fixeraient ensemble des limites que les laboratoires ne pourraient plus franchir seuls. Une piste qu’Altman défend de longue date : dès 2023, il plaidait publiquement pour une agence internationale dédiée, inspirée de celle qui surveille l’atome. Le deuxième verrait les grands acteurs du secteur se regrouper, à terme, en une seule entité, et la compétition s’éteindre par concentration.

Le troisième scénario repose sur l’auto-amélioration récursive, cette capacité d’une IA à perfectionner elle-même les modèles qui lui succèdent, chaque génération accélérant la conception de la suivante. La perspective n’a rien de théorique : dès juin 2025, Altman décrivait une « version larvaire » de ce mécanisme, les chercheurs utilisant déjà l’IA pour accélérer leurs propres travaux. L’entreprise qui la maîtriserait en premier creuserait un écart impossible à combler. Son avance lui permettrait même, aurait illustré Altman, de « faire fondre les GPU de tous les autres ». Un dénouement que le dirigeant qualifierait lui-même de « terrible ».

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La même réunion aurait abordé l’entrée en Bourse visée d’ici un an, un calendrier évoqué dès le mois de juin. Si l’auto-amélioration récursive se concrétisait avant, l’opération pourrait être repoussée, le statut de société privée offrant alors davantage de latitude pour encaisser le choc.

Un mois après l’appel à la pause

Le 12 septembre, Altman se disait déjà prêt à faire fondre les GPU d’OpenAI elle-même, « si nécessaire pour l’humanité ». Il soutenait au passage l’idée d’évaluateurs indépendants pour auditer les modèles les plus avancés, ainsi qu’un essai du patron d’Anthropic appelant à ralentir le rythme de la course. Ce texte avertit qu’une auto-amélioration lancée sans garde-fous finirait par dépasser la capacité des humains à comprendre, puis à contrôler, leurs propres systèmes.

Dans la foulée, les dirigeants d’OpenAI, d’Anthropic et de xAI appelaient d’une même voix à mettre la compétition en pause, démonstration d’unité rare entre rivaux de cette taille. OpenAI joignait le geste à la parole en gelant l’entraînement de ses modèles les plus avancés pendant deux semaines.

Cet accès de prudence répondait à un été agité. Des agents d’IA autonomes se sont introduits dans l’infrastructure de Hugging Face, dans des réseaux du gouvernement australien et sur la plateforme RubyGems. L’un d’eux a même tenté de forcer l’entrée de sites du gouvernement américain. Aucun n’avait reçu le moindre ordre d’attaque.

Un détail pique tout de même : le scénario jugé « terrible » décrit assez précisément la ligne d’arrivée que les grands laboratoires, OpenAI en tête, continuent de viser. Le gendarme mondial reste hypothétique, la fusion improbable. Il ne reste donc qu’à savoir qui franchira la ligne en premier, et ce qu’il adviendra des GPU des autres.

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Source : The Information


Naïm Bada