On résume : l'actualité de TellTale, c'est la série Retour vers le futur, la sortie prochaine de Jurassic Park et les annonces toutes récentes, accrochez-vous, des adaptations des comics Walking Dead et Fables ainsi que celle du reboot de King's Quest, la série culte des années 1980-1990.
Dire que le jeune studio (jeune mais composé de vieux briscards, dont pas mal du LucasArts « de la bonne époque ») s'est imposé en un rien de temps comme acteur incontournable dans l'univers du jeu d'aventure est donc un doux euphémisme. Et comme pour enfoncer davantage le clou, c'est dans ce contexte un brin saturé que TellTale ressort les quatre Grandes Aventures de Wallace et Gromit, déjà aperçues en téléchargement en 2009, mais qui nous arrivent cette fois compilées sur une seule roborative galette.
La patte TellTale au service de la pâte à modeler
Deux ans après, c'est toujours du classique, du solide. Le jeu se présente sous forme de petits épisodes à peu près indépendants où l'on dirige successivement Wallace, le plus fameux des Britanniques en pâte à modeler, et Gromit, son fidèle compagnon aussi mutique que canin. Les inventions délirantes de Wallace ayant la curieuse faculté de faire systématiquement basculer le très calme quartier de West Wallaby Street dans le chaos absolu, vous allez être confronté à des abeilles géantes, à une murder party improvisée dans un Club Med souterrain, à une fête foraine trop caritative pour être honnête et à un mariage non-consenti mais heureusement évitable grâce à un club de golf collant et au concours de la Poste locale.
Si le premier épisode est un peu faiblard et très classique, les suivants déploient leur charme cosy, très british, sans grands coups d'éclats (pas même de rires), mais dans une sorte de bonne humeur permanente, sur fonds d'énigmes aussi simples que bien vues. Mention spéciale pour le troisième épisode, celui de la fête foraine, impeccable de bout en bout. Comptez trois heures pour finir chacun d'entre eux, davantage si vous bloquez. Ce qui ne devrait pas arriver très souvent, les associations d'objets et dialogues étant encore une fois toujours logiques, et d'autant plus évidentes qu'une pression sur la touche Tabulation permet de surligner les zones avec lesquelles on peut interagir.
Fidèle comme une ombre
Comme toutes les productions TellTale, les graphismes ne sont pas le point fort du jeu, mais il est tellement fidèle aux films, jusqu'à l'animation façon « stop-motion » et les traces de doigts sur la cyber-pâte à modeler, qu'on pardonne direct. Les dialogues sont tout aussi parfaits, même si on peut regretter qu'il n'existe qu'en anglais (sous-titrés français).
Rarement un jeu aura tant mérité la qualification de film interactif. Pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs : dans beaucoup de passages, on n'a pas l'impression de commander grand-chose, se contentant de regarder ce qui se passe et de balancer quelques clics au moment opportun.
Boutique de robots ravageurs de rongeurs
Mais il est temps d'aborder les points qui fâchent, et il y en a trois. Le premier est bien mineur, puisqu'il s'agit des déplacements : brisant les conventions posées il y a 1 000 ans par les premiers jeux du genre, on déplace son personnage au clavier. Sauf que le jeu perd régulièrement la boule lors des changements d'angle de caméra, le haut devenant la gauche et la droite pointant désormais vers le sud-sud-ouest. Dans ces conditions, franchir la moindre porte peut devenir un exercice compliqué.
Deuxième remarque concernant la traduction. Autant les sous-titres sont irréprochables, autant la traduction des éléments graphiques est assez lamentable. Le pire étant sans doute la une du journal « Robot rodent ravages shop » traduite directement de l'anglais au gloubiboulga en un incompréhensible « Boutique de robots ravageurs de rongeurs ». En sus, certains décors sont traduits, d'autres non, quand ils ne passent pas allègrement du français à l'anglais selon les scènes.
Un insecte dans la tasse de thé
Mais le vrai problème, ce sont les bugs. Le genre qui empêche carrément de terminer le premier épisode, notre personnage se retrouvant irrémédiablement paralysé lors de certaines scènes clés. D'autant plus inacceptable qu'à notre connaissance, il n'existe pas de patch. Astuce : le seul moyen de passer outre est de supprimer les fichiers « env_CountryRoad.dlg » et « env_TownExterior_Gromit.dlg » cachés au fond du répertoire « ..\Fright of the Bumblebees\Pack ».
Des bugs qui risquent bien de gâcher le premier épisode à pas mal de joueurs. Heureusement, nous n'avons pas constaté de bugs sur les épisodes suivants. Reste que c'est totalement impardonnable, et que cela fait perdre un point à la note de cette aventure par ailleurs très réussie.
points positifs
- Wallace et Gromit, tout simplement
- Extrêmement fidèle
- Quatre aventures dont au moins trois de qualité
points négatifs

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