Tony Prince est la reine de la nuit de Liberty City : ce fringant quadragénaire possède les night-clubs les plus courus de la métropole. Tony n’est pas un méchant garçon, loin de là, c’est juste un gars un peu étourdi que sa fabuleuse richesse n’a pas rendu responsable. D’où des emprunts d’argent multiples, à des créanciers aussi peu recommandables que peu patients. Et, lorsque l’on est en pleine crise de la quarantaine, amplifiée par l’usage de substances pas vraiment licites, on n’a pas conscience de la dangerosité d’un mafieux énervé. Tony n’a pas la tête aux affaires, ce qui n’est pas le cas de Luis Lopez, son associé et le héros de ce nouveau supplément de GTA IV. Bienvenue dans votre nouveau rôle d’ange gardien !
Soldat Luis
Luis et Tony s’entendent à merveille : l’un préfère les femmes, l’autre, les hommes ; l’un a la tête dans les nuages, l’autre, les pieds sur terre. Un binôme contrasté mais efficace, terriblement attachant, que l’on apprend à connaître à travers des séquences cinématiques efficaces et maîtrisées. Rockstar sait aujourd’hui mieux que personne raconter des contes modernes pour adultes, allant toujours plus loin sans cependant sombrer dans l’excès. Tony ne sort pas de La Cage aux Folles, Luis n’a rien à voir avec Scarface. Leur présence virtuelle et leurs dialogues font mouche et sont du niveau des meilleures séries télé américaines.
Gay Tony n’est pas seulement une bonne histoire, c’est aussi un excellent jeu vidéo, à la réalisation encore améliorée par rapport au précédent add-on, The Lost and Damned. L’intérieur des boîtes de nuit et leurs éclairages multiples, l’animation encore plus fluide des nombreux personnages, les saisissantes textures des visages : le vernis graphique fait oublier les petits défauts d’un moteur 3D que l’on sent poussé dans ses derniers retranchements. Des retouches au service d’une ambiance tangible, exubérante mais convaincante. Qui se paie le luxe de se moquer à la fois des années 1980 et de déborder sur les travers de notre époque, comme Twitter et les blogs.
Love me tender
Plus encore que The Lost and Damned, Gay Tony n’est pas pour les fillettes et, dès les premières missions, propose des challenges relevés. Fusillades interminables, pilotage d’hélicos, courses-poursuites contre des gangs de motards… la tension grimpe très vite de plusieurs crans, et l’on est loin du rythme piéton qui caractérise le début des aventures de Nico Bellic. C’est là que l’on apprécie particulièrement les bombes collantes, un nouveau joujou jouissif qui fera sauter de joie vos adversaires.
Gay Tony, c’est aussi un hymne à l’amour, où votre mâle protagoniste devra accomplir des danses nuptiales (par pad interposé) pour séduire ses girondes partenaires, en échange de faveurs distribuées dans les toilettes les plus proches. Rockstar n’a pas regardé à la dépense et offre une belle tournée de minijeux (golf, basejump, aspersion des convives au champagne, combats à mains nues…), parfaits pour se détendre entre deux négociations au Colt .45.
C’est du vol
S’il est disponible en téléchargement, c’est cependant dans sa version boîte que Gay Tony devient une véritable affaire. Pour une quarantaine d’euros, vous retrouverez le précédent add-on et, surtout, vous pourrez jouer à ces deux titres sans avoir besoin de GTA IV. Deux jeux de cette qualité à prix cassé, cela pourrait s’apparenter à du vol. Mais c’est simplement la meilleure affaire de cette fin d’année, que vous ne laisserez pas échapper si vous avez plus de 18 ans.
points positifs
- L'histoire magnifiquement écrite
- Les personnages attachants
- Les phases d'action, spectaculaires et variées
- Les minijeux
- Les deux jeux pour 40 euros : c'est l'affaire de l'année
points négatifs

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