Accompagné de son fidèle Luke, l'homme à l'inamovible haut-de-forme est devenu l'archétype du fin limier, capable de démêler le plus embrouillé des écheveaux par la seule force de son incroyable sens de la déduction. La preuve avec le premier épisode, sorti il y a à peine un an en Europe, qui l'a propulsé au top 5 des enquêteurs les plus prestigieux, aux côtés des Sherlock Holmes, Tintin, Nestor Burma, et autres Derrick. Un étrange village qui le voyait déjà parcourir un univers à l'ambiance si particulière, développant une esthétique quelque part entre les Triplettes de Belleville et les productions du studio Ghibli. On se souvient tout autant, si ce n'est plus, de l'ambiance délicieusement désuète et so british du titre, qui s'exprimait notamment à travers des cinématiques de haut vol, et la centaine d'énigmes qui constituaient pourtant le cœur du jeu.
La dernière boîte à la mode
Rebelote donc, avec Professeur Layton et la boîte de Pandore. Alors qu'un troisième épisode est déjà disponible au Japon, et que le premier opus de ce qui s'annonce comme une seconde trilogie s'y profile déjà, le deuxième volet des aventures du Prof et de Luke nous arrive enfin. Layton vient de recevoir un courrier du docteur Andrew Schrader, son maître ès énigmes. Celui-ci annonce qu'il s'apprête à ouvrir la boîte de Pandore, sobriquet affectueux et légèrement inquiétant d'un coffre supposé tuer ceux qui osent regarder si qu'il contient. C'est avec anxiété que nos deux compères se rendent sur place, à Londres, pour s'apercevoir que le mal est déjà fait: Schrader gît dans son appartement, sans vie, tandis que la «boîte» a visiblement été subtilisée par quelque malfaisant. Le point de départ d'une intrigue qui nous emmènera à bord du Molentary Express, un train qui ira jusqu'à la ville de Folsense, en passant par le petit village de Dropstone.
Le plus grand des enquêteurs, oui, mais c'est un gentleman
Pour le coup, il s'agit d'une réelle nouveauté dans la série: L'Etrange village était avant tout marqué par son unicité de lieu, le village en question étant quasiment un personnage à part entière. Avec La boîte de Pandore, Layton et Luke partent à l'aventure, se promènent à travers le pays, et même si cela reste totalement linéaire, ça fait souffler sur le titre un petit vent de fraîcheur pas désagréable. Entre les deux opus, notre professeur a aussi échangé sa valise magique, celle qui contient des énigmes bonus (le petit chien-jouet à réparer du premier jeu), pour de nouvelles épreuves vraiment bien trouvées.
On pense par exemple à l'appareil photo, à réparer lui aussi, mais qui donne accès à un jeu dans le jeu, façon «sept erreurs». Il y a aussi le parcours d'obstacle, en 3D s'il vous plaît, dans lequel il faut faire maigrir un hamster adipeux. Ou enfin ce jeu avec la théière, qui nous propose d'expérimenter nos propres mélanges: à l'aide des ingrédients offerts par différents protagonistes de l'aventure, Layton et Luke peuvent mettre au point différents thés pour satisfaire le moindre désir des amateurs d'eau chaude aromatisée qu'ils ne manqueront pas de croiser. Méfiance, nous sommes quand même au cœur de la perfide Albion.
Un alliage de matière grise et de Layton
Pour le reste, sans surprise, «Layton 2» est clairement au niveau du premier épisode. On y retrouve la même charmante ambiance rétro, la même direction artistique géniale. Le même genre d'énigmes aussi, jamais trop dures, plus proche de petites devinettes gribouillées sur un coin de nappe, aussi astucieuses soient-elles, que de véritable casse-têtes.
On peut d'ailleurs regretter cette trop grande facilité, qui fait qu'on se balade d'un bout à l'autre de l'aventure, les énigmes constituant d'excellents jeux d'esprit mais jamais de gros défis. Ou alors seulement une fois le jeu terminé, les seules devinettes véritablement retorses étant des bonus à débloquer après le générique, ou à télécharger au rythme d'une par semaine. On aurait aimé qu'en plus de proposer une histoire toujours aussi délicieuse, et une réalisation toujours si adorable, Professeur Layton ne se satisfasse plus de simplement nous chatouiller le cerveau, pour plutôt nous triturer carrément les méninges.
points positifs
- Layton a toujours un charme fou
- Les cinématiques de très grande classe
- Plus de cent énigmes toujours aussi astucieuses
points négatifs

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