Polly, Dark Annie, Long Liz, Kate Conway, Ginger... Ces femmes avaient au moins deux points communs: avoir fait commerce de leur corps et avoir été sauvagement assassinées par un tueur entré dans l'histoire sous le nom de Jack l'éventreur. Ce serial killer, jamais identifié même si les enquêtes ont retenu différents suspects, a bel et bien existé. Contrairement à Sherlock Holmes, célèbre détective lancé ici à ses trousses.
Bien entendu, les amateurs de la série de ces jeux d'aventure retrouveront avec plaisir la relation piquante qui lie le bon Docteur Watson à Sherlock. Au fil du déroulement, vous incarnerez d'ailleurs tour à tour, l'un ou l'autre des enquêteurs.
3D fatiguée
Bien pensée l'interface en 3D permet une vue au choix à la première ou à la troisième personne. En revanche, si les décors rendent une certaine part de mystère, on ne peut pas dire que le moteur 3D soit un foudre de guerre, c'est souvent anguleux et les animations sont on ne peut plus antinaturelles. En revanche, les doublages des personnages principaux, avec la voix de Benoît Allemane pour donner du corps à Sherlock, sont de bonne qualité.
Bref, on se trouve devant un jeu d'aventure conforme aux canons du genre mais dont l'ambiance qui se voudrait effrayante ne l'est en réalité pas pour un penny, sauf à être une âme (très) sensible.
Déduction et reconstitution
Sur les traces de Jack, hors des quelques puzzles destinés à vous secouer les méninges, la nouveauté ici est la mise en avant des capacités déductives de Holmes. Après une nécessaire récolte d'indices sur le terrain, nos compères doivent reconstituer la scène de crime et en tirer les déductions qui s'imposent. Pour arriver à matérialiser la pensée du détective, le joueur dispose d'un tableau sur lequel il alignera indices et conclusions en reconstituant au sens propre les fils rouges de cette histoire.
Aller vers la peur, retour même pas peur
Cette interface, bien qu'artificielle, est plutôt bien pensée et permet sans trop hausser le niveau de difficulté de mieux impliquer le joueur dans l'enquête policière en soulignant à chaque étape majeure les tenants et aboutissants du récit. En revanche, les nombreux allers-retours (heureusement compensés par des points de navigation épinglés sur la carte) et les petites quêtes distillées ça et là dont la résolution donne le droit de progresser, ne sont pas toujours passionnantes.
Au final, ce Sherlock constitue un jeu d'aventure honnête, sérieux, travaillé mais à qui manque ce petit quelque chose en plus qui nous ferait réellement frissonner.















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