Bouh ! Éteignez les lumières, chaussez votre casque audio et vérifiez que la porte est bien fermée : F.E.A.R. est de retour, avec son lot affrontements hyper-nerveux, son ambiance horrifique... Enfin ça, c'était vrai avant. A l'époque où Point Man était encore seul contre tous, contre les clones, contre Fettel son frère dément, et surtout contre Alma, sa mère mi-fillette mi-monstre, vivant recluse dans un monde de souvenirs effroyables, d'illusions contagieuses et de pouvoirs psychiques.
L'horreur selon Michael Bay
Mais pour ce troisième opus, Day 1, le studio qui a récupéré le bébé, a décidé de redistribuer les cartes : Alma de nouveau enceinte, Point Man et Fettel se résolvent bon gré mal gré à faire équipe, pour éviter le pire. Ou peut-être, qui sait, pour le provoquer. Et ça change tout : Alma, qui nous hantait jusqu'ici, se retrouve dans le rôle de la proie, perpétuellement en fuite. Résultat, on ne la voit quasiment pas du jeu. Idem pour les hallucinations flippantes qu'elle provoquait et qui étaient la marque de la série.
En fait, F.E.A.R. ne fait plus peur, préférant jouer la carte du gore, des hectolitres d'hémoglobine et des tripes sanguinolentes. Adieu ambiance oppressante, bienvenue au grand guignolesque. Pire : à chaque ennemi tué, et presque, à vrai dire, à chaque munition ramassée, on marque des points qui viennent s'inscrire en bas de l'écran et désamorcent le peu l'ambiance que les développeurs avaient installée. Le F.E.A.R. nouveau, c'est un film d'horreur réalisé par Michael Bay. Pour le meilleur et pour le pire.
Le F.E.A.R. est-il l'ennemi du bien ?
Quid de l'autre ingrédient de la série : ses fusillades si nerveuses ? Là aussi, les développeurs changent leur fusil d'épaule : F.E.A.R. s'offre une relecture façon Call of Duty ou Gears of War, avec la barre de vie qui remonte toute seule, les caisses de munitions tous les 10 mètres (systématiquement signalées par des fusées de détresse pour être sûr qu'on ne les rate pas), et surtout, les longs échanges de coups de feu confortablement planqué derrière des obstacles. Hérésie ! F.E.A.R. premier du nom nous offrait de véritables ballets balistiques. Cette fois, c'est la guerre des tranchées, avec option boucherie... même s'il faut admettre que le jeu gagne en finesse et en muscle au fur et à mesure des niveaux.
Reste tout de même un FPS de très honnête facture, extrêmement bien mis en scène, bénéficiant d'une réelle intensité dramatique, et même, une première dans la série, d'un mode coop. Seul ou à deux, on peut en effet contrôler Fettel, qui, à défaut de pouvoir ralentir le temps comme Point Man, peut posséder le corps de ses ennemis. Ca promet. Bref, F.E.A.R. 3 a troqué ses habits de FPS ultranerveux et oppressant pour celui d'un shoot lambda et bourrin. C'est un peu décevant, mais, pour être tout à fait honnête, pas déplaisant.
points positifs
points négatifs

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