L'ex-numéro 2 de Wikileaks décrit l'envers du décor [MAJ]
Daniel Domscheit-Berg, qui se présente comme l'ancien porte-parole du site, publie le livre Inside Wikileaks, qui sortira en France la semaine prochaine, un portrait peu amène de Julian Assange et de l'évolution du site.
Mise à jour le 10 février 2011 à 17 heures
Wikileaks a indiqué à l'AFP, via son porte-parole Kristinn Hrafnsson, qu'il déposerait plainte contre Daniel Domscheit-Berg. Le site n'y va pas de main morte : « Les fonctions de M. Domscheit-Berg étaient limitées et ont commencé à être réduites il y a presque un an, quand son intégrité et sa stabilité ont été mises en doute. Il s'est faussement présenté à la presse comme un programmeur, un informaticien, un expert en sécurité, un architecte, un éditeur, un fondateur, un directeur et un porte-parole ». Wikileaks affirme que Daniel Domscheit-Berg n'était porte-parole qu'en Allemagne, et que son récit est « basé sur des informations limitées ou des falsifications calominieuses ».
Daniel Domscheit-Berg. Ce patronyme vous parlera sans doute moins que celui de Julian Assange, le rédacteur en chef de Wikileaks, peut-être plus pour longtemps. L'ex-proche collaborateur de Julian Assange, limogé et parti fonder le rival OpenLeaks, sort ce jeudi 11 février en Allemagne le livre Inside Wikileaks, dans les coulisses du site Internet le plus dangereux du monde.
« Il raconte tout. Qui envoie, reçoit, gère, filtre l'information ? Comment fonctionne le site en interne ? Qui y travaille ? Pour qui, pour quoi et pour combien ? A qui profitent les fuites ? A qui nuisent-elles ? Et, enfin, qui est réellement le mystérieux Julian Assange ? » résume la note de l'éditeur sur le site d'Amazon France, qui propose le livre en précommande.
L'ouvrage ne sortira que la semaine prochaine en France. Libération en publie des extraits aujourd'hui dans sa version papier, et y consacre même sa « Une ».
Daniel Domscheit-Berg - qui fut présenté comme le numéro 2 de Wikileaks et son porte-parole -, a pour l'occasion donné plusieurs interviews à des médias français, dont France Info et Les Inrockuptibles.
Dans ceux-ci, il revient sur les débuts de Wikileaks et le manque de moyens, sur les idéaux de départ, sur les premier coups d'éclat (les révélations sur la banque Julius Baer en 2008, la Scientologie), ainsi que sur ses « doutes sur le financement » de Wikileaks (du fait de l'intermédiation de la fondation Wau Holland Stiftung). Il dit s'être interrogé sur « l'opacité autour de l'argent », ce qui l'a amené à partir.
Documentaire sur LCP-AN
Pour lui, les choses se sont dégradées à partir de l'été 2010, Wikileaks s'éloignant de « sa mission première ». Après un don de 800 000 dollars à la fin de 2009, « je pensais, nous pensions tous, que nous avions réussi, que nous allions pouvoir enfin construire une véritable structure, déposer des statuts, avoir des bureaux. Cette somme aurait dû permettre de structurer WikiLeaks et de payer les gens sans qu'ils soient obligés d'avoir un autre job à côté. Mais Julian a refusé ». Il estime que Wikileaks s'est mis à publier des documents dans l'urgence, au lieu de se structurer correctement.
La personnalité de Julian Assange est égratignée. S'il reconnaît son côté dynamique et génial, il souligne également sa mégalomanie, voire ses tendances dictatoriales... « Il m'a dit que j'avais été déloyal, que j'avais fait preuve d'insubordination. C'est comme cela que s'exprime Julian Assange avec les gens avec qui il travaille, avec des termes militaires », explique Daniel Domscheit-Berg.
A noter, pour les internautes qui s'intéressent au sujet, que la chaîne LCP-AN diffuse demain, vendredi 11 février, le documentaire Wikileaks, enquête sur un contre-pouvoir, de Paul Moreira et Luc Hermann. Il avait déjà été diffusé à la fin de 2010 sur Arte.
Ecoutez ici le reportage de France Info.
mégalo
de
antécitoyen
, posté le 10 février 2011 à 18h05
"(..), il souligne également sa mégalomanie, voire ses tendances dictatoriales..."
il suffit de voir le bandeau du site de wikileaks pour se rendre compte de ça.
il suffit de voir le bandeau du site de wikileaks pour se rendre compte de ça.
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