Kali, la websérie supervisée par l'ex-auteur des Guignols de l'info
Bruno Gaccio, président de La Fabrique chez Canal+, revient sur le concept de Kali, la première websérie de la chaîne, diffusée gratuitement sur le Net.
Bruno Gaccio : Comme tous les médias, Canal+ cherche à établir une convergence entre la télévision et le Net. Mais comment produire une série sur le Web, quand il n'existe pas de modèle économique ? Une série avec des images de qualité coûte beaucoup trop cher pour être amortie sur le Web. Comment faire des images de qualité que nous donnerions en exclusivité sur le Net ? Pour répondre à cette problématique, nous avons fait le pari de concevoir une série à la fois pour Internet et la télévision. Des mini-épisodes de 6 minutes environ seront diffusés sur un site dédié en avant-première avant d'être réunis en version longue et cryptée pour la chaîne. C'est le devoir de La Fabrique [une unité de production de Canal+ chargée de découvrir de jeunes auteurs, NDRL] de faire ce genre d'essais.
Effectivement la corrélation entre le Web et les nanotechnologies était presque naturelle. En parallèle à la diffusion des épisodes de Kali, nous allons mettre en ligne des informations sur les nanotechnologies, qui sont déjà à l'œuvre dans notre réalité, et sur le transhumanisme [l'héroïne est un soldat amélioré, truffé de nouvelles technologies, NDRL].
Il n'y a pas d'avantages, mais que des inconvénients à produire une série pour le Web. Chaque euro investi dans une fiction de qualité sur le Net est un euro perdu. Si Kali avait été diffusée uniquement sur Internet, nous n'aurions pas pu faire une websérie de cette qualité. Ce choix ne nous a pas facilité la tâche. C'est compliqué de dire à un auteur d'écrire à la fois pour la télévision et pour le Web. D'autant que certains ont une vision régressive de ce qui est produit sur Internet. Qui plus est, la narration pour les deux médias est différente.
L'écriture dans une série télévisée est linéaire. C'est une histoire telle qu'on les raconte. On pose un enjeu, avec des bons et des méchants. Chacun a des objectifs différents. Le téléspectateur doit s'attacher au héros, l'aimer, avoir peur pour lui. Le Net ne répond pas à la construction classique de la télévision. On pose un personnage, dont l'internaute ne sait rien. Le héros se suffit à lui-même car l'épisode est très court, entre six et huit minutes maximum. L'internaute s'attache au personnage principal sans savoir qui il est.
C'est une crainte que j'éprouve, mais il appartient à La Fabrique de réaliser ce type d'essai. Sur le Web, d'habitude, on montre des interviews des acteurs, du réalisateur, les making of. Nous avons fait un choix différent. Nous espérons que ceux qui auront vu Kali sur le Web auront la curiosité de la regarder en une seule fois à la télévision pour voir ce que cela donne. Nous espérons aussi que les deux publics s'aditionnent.
Par ce que nous ne sommes pas certains d'avoir un nombre significatif d'abonnés ou d'internautes prêts à payer sur le Web. Il valait mieux donner cette série. Il y aura peut-être un jour un modèle économique réel sur Internet. Une des voies pourrait être le placement de produits [publicités déguisées dans les films, NDLR], mais personnellement, je n'en suis pas très fan.
Des webs?es ?'essai
D'autres chaînes ont déjà tenté la convergence Web / télévision, mais jamais en diffusant entièrement sur Internet une série avant de la programmer sur les ondes hertziennes. En France, Arte a produit une fiction de 40 Webépisodes, The Twenty Show, en début d'année. Mais ce portrait de la génération MySpace n'a pas été diffusé tel quel sur la chaîne franco-allemande. Il a fait l'objet d'une adaptation sous forme d'un documentaire.
Certains ont fait le pari du teasing en ligne, comme 13eme Rue qui, pour attirer plus de téléspectateurs, a diffusé gracieusement le premier épisode de Life on Mars sur Yahoo! D'autres enfin ont choisi l'option payante donnant accès sur le Web aux séries à succès. C'est ainsi que TF1 a mis en ligne la saison 2 de Heroes après sa sortie aux Etats-Unis, et que M6 a programmé en VOD la deuxième saison de Desperate Housewives avant de diffuser les épisodes à la télévision.

Avis sur «Kali, la websérie supervisée par l'ex-auteur des Guignols de l'info»
Fils de pub
Pub ou paiment
C'est un choix à faire : subir la pub ou payer. Dans le cas de cette web-série je n'ai aucune envie de payer mais j'irais voir en subissant la pub.
Par contre je trouve que zapper la pub de ce genre de site n'est pas très fair-play. Ils font l'effort de trouver d'autres moyens de financement qu'en faisant payer l'utilisateur ce serait dommage de leur dire "on ne veut pas de pub alors la prochaine fois faites payer ou ne faites rien"
Mais pas les deux
Et puis, il faut tout de même convenir de ce que les liens pub sont parfois vecteurs de liaisons dangereuses (l'affaire du nytimes.com encore récemment). Je ne suis pas contre la pub dans son principe, mais contre ses excès et son incapacité potentielle à se débarrasser systématiquement de toute affliction malsaine.
Que la pub nous respecte, et elle y gagnera en retour. Malheureusement, configurer un système pour qu'il évince une page aux trois-quarts débordante de pub tout en évitant les petits sites qui en vivent n'est pas chose aisée.
Websérie
Pourtant, même avec (bcp) moins de moyens, certains arrivent à faire des Webséries vraiment bien.
Quelques exemples :
La Poutine Au Vin (la 1ere Websérie franco-quebecoise, peu connue mais vraiment bonne)
Valentine et moi (6 épisodes seulement mais tres sympa)
et d'autres comme Hello Geekette, DRH, Chez Jules...
web-série
http://foxgrafikworld.canalblog.com/archives/2009/11/09/15738500.html
A vous de juger
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