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calcul bénévole
Comment mettre votre PC au service de la science
Un ordinateur connecté à Internet suffit pour participer bénévolement, mais activement, à des projets de recherche biologique, climatique ou médicale.
Olivier Lapirot,
Micro Hebdo (n° 514), le 06/03/2008 à 07h00
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La plupart du temps, nos ordinateurs sommeillent, attendant en veille notre bon vouloir. Quel gâchis ! Une réflexion que des universitaires de Berkeley (Californie) se sont faite en 1999. Ne pouvant acheter un supercalculateur
pour leur projet Seti de détection de signaux extraterrestres, ils ont eu l'idée de faire travailler une multitude d'ordinateurs en parallèle.
En pratique, un ordinateur central orchestre le travail des PC volontaires. Par le biais d'Internet, chaque micro participant reçoit une tâche précise à accomplir, puis renvoie les résultats obtenus. A l'origine, les internautes
bénévoles installaient un économiseur d'écran qui lançait les calculs dès que leur PC était en veille. Face au succès du programme Seti@home, les membres de l'équipe ont créé Boinc, un logiciel utilisable par d'autres projets.
Aujourd'hui, la plate-forme Boinc rassemble des dizaines de projets et fédère près de 1,3 million de participants quotidiennement. En termes de puissance de calcul, cette solidarité de masse a permis de franchir début 2008 la
barre symbolique du petaflops. Ce réseau a atteint une puissance d'un million de milliards d'opérations par seconde ! En comparaison, le supercalculateur le plus puissant du monde, le BlueGene d'IBM affiche une moyenne de 0,478 petaflop.
Etonnamment, un autre réseau bénévole de calcul réparti a devancé de quelques mois la performance de Boinc. C'est celui du projet Folding@home, qui étudie l'agencement des protéines. En plus des PC, il a reçu en mars 2007 le renfort
des consoles PlayStation 3 de Sony, dont le processeur Cell est bien adapté aux calculs demandés. En février 2008, plus d'un million de possesseurs de PS3 lui apportent les trois quarts de sa puissance de calcul totale.
Coopérer à des projets vertueux
Comment expliquer ces élans de solidarité ? Certains, comme l'équipe de GalaxyZoo.org, parlent de l'émergence d'une « science citoyenne », chaque internaute pouvant à sa guise participer à un projet
ambitieux. Cette implication personnelle se perçoit surtout dans les domaines scientifiques : astronomie, biologie, médecine, mathématiques, climatologie... Voici quelques exemples de projets afin que, vous aussi, vous puissiez soutenir la
marche de la science.
Vous pouvez aussi offrir votre temps de cerveau disponible...
Toujours grâce à Internet, il ne s'agit plus de prêter sa machine, mais cette fois ses méninges. Pour certaines tâches très particulières, l'homme est en effet bien plus performant qu'un ordinateur.
Le site
GalaxyZoo.org
demande aux internautes d'identifier des galaxies en fonction de leur forme. Après quelques leçons illustrées et l'inscription, l'internaute est invité à définir à partir de
photos, si les galaxies sont de type elliptique ou à spirale gauche ou droite. Alors qu'un ordinateur peinerait à cette tâche, l'oeil humain fait vite la distinction, même avec un angle d'inclinaison de la galaxie défavorable. Le succès du projet
lancé en juillet 2007 a été inattendu. Le but initial - décrire un million de galaxies -- a été atteint en un mois ! L'étape suivante consiste à accumuler les évaluations par galaxie.
Un autre projet de 2006 réclame aussi la sagacité des internautes :
Stardust@home.
Lors de son voyage dans l'espace, la sonde Stardust a récolté des poussières interstellaires dans un fin bloc d'aérogel (un gel à base de gaz et non de liquide).
Les scientifiques estiment à 45 seulement le nombre de ces poussières de la taille du micron (soit 1 centième de millimètre) dans ce prélèvement soit une surface de 1 000 cm2... L'échantillon a été filmé par un microscope
motorisé. Les internautes ont décortiqué 40 millions d'images, trouvant 50 traces potentielles causées par l'impact des poussières sur l'aérogel. En août 2007, le projet Stardust@home a trouvé un second souffle : cette fois, les
images ont une définition deux fois plus élevée...
