











En décembre 2005, le Conseil de la concurrence infligeait une amende record de 534 millions d'euros à Orange, SFR, et Bouygues Telecom. Les trois principaux opérateurs étaient accusés d'avoir passé entre 2000 et 2002, une entente illicite c'est à dire d'avoir faussé la concurrence sur le marché des mobiles, au détriment des consommateurs.
On aurait pu croire qu'une telle décision aurait contribué à libérer la concurrence et à faire baisser les prix. Mais à en croire l'UFC-Que Choisir, il n'en a rien été. L'association qui a mené une étude “ par paniers ” sur l'évolution des tarifs de la téléphonie mobile de 2003 à 2007 affirme “ qu'il n'y a pas eu de vraie baisse généralisée de la facture des consommateurs ” sur cette période. Et ce, alors même que l'usage d'infrastructures amorties comme les antennes relais GSM devrait autoriser une réduction des prix.
Au lieu de cela, “ les opérateurs mobiles – a contrario de ce que font certains FAI avec les offres triple play – accroissent le prix de leurs forfaits à mesure qu'ils ajoutent de nouveaux services (heures week-end, appels illimités sous contrainte…) ”. Selon l'UFC-Que Choisir, si les baisses observées sont la plupart du temps assez faibles, on observe en revanche une forte tendance à l'alourdissement de la facture du consommateur.
Ainsi, selon l'un des profils d'étude retenu par l'association, “ un client de Bouygues Telecom, qui consomme 80 minutes de voix et 30 SMS, payait en mars 2003 20,5 euros contre 25 euros en septembre 2007, soit une augmentation de 22 % en cinq ans ”. Pour les “ petits ” consommateurs, l'écart serait encore plus important. Toujours chez Bouygues Telecom, cette dépense serait passée de 8,40 euros à 15 euros, soit une augmentation de plus de 78 % sur la période. L'opérateur n'a pas souhaité faire de commentaire.
Les deux autres opérateurs, concurrents directs, SFR et Orange, qui ne s'expriment pas davantage, sont eux aussi épinglés. A l'exemple de ce client Orange qui payait en mars 2003, 38,50 euros pour 160 minutes de voix et 30 SMS, et qui en juillet 2007, pour la même consommation devait s'acquitter de 46,60 euros. Soit une augmentation de 21 %, souligne l'UFC-Que Choisir.
Pour débloquer la situation d'une concurrence qui “ s'articule en très grande partie autour d'Orange et de SFR, l'association demande entre autre la fin des clauses d'engagement de 24 mois. Ce ne sont que des prisons dorées pour le consommateur, indique Julien Dourgnon, porte-parole de l'association. En réalité, tout le monde sait bien que cela n'a qu'un but : sortir le consommateur de l'environnement concurrentiel pendant deux ans et l'empêcher d'aller voir ailleurs ”.
Initialement la suppression de ces clauses d'engagement devait être intégrée dans le projet de loi sur la consommation. Mais si le secrétaire d'Etat, Luc Chatel était favorable à cette disposition, comme les associations de défense des consommateurs et l'Arcep (le gendarme des télécoms), il semble qu'au sommet de l'Etat, on ait opposé son veto.
“ Les pouvoirs publics ont préféré opter pour une solution que leur ont préconisé les opérateurs de téléphonie mobile, explique Edouard Bareiro, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir. C'est-à-dire que les consommateurs peuvent désormais résilier leur abonnement à partir du treizième mois, à condition de régler 25 % des onze mensualités restantes ! ”.
L'association réclame également l'entrée sur le marché d'un quatrième voire même d'un cinquième opérateur de réseau. “ C'est le moins que l'on puisse demander pour restaurer un minimum de concurrence sur un marché où, rappelons-le, les marges des principaux opérateurs sont aujourd'hui de 40 %, soit 25 fois supérieures à celles de l'industrie automobile ”.
















