pas nécessairement
par Running5fr, le 13/02/2008 12:51:56
Mesurer le résultat d'une action n'a pas de lien direct avec une quelconque compétition.
Quand je mesure le résultat de l'intervention de mon plombier sur une fuite, je ne crée pas une compétition. Je constate que la fuite existe encore ou n'existe plus.
La compétition, c'est l'un des usage qu'ensuite on peut en faire, par exemple en comparant que tel plombier a été moins aimable, l'a colmatée en plus de temps, que sa réparation sera plus pérenne, mieux finie ou qu'il l'a fait pour plus cher qu'un autre plombier.
Ensuite la compétition n’existe que si on constitue et on diffuse un classement entre différents plombiers à partir de critères mesurés.
La notation n'est donc pas la compétition. La compétition n'est que l'une des utilisations possible d'un résultat.
Ensuite, dire que la compétion est réservée au privé, c'est fermer les yeux sur la réalité.
Chacun de nous connait dans sa ville le meilleurs lycée public, ou les meilleures universités de France. Sans compter les meilleures écoles d'ingénieur même publiques. La concurrence, compétition ou émultation (on l'appelle comme on veut) existe déjà et c'est ce qui permet d'améliorer l'ensemble du système, en poussant les uns à s’adapter et à s'améliorer en permanence, et les autres à changer de métier faute de compétences ou de capacité à suivre.
Et heureusement que ça existe sans quoi notre système éducatif serait cantonné au nivellement par le bas et le moindre effort.
Ne soyons pas hypocites, le système français l’est déjà suffisamment.
Car aujourd'hui cette compétition, qui existe, s'appuie sur des critères pas toujours bien connus ou rationnels. De plus elle profite aux plus favorisés (informés, éduqués ou riches) qui en tirent partie en choisissant les meilleurs profs dans les meilleurs établissement, tandis que les autres en font les frais en récupérant ce qui reste dans la plus parfaite ignorance de ce qui s’est tramé à leur insu.
Il est donc salutaire de mettre de la transparence sur le service de l'éducation, dont les profs font partie, afin que chaque citoyen soit à égalité d'information au moment du choix de l'établissement où il va placer son enfant.
La culture du résultat est ce qu'il y a de plus sain pour un pays, et il y a bien qu'en France qu'on en est à en discuter, en omettant bien sûr de préciser par quoi en la remplace ; par la culture du flou ? de la glande ? de l'incompétence ? du nivellement par le bas ? de l'échec ?
Ce ne sont pas les profs de physique qui me contrediront : toute action engendre un résultat. Quand on investit des milliards dans une action, on est légitimement en droit d'en mesurer le résultat, à fortiori quand ce résultat impacte le futur de notre pays.
J'aimerais savoir si les tenant de l'anti-résultat appliquent leur raisonnement à leurs activités personnelles. Si par exemple ils ne cherchent pas à savoir si les profs de leurs enfants les traitent correctement, dispensent effectivement les cours, utilisent des méthodes d'enseignement appropriées ou ne leur racontent pas n'importe quoi. S'ils le font c'est qu'ils sont déjà en train d'appliquer la culture du résultat qu'ils critiquent. S'ils ne le font pas, je souhaite bonne chance à leurs enfants...
Non seulement le résultat ne s'oppose pas à la qualité, c'est ce qui la mesure et permet d'éliminer la mauvaise qualité. Le service d'enseignement n'est pas une exception.
Et la notation des profs, c'est un des éléments qui concourent à l'amélioration de la qualité du service public de l'éducation, à l'égalité et à la meilleur formation des citoyens.
En prime, ça rendra aussi service aux profs qui ne sont pas à leur place, et qui se sentiraient bien mieux dans un autre job au lieu de moisir, de se planquer, de partir en dépression ou de se blaser.
