On croit rêver. Le gouvernement demande officiellement des conseils à Google pour qu'il l'aide à accroître la visibilité du patrimoine culturel français sur la Toile mondiale. Le moteur de recherche doit remettre à Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, des « suggestions », voire des « recommandations » en ce domaine.
Oui, Google dont la marque a réussi à truster le Web en moins d'une dizaine d'années peut donner des leçons en matière de croissance et de buzz. Mais, en terme de défense de l'exception culturelle française, l'Américain est mal placé.
Le moteur de recherche a numérisé des milliers de livres en langue française pour sa bibliothèque en ligne, parfois sans l'accord des auteurs. On lui reproche aussi souvent son manque de réactivité à supprimer de ses sites de partage de vidéos YouTube ou Google Vidéo des films ou documentaires sous copyright. Les oeuvres d'art n'échappent pas au comportement cavalier du moteur de recherche. Pour créer des logos spéciaux, Google a utilisé des éléments graphiques de peintures de Joan Miro ou encore de Salvador Dali. Il s'agissait officiellement de rendre hommage aux artistes ibériques, mais l'utilisation de ces oeuvres s'est faite sans autorisation.
Lors de sa rencontre avec la ministre de la Culture, le représentant de Google en France a présenté un outil utilisé sur ses ses plates-formes vidéo pour « détecter les contenus illicites et permettre aux ayants droit de protéger leurs oeuvres ». C'est le producteur Jean-François Lepetit qui va être content ! L'un de ses documentaires Le Monde selon Bush s'était en effet retrouvé en toute illégalité en ligne sur Google Vidéo.

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