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Des clés USB au secours des malades

En attendant le dossier médical personnel, les patients peuvent stocker des informations médicales sur ces clés, destinées aux services d'urgence en cas d'hospitalisation.

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Les diabétiques et les personnes souffrant d'allergies sévères ont l'habitude de porter une médaille pour informer les secours de leurs maux. Ces renseignements, et bien d'autres, s'intègrent désormais dans des clés USB spécialisées. En cas d'urgence, celles-ci révèlent toutes les informations nécessaires à une meilleure prise en charge par les services hospitaliers.
Le français Bio-stick propose ainsi d'associer un service Web et une clé USB sur laquelle seront enregistrées les donneés relatives au patient et permettant aux services de secours d'être informés de son identité, de la personne à contacter, des grandes lignes de ses pathologies, puis d'entrer en relation avec les médecins traitants (grâce à la mention de leurs coordonnées).
Ces données sont disponibles en sept langues, une fois que l'utilisateur les a lui-même saisies. Muni de son numéro de clé USB et d'un code confidentiel, le patient renseigne les champs d'information sur le site Bio-stick.fr. Celles-ci sont ensuite transférées sur la clé. L'entreprise affirme ne conserver aucune donnée sur ses serveurs.

L'ordre des médecins reste très réservé

D'autres prestataires de l'information médicale utilisent des périphériques informatiques, comme Simed. Moyennant un forfait annuel, cette société dispense, via un numéro téléphonique d'alerte, des données médicales aux services d'urgence. Une clé USB gratuite est également incluse dans certains abonnements. Chez Bio-stick, le périphérique coûte quant à lui 35 euros. Ces initiatives ont toutefois un défaut : en cas de perte, tout le monde peut avoir accès aux données personnelles des patients.
Le Conseil national de l'ordre des médecins se montre très réservé au sujet de ces outils : ' Sur une clé USB, les données sensibles ne sont pas protégées. On peut aussi se poser la question de l'utilité de ces périphériques en termes de généralisation. Seuls les patients qui auront fait la démarche seront équipés. Et les services d'urgence ne seront pas toujours informés de ce type d'initiative ', commente Jacques Lucas, secrétaire général du conseil.
L'organisation roule en fait pour le prochain DMP (dossier médical personnel), mis en place en France par le ministère de la Santé. Les informations médicales des patients seront cette fois stockées sur des serveurs sécurisés chez un prestataire de services qui reste encore à choisir. Un appel d'offres vient d'ailleurs d'être lancé. ' Même si le DMP prend du retard, il permettra, à terme, aux professionnels de santé d'avoir accès dans un cadre déterminé par le patient aux informations relatives à ce dernier, souligne Jacques Lucas. Chaque utilisateur aura la possibilité de masquer les données qu'il souhaite ne pas rendre accessibles à tous. Un décret doit être prochainement publié en ce sens. '

Outre-Atlantique, on a choisi la puce RFID

Le DMP, qui n'est accessible aux professionnels de santé qu'après autorisation du patient, comportera néanmoins un volet urgence. Cette fois ouvert à tous, il contiendra les informations importantes en cas d'hospitalisation non prévue, comme le groupe sanguin du patient, ses allergies ou ses pathologies évolutives en cours.
Enfin, les réfractaires aux clés USB ou au futur DMP peuvent toujours opter pour la puce RFID. Outre-Atlantique, Applied Digital Solutions implante de telles puces sous la peau des patients. En scannant leur bras, le médecin a alors accès à une base de données sécurisée où sont stockés groupe sanguin et antécédents médicaux. Plus de 2 000 personnes auraient déjà été séduites selon Verichip Inside, filiale du groupe. Et plus de 500 hôpitaux seraient équipés de scanners permettant de lire ces informations.
Mais ce procédé, validé par les autorités sanitaires américaines (Food and Drug Administration), provoque déjà la colère de quelques irréductibles, regroupés au sein d'un collectif baptisé No Verichip Inside, joignable sur MySpace.
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