Aujourd'hui, PC et périphériques peuvent quasiment tous être basculés en veille, dans un mode souvent appelé ' économie d'énergie '. Une appellation pour le moins surprenante :
en effet, d'après nos mesures, ce n'est pas parce qu'un appareil ne fonctionne pas qu'il ne consomme rien... Et si certains demandent peu, d'autres ingurgitent presque autant de watts que quand ils tournent à plein régime ! Sur les
périphériques, nous avons ainsi identifié trois types de veilles (totale, partielle, fictive), qui n'autorisent pas les mêmes économies d'énergie :
Totale : c'est le mode de veille que l'on trouve sur la quasi-totalité des écrans plats. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, un écran plat en veille (un mode souvent repérable par une diode orange ou rouge)
ne consomme presque rien. Les plus gourmands n'utilisent pas plus de 10 watts et les plus économes ne dépassent pas 2 watts.
Partielle : cette veille est la plus répandue sur les imprimantes et les écrans cathodiques. Une imprimante laser passe ainsi de plusieurs centaines de watts en impression à quelque 20 watts en veille.
Fictive : sur certains matériels, tels le décodeur HD de la Freebox ou un kit d'enceintes 2.1 d'Altec Lansing, la veille se limite à la seule extinction des diodes ou de l'afficheur LCD ! L'appareil
nécessite alors autant de courant électrique que quand il est allumé !
Les mesures sont plus difficiles à effectuer sur les PC : on compte en effet jusqu'à quatre modes de mise en veille qui diffèrent selon les constructeurs. Mais nous avons analysé la consommation électrique de plusieurs ordinateurs éteints. Mauvaise surprise : la quasi-totalité d'entre eux (comme certains périphériques) continuent de consommer du courant. Sur plusieurs modèles, nous avons ainsi relevé des consommations d'environ 20 watts. Une énergie consacrée à l'alimentation, qui continue de fournir du courant à certains composants de la carte mère et permet ainsi d'allumer l'ordinateur en pressant une touche du clavier, ou de le ' réveiller ' à distance via un réseau (Wake on Lan).
Contrairement aux appareils électroménagers (réfrigérateurs, lave-linge, etc. ), pour lesquels cet indice doit être affiché en magasin, les étiquettes des PC ne mentionnent jamais leur consommation électrique. ' Les clients croulent déjà sous les informations techniques concernant le processeur, la carte graphique... On ne peut pas, en plus, les noyer avec des indications en kWh, justifie Dominique Ostier, chef de produits portables et PC chez HP. Et de toute façon, la consommation d'énergie n'est pas la préoccupation majeure des clients. Ce qu'ils veulent avant tout, ce sont des machines qui fonctionnent sans problème et répondent à leurs besoins. ' Il serait temps qu'une loi impose un système de classes énergétiques sur les PC, comme c'est le cas pour les appareils électroménagers...
Un portable est moins gourmand qu'un ordinateur de bureau ; nous avons ainsi relevé une consommation de ' seulement ' 65 watts en utilisation maximale sur un modèle haut de gamme Centrino. Cette différence s'explique par les efforts des constructeurs qui soignent l'autonomie des portables dès leur conception. En effet, dans un portable, la consommation électrique influe directement sur l'autonomie : plus les composants sont gourmands, plus la batterie se décharge vite. Contrairement à une idée reçue, c'est l'écran, et non pas le processeur, qui demande le plus d'électricité (un tiers de la consommation totale), devant la mémoire et le chipset. Il est peu probable que tous ces composants deviennent dans l'avenir plus économes en énergie. Mais les nouveaux types de batteries (comme la pile à combustible, bien plus performante que la lithium-ion) pourraient entraîner une augmentation de l'autonomie des portables.
Bien sûr, les périphériques aussi consomment ! Et de façon non négligeable. Ainsi, les haut-parleurs ou les ' box ' ADSL des FAI sont particulièrement gourmands : nous avons relevé une consommation de 50 watts pour un kit d'enceintes 2.1 Altec Lansing, et de plus de 40 watts pour une Freebox V5 ! Et si cette consommation paraît négligeable face aux quelque 600 watts d'une imprimante laser en fonctionnement, ce serait oublier qu'une box ou des haut-parleurs fonctionnent généralement durant de longues périodes, voire en permanence, alors qu'une laser passe le plus clair de son temps en veille. Les écrans se distinguent, en revanche, par des progrès encourageants. Car avec l'arrivée des modèles LCD, leur consommation a fondu : à peine 33 watts pour un 17 pouces, contre le double pour son équivalent cathodique !
Quelle est la part d'un PC ?" et de ses périphériques ?" dans une facture annuelle d'électricité ? Une part non négligeable, selon nos calculs. Pour s'en convaincre, il suffit de considérer qu'un réfrigérateur de classe A consomme quelque 160 kWh/an, soit un coût d'environ 17 euros, et que cette somme correspond à la consommation annuelle d'un PC utilisé 2 heures par jour, 4 jours par semaine ! Bien entendu, une utilisation sporadique du PC (1 heure par jour, 3 jours par semaine) ne coûte que 6 euros par an, en fonctionnement. Mais il faut ajouter 64 euros, consommés quand le PC est éteint... Car comme indiqué dans l'encadré ci-dessous, un ordinateur consomme en général une vingtaine de watts quand il est éteint. C'est aussi pour cette raison que dans le cas d'un usage intensif (4 heures par jour, 7 jours par semaine), le coût du PC en fonctionnement (56 euros) est quasiment identique au coût du PC arrêté (54 euros) ! Heureusement, il est possible de diviser par deux le montant de cette facture, en coupant l'alimentation du PC et des périphériques par le biais d'une multiprise dotée d'un interrupteur (les multiprises ' maîtres/esclaves ' sont à bannir : elles laissent passer le courant vers l'ordinateur). Et que ceux qui préfèrent laisser leur PC tourner en permanence à plein régime s'attardent sur notre tableau : ils découvriront que cela leur coûte environ 300 euros par an !
Nous avons évalué la consommation d'un PC haut de gamme puissant en fonctionnement. Verdict : la machine requiert 260 watts lorsqu'elle est utilisée pour jouer et 169 watts lorsqu'elle est employée pour des fonctions bureautiques. Une consommation que nous avons détaillée, composant par composant, en réalisant une série de mesures individuelles.
Processeur : jusqu'à 120 watts
En moyenne, les processeurs actuels consomment entre 60 et 120 watts (86 watts pour un Pentium 4 à 3 GHz, par exemple). Mais la situation va changer avec la nouvelle génération d'ordinateurs. Car avec plus de 120 watts requis, la consommation électrique ?" et donc la dissipation thermique ?" des processeurs a récemment atteint une limite (bloquant même l'évolution du Pentium 4). Intel comme AMD concentrent désormais leurs efforts sur ce point : ils se sont engagés à ne plus dépasser 65 watts pour un processeur grand public. Ce qui est d'ailleurs le cas du récent Core 2 Duo.
Disque dur ou graveur de DVD : jusqu'à 25 watts
La puissance de 25 watts, relevée sur notre disque dur Maxtor Diamond Max 10 de 160 Go, équivaut à celle de notre graveur, un Pioneer DVR-A07X (23 watts). Le disque dur et les lecteurs/graveurs de CD ou DVD consomment peu : entre 5 et 25 watts. Ces composants sont les seuls, sur un ordinateur, à comporter une partie mécanique. Le moteur, chargé d'entraîner la rotation des plateaux ou du disque, est plus gourmand en énergie que l'électronique embarquée : un peu plus de 65 watts contre quelques watts, à peine.
Carte graphique : jusqu'à 100 watts
La consommation électrique des cartes graphiques actuelles varie entre 25 et 100 watts (60 watts pour une carte GeForce 6800 GT, par exemple). C'est beaucoup ! Les plus gourmandes sont les cartes de haut de gamme pour les joueurs, dont le circuit graphique comporte plus de transistors qu'un processeur de type Pentium ! Mais fort heureusement, une carte graphique diminue automatiquement sa fréquence de fonctionnement lorsqu'elle n'est pas sollicitée, ce qui lui permet de diviser par trois sa consommation électrique.
Mémoire : jusqu'à 50 watts
Selon son type et sa quantité, la mémoire vive d'un PC demande entre 15 et 50 watts (24 watts pour deux barrettes de 512 Mo DDR400, par exemple). Au moment du passage de la SD-Ram au format DDR, puis DDR2, la tension d'alimentation a chuté de 3,3 volts à 2,5 volts, puis à 1,8 volt, entraînant une baisse de la consommation électrique. A l'heure actuelle, une barrette comprend 8 ou 16 puces, chacune consommant entre 1 et 2 watts. L'énergie requise par la mémoire est donc limitée. Mais elle reste identique quel que soit l'usage que l'on fait de son PC !
Alimentation : 15 % de la consommation totale
Comme tout dispositif qui convertit l'électricité, l'alimentation d'un PC n'offre pas un rendement de 100 % : lors de nos tests, nous avons constaté que pour 100 watts consommés sur le secteur, une alimentation restituait environ 85 watts sous forme de tension continue utile pour les composants internes. Soit une perte brute d'environ 15 %. Sur les modèles atteignant les 500 watts, la perte devient considérable.