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Oracle s'incruste dans le libre

La société de Larry Ellison met la main sur Sleepycat, éditeur en charge de Berkeley DB. Et aurait des vues sur JBoss et sur MySQL.

Les bases de données open source doivent-elles craindre l'éditeur ? Celui-ci lorgne en effet de plus en plus ce marché. Il vient d'absorber Sleepycat, l'éditeur de Berkeley DB, une base de données transactionnelle à faible empreinte mémoire destinée aux applications embarquées.
Berkeley DB est très utilisée dans le monde open source. Elle est la base du serveur Web Apache, du serveur de mails Sendmail, de la suite bureautique OpenOffice.org, et peut éventuellement servir de moteur pour le SGBD libre MySQL.

Des acquisitions tous azimuts

Pas détonnant que cette acquisition ait suscité l'inquiétude des tenants du libre qui y ont vu un coup bas. En effet, Sleepycat est la deuxième acquisition d'Oracle dans l'open source, après celle d'Innobase, créateur d'InnoDB, l'un des moteurs de MySQL. Cette man?"uvre, à l'époque, avait été perçue comme un moyen de gêner l'action de MySQL.
Ces inquiétudes sont d'autant plus vives que, selon certaines rumeurs, Oracle serait en train de mener des négociations d'achat avec JBoss, créateur du premier serveur d'applications libre directement concurrent de celui d'Oracle. Autre indice, Marten Mickos, le PDG de MySQL, a reconnu la semaine dernière avoir refusé une offre d'achat d'Oracle...
Pourtant, ce dernier se veut rassurant : l'acquisition de Sleepycat lui permet juste d'étendre sa gamme. Oracle compte cantonner Berkeley DB au marché des périphériques réseau, où elle stockerait, entre autres, les droits d'accès des utilisateurs. La base s'insérerait ainsi entre son Oracle Lite, destinée aux PDA, et sa TimesTen, réservée aux marchés des télécoms.
Oracle continuerait même la politique de licence open source de Sleepycat. Berkeley DB serait toujours disponible comme moteur de MySQL. Une chose est sûre, Oracle a pris pied, pour longtemps, dans l'open source. ' Berkeley DB et ses développeurs open source vont nous apporter l'expérience qui nous manquait dans ce domaine ', admet Robert Shimp, vice-président technologie et marketing d'Oracle.

Analyse

Oracle n'a pas d'autre choix que de tenter de maîtriser le marché open source. Incapable de neutraliser Microsoft et IBM, l'éditeur se doit d'investir les bases de données libres. Une démarche qui lui coûte en outre moins cher que les acquisitions de PeopleSoft et de Siebel.

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