L'e-Administration sous la coupe de Bercy
L'Adaé disparaît en se fondant dans la Direction générale de la modernisation de l'État, créée par Bercy pour mettre en place la toute nouvelle Lolf.
01net.
le 18/01/06 à 10h00
Depuis le 1
er janvier 2006, l'Administration électronique, dont dépend la mise en ?"uvre de la loi organique relative aux lois de finances (Lolf),
vit au rythme du ministère des Finances. Un peu comme dans les entreprises privées, où, souvent, la direction informatique dépend de la direction des affaires financières. Car
c'est elle qui supporte l'infrastructure d'une gestion comptable d'engagement.
Au niveau de l'Etat, cela prend la forme d'un regroupement : l'Adaé (Agence pour le développement de l'Administration électronique) est dissoute dans la Direction générale de la modernisation de
l'État (DGME). Cette structure regroupe trois directions de Bercy consacrées à la réforme de l'Etat : la Délégation aux usagers et aux simplifications administratives (Dusa), la Délégation à la modernisation de la gestion publique
et des structures de l'Etat (DMGPSE), et la Direction de la réforme budgétaire (DRB), chargée de mettre en place la Lolf.
Lancement de grands chantiers
La nouvelle entité, qui consolide les moyens des quatre structures, dispose de 160 agents. Elle se situe au même niveau de rattachement que la Direction générale des impôts ou la Direction de la comptabilité publique. Annoncée à la
fin de l'été par Jean-François Copé, ministre délégué au Budget et à la Réforme de l'Etat, cette recomposition s'accompagne de la nomination de Frank Mordacq, auparavant directeur de la réforme budgétaire, à la direction de la
DGME.
Fondée en février 2003, sous la tutelle du Premier ministre, l'Adaé regroupait trois structures vouées aux technologies, à la réforme de l'Etat et à la simplification administrative. Son emblématique directeur,
l'énarque Jacques Sauret ?" à l'origine du portail Net-Entreprises ?" la quitte. Il poursuivra sa carrière dans d'autres missions ou cabinets.
Il avait su convaincre les sceptiques et lancer de grands chantiers. Par exemple, les téléservices
(servicepublic.fr, changement-adresse.gouv.fr ou
marches-publics.gouv.fr), l'interopérabilité, les échanges avec le citoyen ou l'entreprise.
' Il a joué un rôle très important, et l'Adaé a été
un pionnier ', salue Frank Mordacq.
Espérons que la DMGE suivra cette voie. Car il reste à faire. En témoigne un sondage du Forum européen de l'Administration électronique (lire ci-après), d'où émerge une priorité : l'information et la formation
des agents aux technologies de l'information et d'Internet.
Agents et citoyens jugent l'e-Administration
86 % estiment qu'elle modernise l'image de l'Administration ; 82 % considèrent qu'elle facilite leur travail
... mais
60 % se sentent insuffisamment informés ; 58 % s'estiment mal formés aux technologies de l'information ; 80 % s'estiment mal formés à l'usage d'Internet.
50 % ont effectué une démarche administrative par Internet ; 31 % ont recherché des informations ; 27 % ont effectué des démarches pour les impôts ; 25 % ont effectué des démarches administratives.
... mais
81 % ne savent pas ce qu'est l'e-Administration.
Source : sondage réalisé par LH2 pour le Forum européen de l'Administration électronique.
Deux questions à Frank Mordacq, directeur de la Direction générale de la modernisation de l'État (DGME)
<i>01 Informatique :</i> Pourquoi l'Administration électronique rejoint-elle Bercy ?
Franck Mordack :
Jean-François Copé, ministre en charge de la réforme de l'État, considère que l'Administration électronique en est l'un des principaux moteurs. Il est donc naturel de
regrouper la DMGPSE, la Dusa, la DRB et l'Adaé en une seule structure.
Dans de nombreux pays européens, la réforme de l'État dépend des services des finances. Chez nous, avec la Lolf, le regroupement est essentiel. C'est l'un des grands piliers de la réforme de l'État,
puisqu'elle contribue à améliorer les performances de l'Administration.
Les travaux de l'Adaé seront-ils préservés ?
Avec la DGME, nous bénéficions de leviers d'action supplémentaires sur les processus. Par exemple, pour développer les formulaires, les mettre en ligne et les rendre accessibles, avec la qualité de service. Nous sommes
dans une démarche de continuité avec ce qui a été entrepris par l'Adaé. La DGME assurera un lien entre la gestion publique, la qualité de service et l'Administration électronique.