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Test : Apple MacBook Pro 15″ 2016, design, innovation et puissance au prix fort

Le MacBook Pro 15 pouces affiche un prix qui peut refroidir. Mais sa configuration solide, sa finition impeccable et son ergonomie hors norme font qu’on peut imaginer que ceux qui en ont les moyens sauteront le pas…

L'avis de 01net.com

Apple MacBook Pro 15 pouces 512 Go Core i7 2,7 GHz

Les plus

  • + Le design parfaitement maîtrisé
  • + La configuration solide
  • + L'ensemble clavier, Touch Bar et trackpad
  • + L'écran Retina P3

Les moins

  • - La connectique...
  • - Les adaptateurs qui vont avec
  • - Le prix

Note de la rédaction

Note publiée le 30/11/2016

Voir le verdict

Fiche technique

Apple MacBook Pro 15 pouces 512 Go Core i7 2,7 GHz

Processeur Intel Core i7-6820HQ
Mémoire vive 16 Go
Capacité de stockage principal 512 Go
Taille d'écran 15.4 "
Puce graphique AMD Radeon Pro 455
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En 2012, l’arrivée des écrans Retina dans la gamme MacBook Pro asseyait le modèle 15 pouces tout en haut de la pyramide portable d’Apple, en faisant disparaître le 17 pouces. De facto, là où le MacBook Pro 13 pouces peut encore passer pour une machine grand public musclée, le 15 pouces Retina est devenu le portable vraiment « pro » d’Apple. Dès lors, les exigences et la tolérance aux compromis sont moindres, parce qu’une machine de production ne doit pas faillir. Nous avons donc entrepris de tester le modèle haut de gamme, équipé d’un Core i7 à 2,7 GHz, de 16 Go de mémoire vive et d’une carte graphique AMD Radeon Pro 455. Vaut-il ses 3199 euros ?

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01net.com / Lionel Morillon – Le nouveau MacBook Pro offre un design affiné et allégé.

Le coup du nouveau design !

Comme à chaque refonte du design d’une gamme, tout commence par une petite claque quand on déballe le produit. Une fois encore, Apple démontre sa maîtrise – rarement égalée – du design industriel. Les deux parties unibody en aluminium du MacBook Pro s’ajustent parfaitement et se prennent agréablement en main quand on doit le porter. Les ouvertures du système de ventilation sont à peine perceptibles. Le logo Apple poli reflète son environnement et la lumière. Et puis, évidemment, on remarque que les designers d’Apple se sont activés pour réduire l’encombrement de l’appareil. Plus fin, moins large, un peu moins profond, il s’allège également de presque 200g pour passer nettement sous la barre des 2 Kg. Mine de rien, c’est appréciable quand on doit le transporter dans un sac à dos ou une sacoche.

Le coût du nouveau design ?

Pour autant, si ce gain en confort mérite une médaille, difficile de ne pas en voir le revers. Lors de la dernière cure d’amincissement des MacBook Pro, Apple s’était défait du lecteur optique, en vous promettant qu’il ne vous manquerait pas. Dans les faits, à l’heure des sauvegardes sur disque externe ou dans le cloud et des transferts de fichiers par disque ou clé USB, il est assez rare de devoir recourir à un lecteur/graveur de DVD.
En cette fin 2016, Apple saute un autre pas, autant pour assurer l’amincissement de son MacBook Pro que pour dessiner une voie future. La firme de Cupertino a décidé de n’offrir que quatre ports sur ses nouvelles machines et tous présentent la même connectique : Thunderbolt 3 au format USB Type-C.

Des connecteurs, qui commencent seulement à se répandre et impliquent de trouver des solutions pour continuer à utiliser les périphériques que vous possédez déjà. Ainsi, pour brancher un disque dur externe, une imprimante filaire USB, un moniteur HDMI, ou même pour recharger votre iPhone en déplacement, il vous faudra acheter le bon adaptateur ou trouver un nouveau câble pour un branchement direct. Pendant que vous y êtes, prenez-en plusieurs à laisser chez vous, au travail et dans votre sac, parce que l’oublier revient à ne pas pouvoir connecter votre périphérique à votre Mac.

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01net.com / Lionel Morillon – Hormis la prise mini-jack, le MacBook Pro ne propose que quatre ports Thunderbolt 3 au format USB Type-C.

Dès lors, si votre vie quotidienne implique rarement de brancher quelque chose à votre Mac, parce que vous passez essentiellement par le Cloud et Internet, vous devriez survivre sans trop de souci avec ce nouveau MacBook Pro 15 pouces.
En revanche, s’il vous arrive encore – comme c’est souvent le cas – de voir des collègues ou clients vous fournir une clé USB avec des données importantes, s’il vous arrive de devoir brancher votre Mac à un téléviseur pour une présentation ou tout simplement, si vous utilisez un moniteur (calibré) de prix que vous n’avez pas l’intention de changer prochainement, mieux vaudra avoir l’adaptateur sous la main.
Dans les faits, ce changement de connectique oblige à faire attention, à se prémunir et d’une certaine manière, il isole également votre MacBook Pro d’une partie du monde (professionnel et particulier) en 2016. En visant le futur, Apple complique un peu la tâche de ceux qui vivent dans le présent… 

La disparition du port SD se range également dans cette catégorie des manques qui peuvent passer inaperçus pour certains utilisateurs, mais qui feront grincer les dents des photographes, par exemple. Il sera donc impossible de transférer des clichés depuis ce format de stockage devenu quasi omniprésent sans passer par un lecteur de cartes externe.
Une fois encore, le problème peut être résolu, mais on est loin de la présentation du tout premier Macbook Pro en 2006, quand Steve Jobs se plaisait à lister la riche connectique de son nouveau bébé.

https://www.youtube.com/watch?v=e8rmsSYqBvA

Voilà autant de petits soucis pour les professionnels ou les utilisateurs « grand public » qui ne veulent pas voir leur productivité torpiller par un problème de connectique. Mais pour ce public, le problème ne s’arrête pas là.
On a longtemps pardonné aux MacBook Pro d’être assez chers car ils apportaient une base solide qu’il était possible de faire évoluer assez facilement avec le temps. Un disque changé par-ci, une barrette de mémoire ajoutée par-là. Avec cette nouvelle génération, la compacité a encore frappé, et pour gagner en finesse, Apple a dû souder les composants à la carte mère, c’est ainsi le cas du processeur, du SSD et de la mémoire vive. Plus que jamais il faut prévoir l’évolution de vos besoins dans le temps, quitte à hélas voir grimper la note, et ensuite espérer que vous ne rencontrerez pas de problème.

Le futur n’attend pas

Toutefois, tout n’est pas noir dans ce MacBook Pro 15 pouces 2016. La connectique Thunderbolt 3 a des avantages évidents. Elle est totalement réversible, plus besoin de s’interroger sur le sens du connecteur. Elle permet également d’alimenter et de connecter (en chaîne) toute sorte de périphériques.
A noter que n’importe lequel des quatre ports peut servir à l’alimentation de l’appareil. Il est également possible de brancher deux écrans 4K ou un écran 5K, si vous avez ça sous la main. Bref, les ports Thunderbolt 3 (format USB Type C) sont de dignes représentants du futur et du caractère universel du format choisi. Il faudra juste attendre que le parc de périphériques utilisés évolue et rattrape votre Mac. Vous pourrez alors bénéficier de débit assez impressionnant.

Nous avons ainsi connecté (directement en USB Type C) le Sandisk Extreme 900, un des SSD externe les plus performants du marché. Les débits obtenus laissent rêveur. Avec BlackMagic, on atteint près de 800 Mo/s en écriture – oui, l’équivalent d’un peu plus qu’un bon vieux CD chaque seconde. En lecture, le résultat est évidemment meilleur : presque 856 Mo/s. Difficile de ne pas avoir le sourire… et ce n’est qu’un début.

Parce qu’à l’intérieur, du MacBook Pro, se trouve une autre perle de vitesse. Un module SSD NVMe, donc connecté en PCIe (2.0 en l’occurrence), qui s’avère d’une rapidité époustouflante de bout en bout. Cela implique que les applications les plus courantes (Mail, Safari, iTunes, etc.) se lancent instantanément. Les applications comme Photoshop ou Final Cut Pro ne prennent pas plus de 2 à 3 secondes pour afficher leur interface, tout va très vite et macOS Sierra est toujours fluide et réactif.

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01net.com – Le SSD interne est un monstre de rapidité !

Quand on demande au disque de dupliquer ou transférer des fichiers, on constate que le SSD tient la charge. Les gros fichiers vidéo sont absorbés très rapidement et permettent de voir des débits dépasser les 2 Go/s en lecture et atteindre plus de 1,7 Go/s en écriture. Encore mieux que les 1,8 Go/s et 1,5 Go/s du MacBook Pro 15 pouces 2015. Autant dire que vous n’aurez pas de problème de ce côté-ci pour manipuler des fichiers Full HD, voire 4K.

De la puissance en progression à géométrie variable

Comme les MacBook Pro 13 pouces 2016, les 15 pouces d’Apple embarquent des processeurs de la sixième génération Core (Skylake). Toutefois, il s’agit en l’occurrence d’un Core i7-6820HQ, qui aligne quatre cœurs et plus seulement deux. C’est pour ces deux cœurs supplémentaires qu’Apple n’a pas opté pour la septième génération de Core, nom de code Kaby Lake.

Dans les faits, la plate-forme d’Intel tient sa promesse et assure assez de puissance. On n’enregistre toutefois pas des gains fulgurants par rapport à la génération précédente. Le MacBook Pro 15 pouces est évidemment plus puissant que son petit frère 13 pouces. Les tests, qui mesurent les performances du processeur, réalisés avec Cinebench affichent 108% de performances en plus pour le 15 pouces. En revanche, le gain est bien plus modeste quand on compare le MacBook Pro 15 pouces à son équivalent de 2015. On est alors plus proche des 10% de gain…

Geekbench 3, sous macOS, n’accorde que quelques pour cent de plus au dernier-né des MacBook Pro. Même chose avec PC Mark 8 sous Windows 10. Apple assurerait donc une continuité, mais pas une croissance importante des performances ?

C’est ce qu’on peut être tenté de croire jusqu’à ce qu’on se penche sur la partie graphique de la bête. Une fois encore, Apple a confié à AMD la tâche d’apporter du répondant à ses Mac. En l’occurrence, c’est une Radeon Pro 455 (en plus du chipset Intel HD Graphics 530) qu’on trouve sous le capot. Cette carte incarne la dernière génération de la technologie d’AMD, Polaris. Pour autant, ici, c’est surtout l’enveloppe thermique de la puce qui est visée et avec moins de 35 W, le résultat est très honnête. C’est ce résultat qui conditionnera tout le reste. Pour la plupart des usages en 3D, rendu, affichage qu’on peut confier à un portable costaud, il faudra parfois attendre, mais la puce devrait tenir le coup. Si vous voulez passer à des choses sérieuses, ces portables ne sont peut-être pas la bonne solution.

Pour ce qui est des jeux, les performances sont grosso modo comparables à celles d’une GeForce GTX 950M, avec quelques variations selon les titres. Ce qui veut dire que les jeux assez récents tourneront, mais pas à fond. Si vous cherchez à jouer en Full HD à 60 images par seconde, il faudra a priori plutôt vous tourner vers la Radeon Pro 460 (vendue en option 120 euros).

Avec la 455, il faudra vous contenter de résolutions plus basses. Ainsi, avec Tomb Raider, qui date de 2013, la carte affiche 46,7 images par seconde en 1650×1050 pixels et il faut passer en 1440×900 pixels pour frôler les 60 frames par seconde (55,7 ips). Bref, le MacBook Pro 15 pouces n’est toujours pas une machine de gamers, mais vous pourrez toutefois satisfaire vos envies en ajustant un peu la voilure.

01net.com / Lionel Morillon – Le MacBook Pro 2016 n’est pas une machine de gamer, mais il fera tourner les jeux en jouant un peu sur les réglages.

Et puis, c’est aussi une concession à une progression de l’autonomie. Ainsi, ce MacBook Pro 15 pouces affiche, comme le MacBook 13 pouces avec Touch Bar, une autonomie de 7h34. C’est 1h44 de plus que le Macbook Pro 15 pouces 2015 dans les mêmes conditions. Pour précision, nos tests d’autonomie polyvalente simulent une variété d’usages quotidiens enchaînés de manière intensive.

Le vrai point fort… l’ergonomie

Mais une fois encore, le vrai point fort de ce MacBook Pro se trouve à l’extérieur de la machine. Ainsi, son nouvel écran Retina P3 franchit un nouveau cap en termes de qualité d’affichage. Les couleurs et le contraste des photos marquent un vrai bond en avant. Les détails paraissent vraiment sortir de l’image et prendre un certain relief. Les vidéos sont également plus agréables à regarder. Et c’est évident le cas si vous lisez de longs textes à l’écran.

Pour ceux qui veulent gagner en productivité la résolution par défaut de 1680×1050 pixels permet de juxtaposer sans souci deux fenêtres pour travailler plus confortablement. Si malgré tout, vous vous sentez à l’étroit et manquez encore d’espace, vous pouvez, comme sur toutes les dalles Retina, demander à afficher un espace de travail plus large : 1920×1200 pixels.

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01net.com / Lionel Morillon – La Touch Bar et le clavier se complètent et permettent, après une petite phase de prise d’habitude, de gagner en rapidité et en fluidité.

Mais le vrai point fort de ce MacBook Pro (de cette gamme 2016), c’est l’ergonomie renouvelée, repensée et incarnée par le trio que forment le trackpad, le clavier et, évidemment, la Touch Bar.

Cette dernière est la grande nouveauté de cette année 2016. Nous vous avons déjà dit ce que nous en pensions en détail dans notre test dédié. Mais reprenons rapidement pour ceux qui auraient raté le coche.
Prolongement intéressant du clavier et non pas tentative d’apporter du tactile à l’écran, cette nouvelle interface remplace les touches Fonction qui ne répondaient plus vraiment à leur usage premier. En leur substituant un écran OLED tactile d’environ 1 cm de haut sur 26 cm de large, Apple revisite une partie du clavier qui paraissait immuable.
En faisant en sorte qu’elle s’adapte aux usages et applications ouvertes pour afficher différentes interfaces, les développeurs de Cupertino (et ceux qui développent des logiciels tiers) facilitent et fluidifient les usages quotidiens. Toutefois, tout n’est pas encore parfait et parfois les interfaces présentées sont trop complexes. Dans d’autres cas, ce sont les raccourcis claviers qui paraissent les plus rapides. Sur ce dernier point, sans doute est-ce une question d’habitude. En tout cas, la Touch Bar n’est pas une fonction gadget, qu’on oublie, malgré quelques petites erreurs de jeunesse.

Le clavier, qui propose des touches papillon, comme sur le MacBook, mais dans une deuxième itération, est incontestablement le meilleur outil disponible pour ceux qui tapent beaucoup de texte. Sa frappe très courte et ferme, la stabilité de ses touches, tout permet de saisir plus rapidement du texte et, passé une petite période d’adaptation, on peinera à revenir à des claviers plus classiques. Ce clavier est tout simplement génial !

Enfin, en agrandissant par deux le trackpad, Apple a fait la meilleure réponse possible à ceux qui voudraient un écran tactile. Sa large surface de travail permet de manipuler des images, déplacer aisément des fenêtres, sans laisser de traces de doigt sur l’écran.

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