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Une agence fédérale confirme que Google a illégalement espionné des employés avant de les licencier

Le moteur de recherche a deux semaines pour répondre à des accusations de surveillance, d’interrogatoires et d’usage d’autres méthodes à l’encontre de ses employés militants.

« Il paraît évident que les actes de Google ne sont pas défendables. » Pour Laurence Berland, un des quatre employés licenciés il y a un an, Google est coupable. Or, les premières conclusions de l’enquête du National Labor Relations Board (NLRB), rendues mercredi 2 décembre, agence fédérale indépendante garante du droit du travail américain, viennent de lui donner raison.
Acculé par ses ex-employés et par l’agence fédérale, Google dispose désormais de 15 jours pour répondre au NLRB, en attendant une audition programmée le 12 avril prochain, à San Francisco.

« Google is watching you »

Selon la plainte des « Thanksgiving Four » (littéralement « Les Quatre de Thanksgiving ») puisque virés juste avant cette fête, leur licenciement en 2019 était intervenu en représailles au fait qu’ils voulaient mettre en place un syndicat. Face à ces accusations, Google avait rétorqué qu’ils étaient au contraire accusés d’avoir violé les règles internes de sécurité.

Selon la requête du NLRB, obtenue par l’AFP, Google « surveillait » les employés en regardant les présentations qu’ils avaient préparées pour tenter de convaincre les salariés d’un fournisseur du géant numérique à se syndiquer.
Google a également « mené des interrogatoires d’employés concernant des activités protégées » et menacé de représailles s’ils passaient hors de la chaîne hiérarchique pour des plaintes au sujet de diverses thématiques, telles que le comportement sur le lieu de travail, selon les éléments de la requête.

« Nos employés sont libres »

Mais, Google s’en défend. « Nous appuyons fermement les droits de nos employés sur le lieu de travail, les discussions libres et les débats respectueux ont toujours été dans la tradition de Google », a assuré un porte-parole du groupe, interrogé par l’AFP.
« Nous sommes fiers de notre culture et la défendons contre les tentatives visant à la saper volontairement, cela inclut les violations des règles de sécurité et des systèmes internes », a ajouté cette même source.

Le groupe fait face depuis plusieurs mois à différents mouvements de contestation de la part de ses salariés : plusieurs milliers d’entre eux ont notamment manifesté fin 2018 contre la gestion du harcèlement sexuel chez Google.
Une autre manifestation visait à dénoncer le fait que le géant du numérique signe des contrats en lien avec des conflits armés ou la gestion des frontières américaines, ainsi que contre la volonté de Google de créer un moteur de recherche spécifique afin de répondre à la demande de censure du marché chinois.

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M. S.-R. avec AFP