Le 19 octobre, Brandon Stirrup, responsable de la stratégie chez Xbox, un intitulé sans dimension technique, a lâché sur X que son employeur utilise l’IA « comme toutes les entreprises en 2026 ». Le compte a été désactivé le jour même (mes ses posts restent accessibles par d’autres moyens). Près de deux semaines plus tard, ni Microsoft ni sa division jeu vidéo n’ont réagi.
Trois heures de week-end et un aveu
La veille, ce cadre sans bagage de développeur racontait avoir fabriqué en deux jours, dont trois heures de travail effectif, un petit jeu de football « mauvais mais améliorable ». Il décrivait ses idées en langage courant, l’IA écrivait le code : une méthode que le milieu surnomme le « vibe coding ». Et d’asséner que les studios rétifs à l’outil n’ont, selon lui, plus rien à faire dans le métier.
Aux critiques qui pleuvaient, l’intéressé s’est dit « content de prendre le coup si des centaines de personnes chez Xbox peuvent arrêter de faire semblant ». Et de conclure, dans une formule disparue depuis avec le reste du fil : « si je suis viré demain, ce sera parce que je vous ai dit la vérité que personne ne veut que vous sachiez ». L’homme assurait aussi « aimer Xbox et Microsoft » et avoir « passé plus de dix ans à le prouver ». Sa page LinkedIn le donne toujours en poste. Depuis, l’entreprise n’a ni démenti ses propos, ni confirmé la moindre sanction, ni commenté la disparition du fil.
Huit mois après la promesse anti-bouillie
Le 20 février, Asha Sharma, nommée à la tête de Microsoft Gaming en remplacement de Phil Spencer, promettait aux équipes de ne pas inonder Xbox de « bouillie d’IA sans âme ». La promesse répondait à un an de grogne, entre le modèle génératif Muse accueilli froidement par les joueurs et des studios essorés par les plans sociaux. Son prédécesseur écartait avant son départ toute directive imposée d’en haut et cantonnait l’IA à des usages discrets, la modération en tête. Le 13 octobre, cinq jours avant le fil de Brandon Stirrup, Microsoft officialisait pourtant Xbox Labs, une cellule d’expérimentation autour de l’IA confiée au directeur technique Scott Van Vliet.
L’enquête annuelle de la Game Developers Conference, publiée fin janvier auprès de 2 300 professionnels, compte 36 % d’utilisateurs d’IA générative, dont 30 % au sein de leur studio. 52 % des répondants jugent la technologie néfaste pour le secteur, contre 30 % un an plus tôt et 18 % en 2024, quand 7 % seulement y voient un effet positif. Un pointage de mars fait même retomber l’usage déclaré à 29 %. Epic Games, de son côté, a sommé ses équipes de se réoutiller pour une « accélération maximale par l’IA », jusqu’au lanceur maison, en partie « vibe codé » lui aussi. Le secteur s’équipe et se crispe dans le même mouvement.
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