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Scandale chez OpenAI : le FBI arrête un employé pour espionnage

Un sac oublié avec une carte d’identité, des recherches en ligne compromettantes et des modèles d’IA lâchés sur l’enquête : le dossier judiciaire visant un salarié d’OpenAI, arrêté par le FBI, frôle la parodie d’espionnage.

Fin septembre, les équipes de sécurité d’OpenAI ont découvert un enregistreur audio inséré dans un port USB, derrière la télévision d’une salle de réunion réservée à la direction, à San Francisco. L’appareil, jugé « sophistiqué » par l’entreprise, était dissimulé dans du papier toilette et avait été installé environ deux jours plus tôt. L’enquête interne a duré une dizaine de jours avant de livrer un nom, celui d’un salarié de la société.

Du papier toilette et un sac oublié

Les recherches en ligne du suspect, exhumées par les enquêteurs, portaient sur la fabrication, la personnalisation, l’installation, la dissimulation et l’accès à distance d’un enregistreur audio en continu. Une photographie versée au dossier le montre d’ailleurs en train de manipuler un enregistreur dans les locaux.

Un sac laissé sans surveillance dans une autre salle du bâtiment contenait le reste des pièces à conviction : un second enregistreur, rangé avec le portefeuille et la carte d’identité d’Abdulrahman Alfozan. Ce ressortissant saoudien aurait rejoint l’équipe produit en juillet 2025. D’autres appareils devaient suivre, d’après les éléments réunis par l’entreprise. Arrêté le 9 octobre, l’intéressé a été licencié dans la foulée et inculpé pour avoir utilisé un appareil destiné à intercepter des communications. Aucun mobile n’a été rendu public, et aucun commanditaire n’a été identifié pour l’heure.

Les modèles maison mis sur l’enquête

Pour remonter la piste, OpenAI a employé ses propres modèles d’intelligence artificielle, chargés de « comprendre l’appareil et d’où il venait ». L’entreprise a ensuite saisi le FBI, dont l’enquête se poursuit.

« À ce stade, nous n’avons aucun indice d’un accès inapproprié ou d’une exfiltration de poids de modèles, de code source ou de données de clients de la part de cet individu », assure la société.

Début octobre déjà, trois salariés, dont deux chercheurs en sécurité, avaient été licenciés pour avoir enfreint les règles internes de gestion des informations sensibles. En 2023, l’intrusion d’un pirate dans ses forums internes n’avait jamais été signalée au FBI. Cette fois, OpenAI a composé le numéro elle-même. Pour les laboratoires d’IA, dépositaires de secrets convoités, la menace s’invite désormais jusque dans les salles de réunion.

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Source : Gizmodo


Naïm Bada