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Pour entraîner Claude, Anthropic veut votre voix

Une nouvelle alerte apparaît dans les applications de Claude : l’assistant demande désormais la permission d’utiliser vos enregistrements vocaux pour entraîner les modèles d’Anthropic. Les pages de confidentialité de l’entreprise promettaient pourtant l’inverse il y a encore six mois.

Claude s’est mis à parler en mai 2025, et son mode vocal s’est depuis ouvert à toutes les offres, de la formule gratuite aux abonnements professionnels. Ce week-end, des captures d’écran venues de l’application ont dévoilé une fenêtre inédite au lancement de ces conversations. Le message : « Autorisez-nous à utiliser vos données vocales pour améliorer nos modèles d’IA », avec deux boutons, « Autoriser » et « Pas maintenant ». La collecte serait désactivée par défaut, pilotée par un interrupteur dédié dans les réglages de confidentialité, distinct de celui qui gouverne déjà les conversations écrites et le code.

Une promesse écrite noir sur blanc, toujours en ligne

La page d’aide consacrée à la dictée sur mobile, mise à jour le 16 mars 2026, affirme sans détour : « Nous n’utilisons pas votre voix pour entraîner nos modèles ». Le même document précise que l’audio est supprimé sitôt la transcription terminée. La nouvelle invite viserait, elle, les conversations vocales : un périmètre voisin, absent de cette documentation, qui reste en ligne telle quelle.

La politique de confidentialité entrée en vigueur le 10 septembre 2026 ne contient de son côté aucune clause sur la voix. Pour l’Espace économique européen, elle range le consentement parmi les bases légales de l’entraînement, et la fenêtre semble taillée pour ce cadre. Anthropic n’a pour l’instant confirmé ni le déploiement, ni son calendrier, ni la durée de conservation des enregistrements, d’où le conditionnel qui s’impose encore.

Après vos conversations et votre code, votre voix

Le 28 août 2025, Anthropic avait déjà retourné ses conditions grand public : conversations et sessions de code des offres Free, Pro et Max versées à l’entraînement, sauf refus de l’utilisateur. Qui acceptait voyait la conservation de ses données portée à cinq ans, et l’échéance du choix, fixée d’abord au 28 septembre, avait fini par glisser au 8 octobre. La fenêtre de l’époque arrivait surtout avec un interrupteur préréglé sur « activé ». Celle d’aujourd’hui ferait le chemin inverse, éteinte tant que l’utilisateur n’a rien touché.

En France, la CNIL décrivait dès 2020, dans son livre blanc consacré aux assistants vocaux, la voix comme « une sorte d’image sonore » de la personne. Le gendarme des données la classe parmi les données biométriques dès qu’elle sert à identifier quelqu’un. Un fichier audio transporte en effet bien plus que des mots : un accent, un état de forme, parfois les bruits du foyer. C’est ce qui en fait un carburant précieux pour des modèles qui apprennent la parole, et une donnée plus délicate à confier que du texte.

Pour l’heure, rien ne part de votre micro sans votre accord : la fenêtre se referme d’un « pas maintenant », et le réglage se vérifie à tout moment dans les paramètres de confidentialité de l’application. Un contrôle qui mérite d’être refait après les grosses mises à jour, le précédent de 2025 l’a montré. L’historique invite tout de même à garder un œil sur ces interrupteurs : entre une promesse de mars et une invite d’octobre, la doctrine maison sur vos données aura tenu six mois.

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Source : Bleeping Computer