Passer au contenu

Pierre Louette (Europ@web): “Développer des sociétés sur le long terme”

La société d’investissement se veut “une machine à construire des synergies”. Pierre Louette, directeur général de l’incubateur de Europ@web explique sa stratégie et ses méthodes.

Selon Pierre Louette, directeur marketing et communication chez Europ@web, la société choisit ses participations pour leur complémentarité. Le pôle industriel Internet de Bernard Arnault leur apporte aussi une assistance technologique, financière, juridique et opérationnelle. Et depuis quelques jours, Europ@web vient de formaliser sa structure d’incubation, Pierre Louette en est le directeur général.Vous venez juste d’installer la première société dans votre tout nouvel incubateur…Oui, nous avons la volonté de développer les sociétés sur le long terme, contrairement à un financier pur, qui entre au capital en connaissant déjà la date de sa sortie. Historiquement, nous avons joué le rôle d’incubateur pour Liberty Surf et Ze Bank. Mais, depuis la mi-juin, nous avons ouvert dans nos locaux de Boulogne une structure sur 1000 m2 pour accueillir des sociétés en incubation.
Nous pouvons déjà citer Webhelp France [Le site américain existe aujourd’hui, mais pas le site français, NDLR]. Une deuxième société s’est installée, mais je ne peux pas en dire plus. Trois ou quatre autres sont encore en négociation. Parfois, comme dans le cas de Webhelp, ces sont des sociétés étrangères dans lesquelles nous avons une participation et que nous aidons à s’installer en France.Comment choisissez-vous les sociétés dans lesquelles vous investissez ? Nous avons défini quatre secteurs d’intérêt : les portails, l’accès et les communautés, d’abord, les places de marché virtuelles, les technologies et les services pour Internet et, enfin, le commerce électronique, uniquement pour les produits numériques ou ceux à forte valeur ajoutée ou à forte marge. Aujourd’hui, nos quarante-sept participations appartiennent à l’une de ces quatre catégories.Comment gérez-vous la sélection proprement dite ? Deux personnes analysent les nombreux dossiers qui nous arrivent. Différents comités, de sélection, d’investissement et de due diligence, étudient les dossiers tour à tour. Nos critères de sélection sont, en partie, classiques : qualité de l’idée, modèle économique, équipe. Mais nous jugeons également la start-up sur sa capacité à entrer en synergie avec nos autres participations. Aujourd’hui il y a des dizaines de liens entre les quarante-sept sociétés. Par exemple, entre Liberty Surf et Aucland. Exceptionnellement, nous pouvons investir dans une idée très nouvelle qui n’a pas encore de synergie avec les autres.Après la levée de fonds, comment aidez-vous les start-up ? Nous avons mis en place une équipe de support spécialisée, complètement différente de celle qui travaille sur les négociations. L’aide que nous apportons aux sociétés est de quatre ordres. Une aide technologique avec une équipe de sept personnes qui peuvent les aider à sélectionner des prestataires ou à débugger leur site. Une équipe financière qui les aide, par exemple, à rechercher de nouveaux fonds car il n’est pas bon de rester en tête-à-tête avec les fondateurs.
Une équipe de juristes pour faire le montage juridique, vérifier la légalité du site, en assurer la protection légale, etc….Enfin, notre groupe opérationnel est une équipe de dirigeants expérimentés que je compare à un conseil d’administration qui se réunirait tous les jours. Nous employons, aujourd’hui, environ soixante personnes.Quelle est l’importance de l’international pour vous ? Nous sommes un groupe mondial. Plus de la moitié de nos participations sont dans des sociétés étrangères. Nous sommes présents dans neuf pays et onze villes (dont certaines sont situées sur les deux côtes des Etats-Unis). Nous pouvons donc aider les sociétés étrangères à s’installer en France et vice-versa (cross-incubation).

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Isabelle Boucq