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Noos abandonne les communes de l’est parisien

Le câblo-opérateur met fin à un conflit avec un syndicat intercommunal francilien. Il raccordera 70 000 nouveaux foyers mais renonce à neuf villes.

Les habitants de neuf communes proches de Paris* peuvent faire leur deuil du câble. Alors qu’ils auraient dû être un jour raccordés au réseau de Noos, ils viennent d’apprendre qu’ils ne figureront jamais parmi ses clients. C’est le
résultat d’un ‘ traité de paix ‘ entre le câblo-opérateur et le Sipperec**, un syndicat intercommunal francilien en charge d’électricité et de télécoms.L’accord comporte deux volets. D’une part, Noos va raccorder 70 000 nouveaux foyers d’ici à 2007 sur les plaques déjà existantes au nord et au sud de la capitale. ‘ Ces accords sont des avenants aux
contrats de concession que nous avions passés avec La Lyonnaise de communication
[Noos, NDLR] pour les plaques situées au nord et au sud de Paris. Il s’agit de poursuivre le câblage déjà amorcé et de le porter au minimum à
70 % sur les zones concernées ‘,
indique le Sipperec. A la fin 2005, la moyenne de couverture était de 59,9 % au nord de la capitale et de 56 % à la périphérie sud de Paris.D’autre part, c’est le second volet, Noos n’étendra pas son réseau sur le territoire du Sipperec. La construction de la ‘ plaque 3 ‘ sur les neuf communes situées majoritairement au nord-est de la capitale est
abandonnée. ‘ Nous nous sommes désengagés de ce contrat qui n’a jamais été rempli ‘, explique-t-on au Sipperec.

Une mauvaise publicité par un ancien ministre

En 2000, le câblo-opérateur Noos avait
remporté l’appel d’offres pour le déploiement de 150 000 nouvelles prises dans le cadre d’une délégation de service public. Le réseau devait être opérationnel en trois ans.
Mais les travaux n’ont jamais commencé. Fin 2004, le Sipperec avait décidé d’émettre des pénalités de retard à l’encontre de son prestataire, à raison de 3,34 euros par jour. A la mi-août 2005, face au montant réclamé (plus de 5 millions
d’euros) Noos saisissait le tribunal administratif pour résilier le contrat.Aujourd’hui, l’accord entre les deux parties met un terme aux procédures en cours. ‘ Mais il ne remet pas en cause les futurs projets de raccordement sur les communes de la plaque 3. Les membres du Sipperec
doivent se réunir la semaine prochaine à ce sujet. Il est fort probable qu’un nouvel appel d’offres soit lancé ‘,
explique un porte-parole du syndicat intercommunal.Chez Noos, on ne souhaite pas s’exprimer. Il faut dire que l’ancienne filiale de Suez a fort à faire en ce moment. Elle est en train de se restructurer,
après le rachat par sa maison mère de son concurrent, UPC, en juillet 2004. Elle doit également gérer la mauvaise publicité que lui fait l’ancien ministre délégué au Budget, Alain
Lambert. Sur son blog, il s’emeut des problèmes techniques et des relations kafkaïennes qu’il rencontre avec son câblo-opérateur.


* Bagnolet, Bobigny, Drancy, le Pré-Saint-Gervais, Nanterre, Nogent, Noisy-le-Sec, Romainville, Villemomble.


** Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication.

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Hélène Puel