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Ceci n’est pas un smartphone : le géant des cryptos Ledger dévoile Atom, un « coffre-fort » sous Android

Quelques jours après l’affaire des portefeuilles trafiqués, Ledger contre-attaque. Baptisé Atom, son nouvel appareil sous Android ressemble à s’y méprendre à un smartphone. Il promet de protéger vos cryptos et votre identité, et se veut paré pour l’avènement des agents IA.

Ce jeudi 15 octobre, Ledger, le fabricant français de portefeuilles crypto, a levé le voile sur Atom, un appareil qui tourne sous Android. Ledger ne parle d’ailleurs plus de « hardware wallet », mais de « signer », à savoir un appareil taillé pour signer des transactions sur la blockchain. Ce n’est pas un smartphone, mais si il y ressemble. Atom ne permet ni de passer des appels ni d’envoyer des SMS. Il se connecte à la 4G et à la 5G (via eSIM) uniquement pour les données Internet, précise Ledger.

« Ledger Atom ne remplace pas un téléphone : il protège ce que celui-ci ne peut pas sécuriser », résume Ledger dans son communiqué.

Avant de dévoiler Atom, Pascal Gauthier, le PDG de Ledger, a été obligé d’évoquer l’affaire des wallets piégés vendus par CryptoBilis, un revendeur d’Asie du Sud-Est. L’incident s’est soldé par le vol de plus de 86 millions de dollars en cryptos.

« Il y a un éléphant dans la pièce. Parlons de l’éléphant dans la pièce », a commencé le patron de Ledger.

Ledger attribue l’attaque à « un groupe criminel très organisé », qui a acheté de vrais wallets pendant des mois pour y cacher un composant espion. « Ce n’était pas une faille de notre puce, de notre système d’exploitation ou de nos serveurs », a souligné le dirigeant.

Ledger Atom vu de face et de dos
Ledger Atom, vu de face et de dos. © Ledger

« On ne peut pas manipuler une puce »

Le nom d’Atom ne vient pas de nulle part. En mars dernier, Pascal Gauthier a publié un essai intitulé « Revenge of the Atoms », soit « la revanche des atomes » en français. L’essai défend l’idée que face à l’IA et au quantique, le logiciel ne suffit plus pour assurer la sécurité des utilisateurs et des infrastructures.

« C’est une bataille de code contre code, et l’attaquant n’a besoin d’avoir raison qu’une seule fois », souligne Pascal Gauthier.

C’est pourquoi Ledger estime que la sécurité du futur repose sur l’utilisation d’un accessoire physique. L’entrepreneur souligne qu’« on ne peut pas manipuler une puce par ingénierie sociale ». Il explique vouloir faire de Ledger « l’infrastructure de sécurité de l’ère de l’IA et du quantique ».

« La question n’est plus : mon argent est-il en sécurité ? La question est : mon identité m’appartient-elle ? L’agent qui agit en mon nom est-il vraiment sous mon contrôle ? », ajoute le patron de Ledger.

Un smartphone… avec un coffre-fort à l’intérieur

Atom tourne sous Android Open Source Project (AOSP), la version open source d’Android. Vous pouvez y installer des applications du quotidien, comme WhatsApp, Instagram ou TikTok. L’appareil bascule automatiquement entre deux modes. Le mode « Standard » sert aux usages du quotidien, comme la navigation ou les réseaux sociaux. Le mode « Secure » s’active dès qu’il faut examiner et signer une transaction, ou répondre à une demande d’accès d’un agent IA.

Ledger Atom en mode Secure
En mode Secure, Ledger OS prend le contrôle de l’écran pour valider une transaction. © Ledger

Côté fiche technique, Atom embarque un écran AMOLED de 6,8 pouces, un capteur photo de 50 mégapixels, un lecteur d’empreintes et une batterie de 4 000 mAh. Sur le papier, on dirait vraiment un smartphone Android lambda.

Intérieur du Ledger Atom
Les entrailles de Ledger Atom. © Ledger

Une fois le mode sécurisé activé, c’est Ledger OS qui prend la main, sur une puce sécurisée (Secure Element). Ledger explique qu’une puce dédiée isole physiquement Android de l’écran et de la dalle tactile. Un virus installé sur le système d’exploitation ne peut donc pas falsifier ce que vous voyez au moment de valider une transaction. Ledger a aussi ajouté un interrupteur physique, qui coupe la caméra et le micro directement au niveau du circuit. Les deux sont aussi désactivés automatiquement en mode Secure.

Interrupteur de confidentialité du Ledger Atom
Un interrupteur physique coupe la caméra et le micro. © Ledger

Une réponse directe aux implants espions

Atom embarque les protections anti-falsification « les plus avancées » de Ledger à ce jour. Les composants sensibles sont enfermés dans une zone sécurisée, surveillée contre le perçage et l’ouverture. Des capteurs détectent toute tentative de retirer l’écran ou le boîtier. Ces capteurs fonctionnent sur une batterie séparée, même si l’appareil est éteint.

La coque arrière est liée à l’appareil. Il est impossible de la remplacer par celle d’un autre Atom. En réaction au scandale, Ledger précise qu’Atom ne sera vendu que sur son site officiel… du moins dans un premier temps. Fabriqué dans l’usine de Ledger au Vietnam, l’appareil ne sera pas confié aux revendeurs.

« L’agent ne détient jamais les clés »

Atom est pensé pour le monde des agents IA. Il s’appuie sur Agent Intent, une interface dévoilée par Ledger qui centralise les demandes d’approbation de vos agents, sans jamais leur donner accès à vos clés privées. Vous pourrez par exemple autoriser un agent à dépenser en toute autonomie sous un certain seuil. Au-delà, il devra obtenir votre validation physique sur l’appareil. Il est compatible avec tous les modèles de langage, de ChatGPT à Claude en passant par les modèles d’IA qui tournent en local. D’ailleurs, Ledger Atom sera livré avec l’agent OpenClaw préinstallé.

L’agent peut préparer une transaction, « mais il ne peut pas déplacer l’argent à moins que vous ne l’approuviez », a précisé Ian Rogers, de Ledger. « Tout ce que nous vous montrerons sur ce nouvel appareil, vous pouvez commencer à le faire dès maintenant avec le Signer que vous possédez déjà », a promis la société française. 

Ledger anticipe aussi l’arrivée des ordinateurs quantiques. « Quand le quantique arrivera, la majeure partie de la cryptographie actuelle sera cassée », prévient Pascal Gauthier. En clair, ces futures machines pourraient venir à bout des protections qui sécurisent aujourd’hui vos cryptos et vos messages. Atom s’appuie donc déjà sur les nouvelles normes de chiffrement « post-quantique » du NIST, l’institut américain des normes, prises en charge directement par sa puce sécurisée.

Prix et disponibilité

Le Ledger Atom est proposé à 849 euros. Les précommandes sont d’ores et déjà ouvertes sur le site de Ledger. La sortie est prévue dans le courant de l’été 2027, sous réserve des certifications réglementaires.

Ce tarif est réservé à un nombre limité d’exemplaires de la « Founders Edition ». Après le lancement, Atom passera à 899 euros. Les premiers réservataires recevront aussi un bon de 50 euros en bitcoins et trois mois offerts de Ledger Recover, le service payant de sauvegarde de la phrase de récupération.

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