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Data centers étrangers en France : les opposants se multiplient et exigent un moratoire

Ce jeudi 8 octobre, François Ruffin va déposer une proposition de résolution, non contraignante, appelant à un moratoire sur les centres de données extra-européens. Alors que les projets de data centers menés par des acteurs extra-européens se multiplient en France, la question de la souveraineté numérique risque de devenir centrale.

La question des centres de données extra-européens établis en France risque de devenir un sujet central du débat sur la souveraineté numérique. En juillet dernier, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a recommandé un moratoire sur les projets de data centers extra-européens, estimant que leur développement pouvait renforcer les dépendances numériques de la France. En septembre, Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise (LFI), a lui aussi appelé à un moratoire sur les data centers non souverains.

Comme le rapporte Libération, François Ruffin, député de la Somme et candidat à l’élection présidentielle, va annoncer ce jeudi 8 octobre le dépôt d’une proposition de résolution, non contraignante, appelant à un moratoire sur les centres de données non souverains, c’est-à-dire extra-européens. 

Les projets de data centers extra européens se multiplient en France

Amazon Web Services exploite plusieurs data centers en France. Google a annoncé son intention de construire un data center à Étrechet (Indre), sur près de 200 hectares. Le groupe japonais SoftBank a annoncé la construction de plusieurs data centers en France, notamment à Bosquel (Somme), Bouchain (Nord) et Dunkerque, tout en promettant jusqu’à 75 milliards d’euros d’investissements dans des data centers dédiés à l’intelligence artificielle. Il ne s’agit là que de quelques exemples. La course à l’intelligence artificielle s’accélère et les grandes entreprises multiplient les investissements pour la soutenir, notamment en France. 

Mais ces investissements ne sont clairement pas vus d’un bon œil par tous. Les raisons sont multiples. Des associations environnementales dénoncent notamment la construction de certains de ces data centers sur des zones naturelles préservées. D’autres estiment que la France n’a pas à héberger des informations qui peuvent parfois être sensibles. Mais le point de friction le plus important, du moins pour la classe politique, est sans doute celui de la souveraineté numérique. Certes, la France profite d’investissements de plusieurs milliards d’euros, mais ce sont in fine des entreprises extra-européennes qui bénéficient des datacenters et qui conservent le contrôle de ces infrastructures stratégiques.

Une situation parfois plus compliquée qu’il n’y paraît

Un campus de data centers, baptisé Campus IA et dédié à l’intelligence artificielle, devrait être construit à Fouju, en Seine-et-Marne. Le projet représente un investissement de 50 milliards de dollars et est présenté comme l’un des plus grands d’Europe. Il est notamment porté par l’entreprise émiratie MGX et le fabricant américain de puces Nvidia, mais aussi par le français Mistral AI. Que faire alors dans ce cas-ci ? Supporter Mistral ou bloquer les entreprises extra-européennes ? 

De façon plus générale, bon nombre d’acteurs français de la tech sont impliqués dans des projets de data centers en France, aux côtés d’entreprises extra-européennes. En revanche, il faut dire qu’Elon Musk nous a récemment rappelé l’importance d’établir une souveraineté européenne, que ce soit dans l’aérospatial ou l’IA.

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Source : Libération