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Blues de Noël pour la Net-économie américaine

Multiplication des faillites, avalanche de licenciements, mauvais résultats du e-commerce, chute du marché publicitaire sur le Web, le Nasdaq au plus mal : tous les signaux de l’Internet américain sont au rouge. Même certains magazines
consacrés à la Net-économie comme salon.com ou Red Herring commencent à réduire leurs ambitions.

Personne n’espérait un remake de l’année dernière, quand le tout-Internet comptait ses stocks-options et proclamait la mort de l’ancienne économie. Mais personne ne s’attendait à ce que la déprime soit si caractérisée
Outre-Atlantique.Alors qu’ils se vantaient de ne dormir que quelques heures par nuit pour mettre la dernière main à leur future entreprise ” .com “, les employés du secteur des nouvelles technologies se disent aujourd’hui las. La période
des fêtes n’arrange rien.En moins d’une année, des milliers d’employés de ” start-up ” ont été remerciés et une centaine de sociétés américaines de l’Internet ont mis la clé sous la porte.A l’approche de Noël, certaines entreprises ont annulé leur soirée annuelle, d’autres ont donné une semaine de congés sans solde à leur personnel pour tenter de joindre les deux bouts. D’autres encore n’ont pas tenu le coup.
BizBuyer.com, site californien de vente interentreprises, a annoncé mercredi qu’il fermait, licenciant d’un seul coup ses 190 employés.Onvia.com, société de commerce en ligne, a réduit de près de moitié ses effectifs, moins de deux mois après une première vague de licenciements massifs. Cependant, Onvia mérite
probablement le prix de la compassion. Alors que certaines sociétés de l’Internet donnent tout juste quelques heures à leurs ex-collaborateurs pour quitter leur bureau, le site de Seattle a donné 60 jours de préavis à son personnel et plusieurs mois
de salaire de dédommagements.Justin Jaffe n’a pas eu cette chance. Il était en Europe quand il a appris que son entreprise, la librairie en ligne
BigWords.com, fermait boutique et ne lui verserait qu’une semaine de salaire, qui lui fut versée en chèque… sans provision.
“Vous vous souvenez comme c’était marrant ?”
Si cette anecdote est révélatrice, il y a eu d’autres signes, beaucoup plus officiels, prouvant qu’Internet n’a pas changé les habitudes des consommateurs aussi rapidement que certains l’avaient espéré. Une étude a montré que, à
l’approche de Noël, les gens préféraient retourner dans les centres commerciaux plutôt que de prendre le risque de faire confiance aux sites de commerce en ligne quand ils leur assuraient pouvoir livrer leurs cadeaux à temps, même s’ils étaient
commandés le 23 décembre au soir.Coup dur pour les sites Internet tentant avec difficulté de faire des bénéfices, une autre enquête a révélé que les dépenses publicitaires en ligne étaient en baisse au quatrième trimestre pour la première fois dans la courte histoire
du Web.Les employés du secteur ne sont pas les seuls à souffrir. Les analystes de Wall Street ont été pris de court par les investisseurs en valeurs high-tech, qui ont vidé leurs portefeuilles au cours des derniers mois.
“Vous vous souvenez comme c’était marrant d’être un analyste spécialiste de l’internet”, soupire Scott Reamer, de la maison de courtage S.G.Cowen and Co, qui a passé la semaine à expliquer à ses clients, pourquoi
il fallait rester éloigné des anciennes vedettes des marchés telles que Yahoo ou Amazon.Com alors que leurs prix étaient proches de leurs plus bas de l’année.Autre communauté touchée par cette déprime des dot-com : le petit groupe de journalistes couvrant l’Internet ou écrivant pour des publications en ligne. Le magazine Red Herring, qui couvre la partie technologique de
la nouvelle économie, et le magazine en ligne Salon.com ont tous deux annoncé des licenciements cette semaine. Seul FuckedCompany.com, site compilant les derniers échecs en date dans la sphère des sociétés de l’Internet, tire
son épingle du jeu. Devant la débâcle, la direction du site a décidé de mettre à jour ses pages non plus une fois par semaine mais tous les jours, voire heure par heure.

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la rédaction (avec Reuters)