Pour son quatrième épisode, la série de Sega, qui oscille avec talent et constance entre le beat’em up et le jeu de rôle minimaliste, a une bonne idée. Au lieu de ne suivre que Kiryu Kazuma, le héros des itérations précédentes, on a droit à quatre personnages, forgés dans l’acier le plus dur. Quatre héros hauts en couleur, un ex-yakuza taulard, un ex-yakuza redresseur de torts, un jeune flic ripoux pas si ripoux et un ex-banquier ex-SDF prêteur sur gage un peu particulier. Quatre héros et une même trame. C’est d’ailleurs l’histoire qui porte le jeu et met également en exergue son défaut majeur.
Une belle histoire
Au fil des vingt heures que dure l’aventure principale, on apprécie le talent narratif et les cinématiques. On sourit aux clichés très nippons, presque naïfs, de ces « pourris » plus chevaleresques qu’autre chose. On se marre même franchement en découvrant certains rebondissements si improbables qu’on a peur de ne pas avoir compris, le jeu étant en VO sous-titrée en anglais.
Mais c’est également cette histoire qui montre que Yakuza 4 souffre de grosses lacunes. Ainsi, Sega ne réussit pas à dérouler sa trame dans l’action. On peut ainsi enchaîner une cinématique, puis une phase de discussion dirigiste sans rien avoir à faire qu’à appuyer sur le bouton X avant de se payer une autre cinématique pour enfin repartir dans la rue et tabasser des Street Punks. Jamais au fil d’un combat, d’unes phase d’action on ne fait avancer l’histoire. On est ici à des années-lumière du savoir-faire d’éditeur comme Rockstar Games.
Trop de raideur
Une raideur narrative et des mécaniques de jeu huilées mais vieillottes, malgré une plus grande variété dans les styles de combat introduites par la présence de nouveaux personnages. Sega a également un peu amélioré « l’ouverture » de Kamurocho, le quartier où se déroule l’action. Il est ainsi possible de visiter les toits et certains nouveaux bâtiments. Pourtant, les balades sur les toits sont assez limitées et répétitives. Et pour accéder à certains raccourcis ou certaines zones de jeu, il faudra utiliser un personnage bien précis.
Bon malgré tout
On est donc dans un monde ouvert mais plutôt clos, contraint de laisser passer certaines missions annexes parce que le scénario ne le permet pas, ce qui raccourcit un peu la durée de vie du jeu, lors de la première partie. Pour autant, Yakuza 4 réussit une fois encore, dans son genre, à donner envie d’avancer, de connaître l’histoire et offre ce qu’il a de meilleur, un Japon contemporain réaliste mais un peu aseptisé plutôt plaisant.
Difficile dès lors de ne pas le conseiller, mais on vous aura prévenu. C’est un poil vieillot pas tant dans les graphismes, plutôt jolis, que pour tout le reste.
@ Le test en 140 signes
Pas vilain, porté par une belle histoire, Yakuza 4 a plus l’air d’un conte moderne dirigiste que d’un cousin nippon de GTA.
points positifs
points négatifs

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