Prenez un Need for Speed pour le réalisme de l'environnement, la modélisation réussie des voitures existantes et la conduite exigeante mais très arcade. Découpez en petites lamelles le gameplay historique de Mario Kart et incorporez le tout en mélangeant très vite pour obtenir une bonne émulsion. Il y a des chances que vous vous trouviez face à un Blur du plus bel effet.
Mario Kart irl
Avec ses couleurs pétantes et ses effets troublants et jouissifs, Blur est, d'emblée, un plaisir pour les yeux. Sa prise en main est très classique pour ce qui est de la conduite. En mode solo, il propose d'enchaîner des courses pour débloquer de nouvelles voitures, de nouveaux circuits et en définitive un affrontement en tête à tête avec le champion (ou la championne) du cru.
Si la conduite, les dérapages notamment, peuvent faire la différence dans la course, les power-ups (on peut en stocker jusqu'à trois) permettront également de creuser un écart mais jamais de renverser le cours d'une course. Le triple tir, le missile à tête chercheuse, la mine, tout cela n'est pas sans rappeler certaines trouvailles de Mario Kart. A la différence près, donc, qu'on ne trouvera pas de carapace bleue ni de boulet de canon. Comprendre par là des « bonus » surpuissants qui permettent de se refaire quand le début de course a été particulièrement laborieux.
Power-ups and down
Les power-ups sont un peu trop « timorés » en définitive, non pas dans leur variété mais dans leur efficacité. On finira rarement la course au volant d'une épave, et les bonus les plus puissants n'entraîneront finalement qu'un tonneau qui vous laissera libre de repartir de plus belle, légèrement pénalisé. En définitive, il ne change pas foncièrement l'esprit de la course. Pas plus que les différents « raccourcis » proposés sur tous les circuits. C'est en cela, peut-être, que Blur ne donne pas entière satisfaction. On est dans un jeu visiblement bourrin, mais qui ne va pas jusqu'au bout de la démarche. Même si certains modes donnent le sourire.
Ainsi, un des moments les plus défoulants du mode solo reste les Destructions. Ce sont des courses contre la montre lors desquelles il faut détruire des voitures en leur tirant dessus pour gagner quelques secondes de répit. Dans ces sortes de récréations du mode solo, on retrouve un peu le degré de jubilation offert par un Burnout, par exemple.
Eat my dust, world
Le solo est donc agréable, sans finesse, mais ce sont les modes multijoueurs qui font la différence, tout en étant très « gros bourrin qui tache ». Si l'on perd en lisibilité, notamment quand on atteint le nombre limite de joueurs (20), et en sens stratégique, on y gagne une durée de vie allongée et un plaisir de jeu approfondi. Non pas dans les courses « classiques », où il s'agit de foncer tête baissée vers la ligne d'arrivée en serrant les fesses et en essayant de prendre le plus possible de bonus, lesquels réapparaissent de toute façon tellement vite que vos poursuivants pourront s'en équiper également.
Mais le mode Annihilation, avec son côté gladiateurs motorisés, n'est pas déplaisant. Par ailleurs, le multi a de très beaux atouts pour durer. Tout d'abord, la possibilité de jouer à quatre en écran partagé ou en liaison multiconsole. C'est toujours mieux de voir la tête de ceux qu'on vient d'humilier à 2 mètres de la ligne d'arrivée. Ensuite, parce qu'il est possible de jouer en équipe, ce qui réduit le côté bourrin et renforce l'aspect tactique. Et le système d'expérience devrait éviter de se retrouver face à des joueurs beaucoup plus chevronnés.
Pied au plancher
Blur est très plaisant à prendre en main, plutôt fun bien qu'on ait de la peine à rêver au volant d'une Clio, même en version sport. On regrette toutefois le relatif manque de puissance des power-ups et le fait que la tactique importe peu. En définitive, si tout cela est agréable et fait de Blur un des meilleurs jeux récents de ce genre, on garde toujours au cœur une place pour les Burnout premiers du nom.
points positifs
points négatifs

test










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