Nombreux sont les aigris qui rêvent de voir la PSP entre quatre planches, morte et enterrée au profit de l'iPhone, de la DS ou d'une PSP 2. Mais la garce bouge encore, malgré sa surcharge pondérale tellement 2005, son écran qui commence à fatiguer, son autonomie lamentable et ses UMD antédiluviens. Metal Gear Solid : Peace Walker démontre qu'elle en a encore dans le ventre, poussant jusqu'au dernier retranchement ses limites au service d'un jeu magnifique et sans concessions. Hideo Kojima, créateur de la série, signe un chef-d'œuvre sur une console moribonde et la fait entrer définitivement dans la légende.
Le serpent nu
MGSPW nous propose de rencontrer un très célèbre membre de la famille Snake, surnommé Naked Snake ou Big Boss. Mais si, vous l'avez déjà vu : c'est le héros de Metal Gear Solid 3 ! C'est surtout le père génétique de Solid Snake, d'où un certain air de famille avec le héros de MGS 4. Vous perdez pied dans cette saga familiale ? C'est normal, saint Kojima dispense un évangile que seuls les plus aguerris peuvent suivre... Quoi qu'il en soit, Naked Snake est un personnage clé de la saga MGS et c'est son ascension que Peace Walker nous propose de suivre. Un conseil, ne zappez pas les cinématiques, surtout que certaines sont interactives !
Militaires sans frontières
Le Costa Rica est menacé par une mystérieuse milice en cette belle année 1974 : la constitution du pays interdisant l'usage de forces armées, le gouvernement n'a d'autre choix que de faire appel à des professionnels de la guerre. En l'occurrence Militaires sans frontières, une ONG un peu spéciale fondée par Naked Snake. Non, ce ne sont pas des mercenaires : ils sont épris d'un idéal de justice, plus encore qu'ils ne le sont de l'argent ! MGSPW vous met aux commandes de l'organisation dans la deuxième partie de son gameplay (la première étant les missions de Snake, dont nous parlerons un peu plus loin). A l'instar d'un XCOM, il faut gérer la base en répartissant les effectifs, veiller au bien-être de ses troupes, allouer un budget à la recherche, s'occuper de prisonniers... Un véritable jeu de management se dévoile alors, dans lequel de nombreux paramètres rentrent en ligne de compte. C'est passionnant, complètement inattendu et plutôt complexe : la plus-value apportée au jeu s'avère énorme. C'est en utilisant astucieusement votre base que vous vous rendrez la vie plus facile lors des missions, en développant, entre autres, de nouveaux matériels de guerre (fusils, grenades, gadgets...) L'interface est dense mais claire, parfaitement adaptée à l'ergonomie de la console.
Serpent à sonnette (d'alarme)
Se comporter comme un chef d'entreprise n'est pas la vocation première de Naked Snake, plus à l'aise en treillis dans la gadoue qu'en Berlutti sur des tapis en mohair. Pour que la boîte tourne, il faut des résultats et l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ! C'est donc Snake qui se coltine les principales missions de l'aventure. Comme dans un MGS traditionnel, l'essentiel du jeu repose sur la furtivité et l'audace. Utiliser le bon gadget au bon moment est aussi vital que d'avoir le doigt sûr lorsque l'on utilise un fusil de sniper, mais la survie passe avant tout par une excellente compréhension de l'environnement de jeu. A l'inverse de Splinter Cell, la saga MGS reste un authentique jeu d'infiltration, sanctionnant sans sommation le bourrin ou le distrait... Un challenge de taille, qui devient encore plus problématique lorsque l'on joue à plusieurs. MGSPW propose en effet un mode en coopératif réussi, pompé sur le cador du genre Monster Hunter. La seule différence, c'est qu'ici les dinosaures sont des tanks !
Serpent venimeux ?
Technologiquement, MGSPW se situe au-delà des reproches. Il représente le must de ce qui peut se faire sur PSP, mais, malheureusement, nous rappelle les limitations de la machine à travers son ergonomie. Kojima et son équipe ont fait de leur mieux mais, hélas, l'absence d'un second stick analogique se fait douloureusement ressentir, gâchant un tantinet le plaisir de jeu par une lourdeur inopportune. Le titre demandant de plus une précision extrême, il peut arriver que les missions tournent à la catastrophe suite à une mauvaise manipulation ou à cause de la lenteur de la visée. Passer en automatique n'est hélas pas une solution miracle... La difficulté pourra également énerver les moins patients : MGSPW n'est pas un jeu grand public. Il s'adresse aux fans patients, prêts à sacrifier de longues heures sur leur portable. En échange, il leur ouvrira les portes de l'un des plus passionnants volets de la saga MGS, amoureusement conçu par son réalisateur jusqu'au-boutiste. Merci, M. Kojima. Vous nous ferez le même en mieux sur PS3, s'il vous plaît ?
points positifs
- Réalisation impeccable, au top de ce que peut faire la PSP
- Un jeu extrêmement riche et varié
- L'évolution du héros et la gestion de la base
- Le multijoueur efficace
points négatifs

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