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Aliens vs Predator sur Xbox 360

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Editeur : Sega     Développeur : Rebellion 2000 AD
Les adaptations donnent rarement de bons jeux, dit-on ? Une nouvelle fois, AvP prouve le contraire. Quel pied !
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Aliens vs Predator : pourquoi on en redemande

Attention ! Ce test a été réalisé par un fan de la saga Alien, de Metroid et du PSG. Son avis est donc à prendre avec les pincettes qui s'imposent.  

Sur la planète tropicale BG-386, la colonie Freya est coupée du reste de la galaxie depuis trois mois : seuls les scientifiques du complexe militaro-industriel Weyland Yutani sont autorisés à s'y rendre. La planète abrite un trésor brut de technologie : un sanctuaire Prédator.

Mais pour une raison inconnue, la sécurité du laboratoire est désactivée, la ruche d'Aliens à l'étude, libérée, et voilà la colonie envahie ! C'est le début d'une guerre à trois : les Marines appelés en renfort vont tenter de survivre, les Prédators, de laver l'affront sur leur terre sacrée, et les Aliens, de s'échapper et d'essaimer.

AvP installe ainsi une narration originale. Plutôt que de raconter l'aventure des Marines pendant dix heures, il propose de prendre part à un scénario choral. Humains, Predators et Aliens vivent en effet les mêmes événements, les dernières heures de la planète BG-386, mais chacun d'un point de vue différent. Les trois campagnes peuvent être menées en parallèle (pas besoin de finir l'une pour en lancer une autre), et dans l'ordre qui vous plaît. 

Ce qu'il faut savoir
D'un point de vue extérieur, Aliens vs Predator est un FPS à l'ancienne, avec une réalisation plutôt « 2006 », voire des mécaniques très « 2002 ». En effet, on y cherche en vain un moteur graphique, des interactions avec les décors, ou la possibilité de créer des réactions en chaîne. A l'exception des Aliens, les différentes factions ne rivalisent pas d'intelligence. Les énigmes se résument à de simples interrupteurs à trouver et à activer, ce qui, du reste, ne pose aucun souci, dans la mesure où l'aventure est très guidée.

Enfin, les dix-sept missions que dure le mode solo se finissent en tout juste dix heures. Il faut passer aux difficultés supérieures ou s'attaquer aux modes multijoueur ou survie pour faire valoir son investissement dans le temps. Bref, sur les critères habituels d'un test jeu vidéo, Aliens vs Predator n'a pas grand-chose d'exceptionnel. On lui mettrait un petit 3/5 pour la route.

De Vasquez à Tequila

Mais d'un point de vue plus subjectif - celui d'un amateur d'Alien et de la saga -, AvP est une monstrueuse réussite. Chaque niveau, chaque recoin, chaque arme, chaque gadget et même chaque ligne de dialogue est un clin d'œil au fan qui sommeille. Ainsi de l'héroïne secondaire, Tequila, hommage assumé au soldat Vasquez dans Aliens le retour de James Cameron.

Les xénomorphes sont abondamment décrits comme des « organismes parfaits, sans remords, sans pitié », lointains échos à la cultissime tirade de l'androïde Ash dans Le Huitième Passager Vous n'avez pas encore compris à qui vous avez affaire ? Un parfait organisme. Et sa perfection structurale n'a d'égale que son hostilité. (...) J'admire sa pureté. Un survivant qui n'est pas souillé par la conscience, le remords, ou les illusions de la moralité. »)

Même le son des douilles du fusil à impulsion ou du cribleur, la visée par balayage laser des drones sentinelles, le cri perçant des xénomorphes, leur déploiement lent, visqueux et gracile lorsqu'ils s'extraient d'un mur ou d'une ventilation, ou encore le bip-bip stressant du radar à présence, chaque détail vibre comme un délicieux hommage, précis, tatillon et émouvant au film de Cameron.    

Comme à la maison (coloniale)
Et même si techniquement, AvP n'est pas le plus impressionnant, il sait, par la magie d'un décor majestueux, un jeu de lumière dynamique ou un plan serré entre deux scènes, créer l'adhésion totale à son univers. Et puis, comment résister à cette reconstitution minutieuse et amoureuse des déplacements de l'Alien ? La créature de H.G. Gigger rampe, bondit, attrape, surgit et se cache avec une félinité confondante.

Leurs déplacements sinueux, leurs gestes soudains, leur démarche arachnéenne ou encore leurs attaques en groupe donnent aux xénomorphes une épaisseur confondante. On n'affronte pas un ennemi dans un jeu vidéo, non. On affronte des Aliens, des vrais, encore plus vrais que s'ils existaient vraiment. Et dans leur sadisme, les développeurs n'ont pas oublié d'accentuer la pression sur la campagne Marine - la meilleure en termes de rythme et d'immersion.

Les Aliens se tapissent dans l'obscurité et pour les déceler, on a tout juste une maigre lampe torche, des tubes incandescents rougeâtres et éphémères, et le fameux détecteur de mouvements qui oublie toujours sciemment d'indiquer si le xénomorphe, censé apparaître devant vous, ne serait pas plutôt dans un conduit, au plafond, prêt à fondre sur vous par le dessus... 

Moi Predator, moi voir, moi tuer
L'aventure Marine, qui dure environ cinq heures, évoque au final un mélange entre Doom pour l'arsenal futuriste et Resident Evil pour les couloirs oppressants et le sentiment de confinement, le stress et les sursauts. La campagne Predator, elle, se rapproche davantage de Crysis et de Metroid Prime. On retrouve en effet à la fois cette sensation de toute puissance, cette aisance à s'affranchir des lois physiques, comme la gravité, et ce sens du gadget qui permet de multiplier les visions thermiques.

La possibilité de se rendre invisible et de guetter ses proies dans la jungle ou les marais rappelle immédiatement le premier Predator de John Mc Tiernan. Si les premières minutes déboussolent, la faute à un arsenal riche et une prise en main complexe, on finit par s'approprier la puissance supériorité du Chasseur. Ainsi, tandis que les Marines sont égarés, impuissants et vulnérables au milieu du sanctuaire Predator, ce dernier chasse, lui, en terre connue, avec un équipement bien meilleur et un sentiment de puissance délicieux. 

Enfin, il faut finir la campagne Predator - elle dure quatre heures - pour comprendre la fin de la campagne Marine. La pyramide où se concluent les deux aventures (mais différemment) évoque le premier film Aliens vs Predator. Mais sans rentrer dans les spoilers, sachez qu'en termes de surprises, le scénario donnerait une belle suite au film Aliens vs Predator 2 - et on en a déjà trop dit. 

Sam Fisher, sors de ce xénomorphe
Reste la campagne de no 6, le xénomorphe échappé de son laboratoire, qui commence comme Alien la résurrection de Jean-Pierre Jeunet. Plus encore qu'à Splinter Cell pour son culte de l'ombre et de la furtivité, elle ressemble à The Darkness, pour sa rage bestiale, sa vivacité démoniaque et ses capacités inhumaines. Ce pan de l'histoire est en effet le plus atypique.

Dans la peau du xénomorphe, on jouit soudain d'une rapidité de déplacement inouïe, d'une vue grand angle à 180°, d'un odorama qui permet de repérer les ennemis à distance, mais aussi de la possibilité de s'affranchir de la gravité pour courir, indifféremment, aux murs ou au plafond. Gare au mal de cœur, au moins au début ! Si les six lieux traversés lors des dix-sept missions sont les mêmes, chaque faction permet de les redécouvrir différemment.

La partie Alien permet ainsi d'accéder à des recoins insoupçonnés, comme les conduits d'aération dans les mines, avec ses pales de ventilateurs aux ombres portées, et ses couleurs ocre et sépia, superbes clin d'œil au mal-aimé Alien 3. Si l'aventure du xénomorphe est la plus courte (à peine deux heures) et la plus inégale, elle réserve quelques moments de bravoure mémorables, comme la fuite hors du laboratoire dans la peau d'une créature terrorisante, ou l'infiltration de la base Marine, lumières cassées, en jouant au chat et à la souris avec les humains déconfits. 

Le chaud et le froid
Au final ? Aliens vs Predator est un jeu qui fait froid dans le dos, mais chaud au cœur. Impossible de le considérer comme un jeu d'une maîtrise parfaite - il pose quelques soucis de prise en main et plus rarement de cohérence - mais dans l'ensemble, il rend minutieusement hommage aux deux sagas et drague le fan avec un savoir-faire indiscutable et une roublardise de tous les instants. Des jeux aussi appliqués et respectueux de leur licence, on en veut plus, et s'il vous plaît, des un peu plus longs.

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