Ceux qui s'attendent à un pur MMO de shoot vont être déçus. All Points Bulletin (APB) est bien un shoot, et il reprend certaines recettes des jeux massivement multijoueurs dans des univers persistants. Il serait d'ailleurs à rapprocher plutôt d'un Counter Strike scénarisé que d'un GTA en MMO. Un shoot en ligne et multijoueur où votre avatar évoluera au fil du temps, qui se déroule dans un univers urbain, contemporain, « gratte-cielisé », où vous allez vite vous rendre compte que votre apparence physique aura presque plus d'importance que les missions à accomplir.
Shootez avec classe
En effet, après avoir choisi d'incarner un criminel ou un membre des forces de l'ordre, vous vous retrouvez nez à nez avec l'outil de customisation d'avatar le plus bluffant qu'il nous ait été donné de voir (si si !). C'est simple, le nombre de paramètres modifiables (cheveux, poids, âge, sourcils, taille des chevilles…) n'a aucun équivalent à ce jour. Si vous ne pourrez exagérer en donnant vie, par exemple, à une nouvelle race d'alien, vous pourrez vraiment créer l'avatar humain dont vous rêvez.
Passé les premières missions, il est également possible de changer ses vêtements, de s'équiper d'accessoires, d'adopter piercing et tatouages, etc. Même chose pour votre bagnole. Le vice est poussé jusqu'à vous permettre de créer vos propres musiques et votre thème perso (joué à chaque fois que vous descendez un ennemi, très énervant !). Cette personnalisation très poussée, même si elle fait un peu gadget, est vraiment appréciable. Et, quand vous en aurez marre de jouer à la poupée, allez dans un des deux districts action pour jouer au gendarme et au voleur.
Bouge de mon quartier
Le jeu est en effet divisé en trois districts principaux. Le quartier social (où vous modifiez votre avatar et tentez de le sociabiliser un brin) et les deux districts action. Vous évoluez entre eux quand et comme bon vous semble. Seul un écran de chargement un peu longuet les sépare. Les districts action, deux gigantesques quartiers de la ville de San Paro, sont en fait des instances comptant une centaine de joueurs (cinquante de chaque camp en moyenne).
Lorsque vous vous lancez dans un district action, vous apparaissez près d'un contact de votre organisation. Plus vous réalisez de missions pour ce contact, plus votre réputation évolue, débloquant ainsi de nouvelles armes, de nouveaux vêtements, voitures et améliorations en tout genre.
Matchmaking et groupe
D'entrée de jeu, on vous propose de rejoindre des amis ou de parfaits inconnus (avec qui vous pourrez discuter en vocal si vous avez casque et micro ; notez d'ailleurs qu'il est fortement recommandé de parler anglais). Vous pourrez alors réaliser les missions avec eux, et le jeu vous opposera automatiquement un groupe adverse grâce à un matchmaking totalement transparent et plutôt bien équilibré. Trois excellents joueurs qui ne sont quasiment pas morts depuis un bail pourront par exemple faire leur mission contre huit joueurs de plus faible niveau. En revanche, même si vous voyez des bastons se dérouler un peu partout dans la ville, vous ne pourrez shooter que vos adversaires ou les « joueurs stars » de la faction ennemie.
Je shoote donc je suis
Le principe du jeu est donc original, mais on regrette que les missions soient aussi répétitives et limitées. Elles se bornent fréquemment à se rendre au point A pour s'emparer d'un objet, à le rapporter au point B, à forcer la planque d'un indic au point C et enfin à nettoyer toute la bleusaille ou la racaille qui vous empêcherait de tenir le point D.
Tout dans le jeu a d'ailleurs été pensé pour être simple. Accessible. Très casual. Et c'est presque exagéré. Le fait de pouvoir réaliser toutes les actions en pressant la seule touche F est une bonne chose. Mais réduire le gunfight ou la conduite des véhicules à leur plus simple expression nous a clairement laissés sur notre faim : pas de localisation des blessures, pas de roulade, une conduite archibasique où vous passez votre temps à déraper au frein à main…
En mode combat, vous pouvez sprinter, sauter, vous accroupir, viser ; le reste sera fonction de la qualité de votre arme, de votre strafe et de la couverture proche. Vous mourez ? Vous réapparaissez 7 secondes plus tard à 100 mètres du lieu de l'action et vous retournez dans la bataille. On aurait aimé plus de profondeur dans les combats, qui sont l'essence du jeu, mais aussi dans le jeu de groupe, qui, lui, se limite à « Tu couvres cet accès, moi celui-là ».
Conseil de classe
Au bout du compte, APB divise, et, vu l'offre actuelle et le modèle économique proposé (l'achat du jeu vous permettra de jouer 50 heures dans les districts action, ensuite vous devrez payer vos heures supplémentaires), on n'est pas convaincus. Nous avons affaire à un titre purement online, qui doit évoluer, et nous ne pouvons que lui conseiller de développer de nouveaux districts action avec des règles un peu différentes (localisation de blessures, snipe toléré, mode hardcore…). En l'état, on joue de temps à autre pour caler une dent creuse, mais les motivations sont tellement maigres, l'impression de toujours faire la même chose tellement présente, qu'on décroche très vite. On ne le conseille vraiment qu'aux archi-inconditionnels de gunfights urbains qui ne savent pas quoi faire de leur été (et qui adorent jouer à la poupée).
points positifs
- La simplicité de la prise en main
- Les possibilités de personnalisation proprement incroyables (avatar, fringues, voiture)
- La discussion audio intégrée
- Les missions à plusieurs (bons) joueurs
- La possibilité d'importer ses morceaux de musique
- Le fait de se balader à quatre dans une caisse en tirant sur tout ce qui bouge
points négatifs

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