La publicité le promet, Operation Flashpoint : Dragon Rising, c'est « la guerre comme si vous y étiez ». Pour une fois, la catchline est loin d'être mensongère. Bon, il est vrai que, si la mort a une fâcheuse tendance à être fatale dans la réalité vraie, elle reste un simple contretemps dans le monde du jeu vidéo. Il n'empêche qu'Operation Flashpoint (OF) est un jeu difficile, exigeant, qui s'efforce de ne pas prendre le joueur pour un imbécile et pour lequel il va falloir consciencieusement désapprendre les réflexes acquis à force de Call of Duty.
Il n'y a pas que le skill dans la vie…
Car, pour situer la chose, un tactical FPS tel qu'OF a autant de rapports avec un FPS classique que le free fight a à voir avec le chifoumi. Débarqué sur une île au large du Japon, en guerre avec la Chine, vous allez devoir non pas descendre toute l'armée de l'empire du Milieu à vous tout seul, mais agir avec discernement, atteindre les objectifs qu'on vous a fixés, attendre votre heure pour frapper au bon moment, calculer la trajectoire de vos balles, panser la moindre plaie, prendre soin de vos hommes ou vous la jouer pilote ou sniper le temps de certaines missions.
Pourtant, depuis le premier épisode, en 2001, l'eau a coulé sous les ponts, et les développeurs originels sont partis créer une nouvelle licence de FPS réalistes, « Armed Assault ». Pour cet OF nouvelle génération, Codemasters a décidé de rendre les choses un peu plus accessibles, notamment sur console. Cette volonté, on la retrouve dès le menu, quand il s'agit de choisir son mode de difficulté.
En Normal, comme dans la plupart des FPS « modernes », des pastilles indiquent votre prochain objectif. Des checkpoints apparaissent même à l'écran, vous proposant un itinéraire idéal. Il faut dire que les différentes missions du jeu se passent sur une seule, unique et très grande île et qu'un ou deux kilomètres séparent régulièrement chaque objectif. Cerise sur le gâteau : en Normal, toujours, vos coéquipiers décédés réapparaissent automatiquement à chaque étape.
… il y a la team aussi !
En Expérimenté, ensuite, l'expérience devient déjà plus réaliste. Plus de résurrection miraculeuse, plus de pastille indiquant le prochain objectif dans votre champ de vision, plus de « détrompeur » pour venir vous indiquer discrètement mais fermement que vous êtes en train de viser un soldat allié. Enfin, en Hardcore, pour le coup, c'est comme dans la pub. La guerre comme si on y était. Plus d'interface, plus rien pour assister le joueur. On est seul, avec son arme, les trois hommes sous son commandement et les ordres, rares, lapidaires, de son supérieur dans le casque.
Sans aller jusque-là, OF est de toute façon difficile. Même le mode Normal, que le manuel conseille aux « joueurs peu familiers des FPS », pourra vous donner un peu de fil à retordre. Reste qu'un tactical FPS, ça s'apprécie tout de même mieux si vos coéquipiers ne réapparaissent pas par magie au moindre incident. Ça se savoure en prenant son temps, couché dans l'herbe à flanc de colline, en observant les patrouilles ennemies à la jumelle, en ne perdant pas une miette des communications radio, en employant intelligemment ses hommes, en n'hésitant pas à faire appel à l'artillerie quand il le faut et, surtout en sachant viser correctement ce soldat à 500 mètres. En étant prêt aussi à recommencer plusieurs fois chaque mission. Car, bien souvent, une balle égale un mort. Et l'ennemi ne se fera pas prier quand il s'agira de vous le rappeler.
« Chef oui chef ! »
Sa position ambiguë (trop facile pour les hardcore gamers, trop dur pour les habitués des FPS « normaux ») n'est pas le seul défaut d'Operation Flashpoint : Dragon Rising. Graphiquement, par exemple, c'est assez terne, répétitif, et la modélisation des personnages fait de la peine. Mais l'île, touffue, vaste et crédible, vaut bien ce sacrifice. L'intelligence artificielle (IA), surtout, est une cause permanente de frustration, entre les soldats qui ne réagissent pas, ou mal, et un système d'ordres guère pratique. A contrario, les troupes gérées par l'ordinateur prennent parfois presque trop d'initiatives, à tel point qu'il nous est arrivé de réussir une ou deux missions sans trop comprendre comment.
La durée de vie est également à la traîne (onze missions), mais, comme pour le premier Operation Flashpoint, il faudra normalement compter avec les missions développées par les joueurs eux-mêmes. Déjà, en l'état, joué une première fois en Normal, pour se faire la main, et une deuxième fois, pourquoi pas en coop' (jusqu'à quatre), avec une difficulté plus élevée, pour souffrir, Dragon Rising réserve quelques bonnes heures de balles qui sifflent à quelques centimètres des oreilles et de trekking entre kakis.
points positifs
- Les trois modes de difficulté, plutôt bien vus
- Le jeu exigeant malgré son arrivée sur console
- L'île vaste, crédible, assez belle
points négatifs

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