Il pleut sur New Mombasa. Et pas de la vulgaire pluie de bas étage, non, mais des soldats de l'Orbital Drop Shock Troopers (ODST), s'il vous plaît. Le genre de troupes surentraînées, balancées là pour faire le sale boulot en attendant que Master Chief et ses potes viennent ramasser les lauriers.
Déjà que débarquer dans une ville occupée par les Covenants, sur le papier, ce n'est pas de la tarte, mais il a fallu que la technique fasse des siennes. Voilà que le commando d'élite se retrouve dispersé aux quatre coins de la ville. Vous-même, affectueusement surnommé le Bleu par vos frères d'armes, vous retrouvez suspendu dans votre capsule, à une dizaine de mètres du sol. Le temps de presser quelques boutons (un prétexte pour vous faire reprendre l'interface en main), et vous voilà à terre, libre, mais sonné. Et surtout, perdu en plein territoire urbain hostile.
Quand on arrive en ville
Car, contrairement aux précédents épisodes (et notamment à Halo 3), ODST se déroule en majeure partie en ville. Une cité futuriste, ravagée, occupée par les aliens. Partout le chaos, les ruines, des traces de l'exode massif imposé en urgence à la population : un distributeur bugué qui crache des billets désormais inutiles, des véhicules emboutis regroupés en un amas informe de tôle… et, partout aussi, l'obscurité.
La nouvelle fonction dite VISR n'est pas de trop pour s'y retrouver. En plus d'accroître la luminosité, elle forme un halo rouge autour des ennemis et un autre, jaune, autour des objets… « Trop facile ! » hurlent déjà les puristes. Ils n'ont pas tort, mais, après tout, on peut activer et désactiver la fonction d'une simple pression sur le bouton idoine, alors on se calme, les puristes.
Mais les particularités d'un ODST ne s'arrêtent pas là. Contrairement à Master Chief, vous ne possédez pas d'armure surpuissante vous permettant de courir plus vite et de sauter plus haut. Pas plus que de bouclier, même si celui-ci est remplacé par un système d'endurance assez semblable. En cas de blessure, il vous faudra vous soigner à l'une des bornes dispersées dans la ville, comme tout un chacun. Evitez d'oublier votre carte Vitale.
Sous l'armure, un petit cœur qui bat
En ce qui concerne le gameplay proprement dit ainsi que le graphisme, pas de surprise : ODST et Halo 3 se ressemblent comme deux gouttes de sang. Autrement dit, les fans vont adorer. Mais, surprise, ceux qui ont toujours été réticents à pénétrer dans l'univers de Master Chief pourraient bien se laisser séduire. ODST développe en effet une ambiance mélancolique, une certaine poésie urbaine, rarement rencontrée dans le monde de brutes du FPS. Ce n'est pas Bioshock non plus, mais ça change.
Dans la peau du Bleu, au cœur d'une mégalopole fantôme, vous errez de balise en balise, avec une très relative (mais assez bien simulée) liberté de déplacement, à la recherche de vos camarades perdus. En trouvant ici un casque, là une arme leur ayant appartenu, vous déclenchez une mission « flash-back », plus proche de ce que l'on connaît de « Halo », c'est-à-dire épique et basse du front. Mais, une fois la mission accomplie (et les happy ends sont rarement au rendez-vous), vous êtes de retour dans la peau du Bleu. Retour dans la nuit, retour dans la ville morte. Retour à cette ambiance jazzy, où vous êtes terriblement seul, au cœur d'une guerre qui semble perdue d'avance. ODST, le premier FPS triste. Snif.
Du multi pour tous les goûts
Mais oh ! hey ! faudrait pas oublier que « Halo », c'est un truc de mecs, de vrais, qui fraguent du noob à la chaîne en rigolant fort et en se grattant les parties. Et quoi de mieux pour donner libre cours à nos plus martiales pulsions qu'une bonne vieille coop' virile ? Alors, comme d'habitude, on peut bien sûr faire la campagne simultanément, à quatre (avec deux consoles). Mais la nouveauté, c'est un mode Firefight réjouissant. Une « nouveauté » toute relative, car on est très près ici du mode Hordes de Gears of War 2. C'est-à-dire qu'on forme une petite équipe soudée, qui va se prendre, dans une map fermée, un gros paquet de vilains sur la tronche. Le but : tenir le plus longtemps possible. Ou, éventuellement, finir les quinze manches.
A noter que Bungie a aussi pensé aux rares acheteurs d'ODST qui ne se seraient pas laissé séduire plus tôt par Halo 3. En plus du DVD du jeu, le boîtier comprend, sur un second disque, le mode multi du troisième opus, pour communier tous ensemble dans la joie et l'allégresse. Avec trois maps en bonus, histoire de convaincre par ailleurs les nombreux accros de la vieille école de franchir le Rubicon. Rhâââ ! ils sont forts, chez Bungie, quand même.
points positifs
- Les qualités du gameplay de « Halo »
- La narration plus subtile que d'habitude
- Les deux modes multi pour un jeu
points négatifs

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