Toujours se méfier des apparences! On donnerait le bon dieu sans confession à ce petit pingouin bleu, avec son regard attendrissant et sa démarche pataude. En regardant d'un peu plus près la jaquette du jeu, on s'aperçoit que le palmipède est affublé d'un gros coutelas... Certainement pour se donner un air de dur et compenser sa petite taille. Pas très connu sous nos latitudes, Prinny le pingouin est une star dans l'archipel nippon: c'est la mascotte de Nippon Ichi, un studio de développement très réputé pour sa série de jeux de rôles Disgaea (dont l'un des volets vient de sortir en Europe sur PS3). Prinny va enfin accomplir le rêve de sa vie en tenant le premier rôle d'un jeu vidéo, d'où le sous-titre «Can I really be the hero».
Pas pour les manchots
Ne tournons pas autour de la banquise: Prinny est l'un des plus jolis jeux de la PSP, tirant pleinement parti du bel écran 16/9 de la console portable de Sony. Modélisé en vraie-fausse 2D, le jeu affiche avec fierté son héritage 8-bits, avec ses couleurs éclatantes, ses petits personnages remarquablement animés et sa prise en main immédiate.
Prinny ne tourne pas le dos à son époque en proposant de beaux raffinements techniques ravissant la rétine, comme avec ce bel effet de profondeur de champ lors de l'attaque aérienne, ou les tympans, avec sa musique tonitruante. Nippon Ichi signe l'un des jeux de plate-forme PSP les plus séduisants visuellement. Mais sous ses airs angéliques se cache en fait l'un des titres les plus vicieux qui soit... Prinny est d'une difficulté incroyable, intransigeant et exigeant, sollicitant les réflexes tout autant que le mental du joueur, happé par le piège infernal concocté par les développeurs.
La marche de l'empereur
Prinny donne 1000 vies à son héros, ce qui n'est pas vraiment habituel... La facilité des premiers niveaux endort la vigilance: le pingouin est réactif, doté d'une attaque plutôt efficace et saute avec précision là où on lui demande. Les adversaires, pas vraiment résistants, se font laminer en quelques coups lors des premières minutes.
Le ton va ensuite se durcir au fil des niveaux, avec par exemple des ennemis invincibles, ne laissant d'autre choix que d'esquiver en sautant au millimètre près entre des plates-formes mobiles asynchrones. On ne parlera pas des combats contre d'impitoyables boss survenant à chaque fin de niveau. Et pourtant, on peut y arriver si l'on s'accroche! C'est à ces moments que l'on apprécie le fait d'avoir un millier de vies... Si l'on ne craque pas, on aura le privilège de découvrir de magnifiques niveaux conçus par des designers au sommet de la perversité, habités par des dizaines de monstres aussi jolis que létaux.
Tout ça pour retrouver les ingrédients servant à cuisiner le meilleur dessert du monde, que voilà une quête inutile! Sa futilité et son excellence technologique, combinés à sa difficulté surréaliste, rendent ce titre complètement indispensable aux joueurs les plus aguerris. Les blasés et les curieux devraient également jeter un œil sur cette atypique production, nipponne jusqu'au moindre pixel.
points positifs
points négatifs

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