On dira ce qu'on voudra des Nazis, mais question utilisation de la magie, ils ont toujours été plutôt réglos. Avec Wolfenstein, id Software a pourtant décidé d'en faire de dangereux maniaques de l'ésotérique, prêts à tout pour ouvrir un passage vers une autre dimension et une source d'énergie infinie, appelée Soleil Noir. Heureusement, un homme possède un artefact venu de cette dimension, dont les pouvoirs vont lui permettre d'arrêter les SS. Et cet homme, par une heureuse coïncidence, c'est vous.
Wolfenstein est un peu au FPS ce qu'Indiana Jones est au film d'aventure en feutre mou. Même contexte historique, même combat contre les nazis, même délires archéo-fantaisistes, et surtout même statut culte. Sans Wolfenstein 3D, sorti il y a plus de 15 ans, ses couloirs, ses armes à feu, et surtout sa vue à la première personne, le monde des FPS n'aurait sans doute pas grand-chose à voir avec ce qu'on connaît aujourd'hui. Mais on ne fait pas une carrière sur un concept. Pour donner un second souffle à la série, les développeurs ont visiblement cherche l'inspiration du côté de jeux plus récents. The Darkness par exemple. Même si Wolfenstein n'a pas le charme lugubre du titre de Starbreeze, on y retrouve la même gestion des pouvoirs, le même univers parallèle peu rassurant, la même nécessité de « recharger » son potentiel magique (dans l'ombre pour The Darkness, dans des puits de vapeur magique dans Wolfenstein).
Wolfenstein lève le Voile
Car même s'il se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, Wolfenstein n'a pas grand-chose de Call of Duty. Rapidement, en plus du traditionnel arsenal du soldat des années 40, il va vous falloir vous habituer à passer de l'autre côté du Voile, en appuyant sur la gâchette RB. Vous entrez alors de plain-pied dans un monde parallèle verdâtre, où flottent des Gheists, sortes de baudruches animales et globalement inoffensives. Un monde dans lequel une pression sur une direction de la croix libérera un pouvoir bien utile pour la réussite de votre quête. Le contrôle du temps (vos ennemis et leurs balles sont ralentis façon Matrix), le bouclier, et la surpuissance (vos ballent deviennent tellement puissantes qu'elles transpercent les champs de force ennemis). Rien de follement original, mais la chose est plutôt bien implantée, et installe un peu de subtilité dans un jeu par ailleurs très bas du front, tout en conférant au joueur un réel sentiment de puissance.
Histoire de renouveler un peu son gameplay, Wolfenstein adopte aussi des atours de free-roamer à la mode. Comprenez qu'entre deux missions, on est libre de se balader dans une petite ville allemande, Isenstadt, recelant quelques planques, magasins d'armes, et patrouilles allemandes. On vient prendre ses ordres et éventuellement choisir ses missions dans les QG de résistants, tandis qu'au marché noir, on peut acheter des modifications pour ses armes et ses pouvoirs grâce à l'argent trouvé en mission. Un bon point pour l'immersion, mais comme la ville est somme toute aussi peu ouverte qu'un gros couloir, et que les missions secondaires sont de toutes façons très rarement ouvertes et que l'ordre dans lequel on décidera d'enchaîner les missions n'a que peu d'importance, ça s'arrête là. A vrai dire, davantage qu'à une vraie ville, Isenstadt ressemble plus à de la poudre aux yeux, un moyen bien pratique de faire perdre du temps au joueur en incessants allers-retours et prolonger un peu plus la durée de vie du titre. D'autant plus regrettable que le scénario souffre de cette pseudo-liberté, les missions saucissonnées s'enchaînant sans queue ni tête, et surtout sans prendre le temps d'installer correctement un univers cohérent. On a du coup du mal à se passionner pour cette histoire de SS magiciens décousue et, autant le dire, assez bidon.
Che n'ai pas chanché
Le soupçon de remplissage plane également sur l'or et les bonus à débusquer. C'est qu'il y en a énormément, trop peut-être pour être honnête. Mais à la réflexion, on excusera l'usage de cette ficelle un peu grossière : après tout, dans le premier Wolfenstein la recherche de trésor ne faisait-elle pas intégralement partie du plaisir? Ce nouveau volet ne nous épargne d'ailleurs pas les clins d'œil plus ou moins appuyés aux premiers épisodes : passages secrets (certains murs disparaissent quand on passe dans le Voile), certains murs disparaissent pour laisser place à), mutants, jusqu'à la présence au casting d'Hans Grosse, le boss du premier épisode de Wolfenstein 3D.
Tout aussi sympathique soit-il, Wolfenstein est un jeu qui fera grincer quelques dents. Le gameplay, clairement orienté console, ne plaira sans doute pas à tout le monde. C'est arcade, c'est bourrin, sans le semblant de finesse dont aiment à se parer les FPS ces derniers temps. Ici, il faut écharper du nazi fluo à la chaîne, et ça marche plutôt bien. Même si pour cela, il faut surmonter une IA aux comportements assez étranges (c'est rare, mais il arrive que les adversaires ne réagissent pas). Les armes ont plutôt un bon feeling, mais la visée assistée, terriblement permissive, rend l'ironsight souvent inutile. On peut heureusement désactiver cette option, du moins sur PC. Sans parler évidemment de la bonne grosse boussole qui prend le joueur pour un débile en lui interdisant de se perdre une seule seconde, et de la vie qui remonte toute seule, comme dans n'importe quel FPS console. Bref, ce n'est pas très dur, et à part un boss ou deux plus revêches, on se balade la fleur au fusil pendant la majeure partie de l'aventure.
Grincheux s'abstenir
Non, si on aime bien Wolfenstein, ce n'est pas pour tout ça. Ni pour ses graphismes très quelconques. Mais tout simplement pour la dose de fun qu'il procure. Après tout, le premier Wolfenstein à son époque, n'était pas un modèle de finesse, et ne présentait guère d'autre intérêt que ceux de flinguer du nazi et de taper des kilomètres de mur à la recherche d'un passage secret. Dans le genre bas du front, ce nouveau Wolfenstein n'est pas mal non plus. Il se paye même le luxe d'être le seul FPS « Seconde Guerre Mondiale » rafraîchissant vu depuis longtemps.
points positifs
- Un solo fun qui ne se prend pas la tête
- Les niveaux variés
- Les pouvoirs et l'impression de puissance
points négatifs

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