Se déroulant dix ans après le premier épisode, Bioshock 2 propose de retourner visiter la ville sous-marine de Rapture, la cité utopiste imaginée par Andrew Ryan. Le concept politique de Rapture partait d’une bonne intention : liberté et collectivisme, le tout saupoudré de quelques doses de plasmides modifiant les capacités physiques des habitants. Le bonheur par la génétique, tout le monde pouvant devenir aussi beau et intelligent que Mickael Vendetta.
Une belle idée comme cela ne pouvait que mal tourner : les bonbons aux anticorps du bon docteur Ryan ont passablement cramé le cortex de leurs usagers, rebaptisés Splicers, devenus aussi chaleureux que des pitbulls enragés soignés à la cocaïne. C’est le chaos dans la ville, mais vous le saviez déjà si vous avez parcouru Bioshock.
Daddy cool, ou pas
Cette fois, c’est dans le scaphandre d’un Big Daddy que l’on arpente les ruines de Rapture. Pour ceux qui n’en ont jamais rencontré, un Big Daddy est un humanoïde de grande taille peu bavard (il a tendance à chanter comme une baleine), chargé de veiller sur des petites filles mutantes indispensables à la production de plasmides. A la place de la main droite, le Big Daddy dispose d’une foreuse, très utile pour trépaner les vilains Splicers qui oseraient enquiquiner sa protégée. Dans la gauche, une arme à feu. Bref, un char d’assaut sur pattes, tout de même suffisamment véloce et malin pour survivre dans cette déliquescence urbaine.
Par le miracle d’une souplesse scénaristique, on se réveille en tant que Delta, un vieux modèle que l’on croyait définitivement réformé. Delta n’a que très peu de souvenirs, se rappelant simplement le prénom et le visage de sa petite protégée. A l’instar d’un King Kong, le colosse s’ébranle et n’hésite pas à braver l’enfer de Rapture pour retrouver sa brune amie. Un scénario bien plus classique que son modèle, mais qui reste efficace.
Le même, en mieux
L’efficacité est d’ailleurs le maître mot de Bioshock 2 : hormis pour le scénario, ce titre surpasse sur tous les plans son modèle. Le moteur 3D est mieux employé, avec des effets spéciaux plus poussés et des environnements encore plus complexes, bardés d’effets lumineux et de reflets. C’est également plus fluide et un peu plus véloce.
La sensation de lourdeur éprouvée lors des premières minutes de jeu s’estompe dès l’acquisition d’un plasmide améliorant la vitesse de marche. Le système de progression reste identique, avec une personnalisation des compétences du personnage simplement plus étoffée.
Dans Bioshock 2, on ne prend plus de photo des monstres mais on les filme : là aussi, l’idée de base a simplement été améliorée. Côté arsenal, c’est la même chose, la foreuse remplaçant la clé de 12 du premier jeu, mais on gagne largement au change.
Fouiner plus pour gagner plus
L’atmosphère, rouage essentiel de Bioshock, est à la hauteur de ce que l’on attendait, avec des ambiances graphiques et sonores relevées d’un cran. Un régal pour ceux qui découvrent, un peu plus conventionnel pour les vétérans, mais cela reste unique et immersif, d’une finition exceptionnelle. L’amélioration la plus notable réside dans la taille des niveaux, beaucoup plus grands et truffés de centaines de recoins, planques à objets cachés et bonus divers.
Les plus pressés d’entre vous suivront la boussole magique leur indiquant où aller sans perdre de temps. Sinon, il est plus que conseillé de dévier du droit chemin pour aller fouiner et gaver son inventaire… si vous perdre ne vous effraie pas. La conception des niveaux est exceptionnellement peaufinée, même si cela ne se remarque pas au premier coup d’œil. La durée de vie du titre est fortement influencée par cela : comptez une douzaine d’heures en allant vite, le double si vous avez envie de récupérer tous les bonus.
Suite de luxe
La difficulté est plutôt relevée en mode normal, les sournois Splicers abusant de l’angle mort de votre champ de vision pour vous larder : abordez les fusillades avec prudence et prévoyez toujours une sortie de secours ! Pensez également à poser des pièges ou à détourner à votre compte le système de sécurité de Rapture. On regrettera la simplification du minijeu de piratage , c’est d’ailleurs le seul point sur lequel le jeu régresse. Quand au mode multijoueur, il est réussi bien qu’un peu fouillis en raison d’une topographie assez… spéciale.
Conservateur mais incontestablement réussi, Bioshock 2 gagne en plaisir et en beauté ce qu’il perd en effet de surprise. Une suite de ce calibre, on en redemande tous les jours !
points positifs
- C'est plus beau, plus long, plus tout !
- L'atmosphère unique
- Une suite qui fait honneur à son modèle
- Un excellent mélange de tir et d'exploration
points négatifs

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