Des épées et des soldats. Rarement, depuis Pacman, un jeu aura été aussi bien résumé par son titre. A tout point de vue d'ailleurs, Swords & Soldiers n'a pas peur d'aller droit au but. De la stratégie temps réel, il ne garde en effet que l'ossature, la proverbiale et substantifique moelle: des péons qui vont à la mine, trois camps hauts en couleur (Vikings, Aztèques et Chinois) et des unités aux spécificités bien marquées qui se foncent dessus tête baissée.
Une guerre de Lemmings
Il a quoi de si génial, ce Swords & Soldiers, alors? Déjà, à l'heure où même un simulateur de gnous se doit d'être en Full 3D «bumpmappé» de partout, voilà un jeu qui fait le pari audacieux du gameplay en 1D. Oui, une dimension. Imaginez votre QG tout à gauche d'un niveau vu de côté, comme un jeu de plates-formes à l'ancienne.
Entraînez une unité, et elle s'élancera vers la droite de l'écran, avec une détermination que n'aurait pas reniée un Lemming. Elle rencontre une unité ennemie qui vient en sens inverse? Impossible de sonner la retraite ou de tenter un contournement: les deux soldats se battront jusqu'à la mort, quoi qu'il arrive. Swords & Soldiers est une sorte de simulateur de ligne de front, toute bataille étant condamnée à se terminer en une mégabaston foutrement réjouissante.
Ne fuyez pas!
Vu comme ça, ça ne fait pas nécessairement envie. Mais Swords & Soldiers a deux très sérieux atouts pour lui. Son «micro-management» accessible mais nerveux et son univers rigolo. Pour ce qui est de la gestion de vos troupes, rien de plus simple. L'action la plus complexe demande trois pressions sur la touche A.
Les péons vont automatiquement récolter de l'or, qu'il vous revient de dépenser pour acquérir technologies et unités. Vous possédez également une jauge de mana qui se remplit lentement, mais qu'il est possible de booster. Pour cela, les Chinois construisent de gros Bouddhas par exemple, tandis que les Aztèques sacrifient leurs unités.
L'art délicat du micro-management
La difficulté est de réussir à jongler entre ces quelques paramètres sans perdre une seconde: aussitôt produit, un soldat se jette en effet sur ses ennemis et seul, il risque de passer un sale quart d'heure. Il ne vous reste alors plus qu'à apprendre à vous servir correctement de vos unités.
Quatre différentes par camp, plus les péons et d'éventuelles créatures magiques qui passent parfois faire coucou: c'est peu. Mais monter une armée cohérente est un art délicat. Et apprendre à utiliser à bon escient le nécromancien aztèque, les berserkers vikings, les singes ninjas chinois, sans oublier ses sorts, s'avère vite indispensable.
Un gros piment rouge
Si on aime tellement Swords & Soldiers, c'est aussi pour son univers gentiment débile, ses graphismes 2D mignons et dingues, ses dialogues loufoques. Sans oublier sa quête absurde: mettre la main sur le trésor de guerre ultime, le Graal de ces temps troublés... en fait un très gros piment rouge. Malheureusement, cette quête est bien courte: chacune des trois campagnes comprend dix missions, qui se terminent en deux minutes pour les plus courtes, en vingt minutes pour les plus longues.
Toutefois, rappelons que Swords & Soldiers ne coûte que 10 euros. Et que son mode multi est aussi drôle qu'un bon vieux STR qui aurait copulé avec un Worms, malheureusement réservé à deux joueurs en local. Quel dommage qu'on ne puisse pas se battre en ligne!















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