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WET (Xbox 360)

  • test jeu vidéo Xbox 360 :  WET (Xbox 360)
  • test jeu vidéo PS3 : WET (Xbox 360)
Editeur : Bethesda Softworks     Développeur : Artificial Mind and Movement (A2M)
Avec son esthétique de cinéma bis et d'éternel remake, on ne s'étonnera pas d'avoir affaire à un authentique nanar.
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WET boit la tasse

Mère porteuse de 70 ans, brebis clonée à l'infini, visage de pop star black transformé en monstre albinos... parfois, la science va trop loin. C'est encore le cas avec WET, créature hybride fabriquée de toutes pièces, à partir d'un ovocyte de Stranglehold, d'un fragment d'ADN d'Uncharted, et d'une rognure d'ongle de Madworld.

On se retrouve donc devant un TPS bien violent, mêlant action et cabrioles avec bullet time intégré. Vous savez, cet effet hérité de Matrix, qui permet de ralentir le temps à chaque cascade? Autant dire qu'il va falloir vous y faire. Déjà parce que contrairement à d'autres jeux du genre, dans WET, on peut en user et en abuser autant qu'on veut, puisqu'aucune jauge ne vient en limiter les effets. Ensuite parce que les cascades, c'est un peu la raison d'être de WET.
Glissade sur les genoux, course le long des murs, barres asymétriques, et surtout plongeon en avant à la John Woo, un flingue dans chaque main, en visant deux adversaires en même temps. Une figure acrobatico-balistique d'ailleurs au cœur du gameplay, puisque Rubi, notre héroïne, vise automatiquement l'ennemi le plus proche avec une arme, tandis qu'on peut en viser manuellement un second de l'autre.

Chérie, ça va couper
A moins qu'on ne préfère aux armes à feu le sabre que ne quitte jamais Rubi. Car WET est un peu au film Grindhouse post-Kill Bill ce que Max Payne était au film noir. Si les dialogues inutilement vulgaires (en combat, la Rubi classieuse et taiseuse des cinématiques se mut en grosse dondon jurant comme une charretière) et le scénario indigent creusent assez péniblement l'esthétique cinoche années 1970 du jeu, le grain volontairement sale et les effets façon vieille pellicule de mauvaise qualité s'en sortent d'autant mieux qu'ils servent assez efficacement de cache-misère à des graphismes par ailleurs très quelconques. Les développeurs n'y sont en revanche pas allés de main morte sur les gerbes de sang et les mises à mort spectaculaires. Tant mieux pour les amateurs de gore.

On ne peut toutefois que regretter que derrière ce parti pris intéressant, la maniabilité se révèle vraiment pataude. Car Rubi se la joue parfois Lara Croft du dimanche, mais avec un succès modéré. On a alors l'impression que WET joue à notre place. Très linéaire, mais pas assez fermé, le jeu sanctionne chaque tentative de sortir des sentiers battus par une chute fatale et un game over frustrant, faute de réussir à dissimuler l'étroitesse de ses niveaux. On peste aussi contre des sauts a priori évidents mais en fait impossibles car pas prévus par les développeurs, tandis que certains précipices de la largeur de la faille de San Andreas se franchissent les doigts dans le nez.
En fait, WET a trop souvent des allures de QTE géant... On pense par exemple au simple fait d'ouvrir une porte, deux, trois, cinq fois par niveau, ce qui donne systématiquement droit au martellement non-stop d'un bouton X qui ne nous a rien fait. Dans le même genre, le dernier des treize niveaux est probablement l'un des plus risibles qu'il nous ait été donné de voir. On vous laisse la (mauvaise) surprise.

Five bullets in the head
Cascades et baston, disait-on. Eh bien, pour ce qui est des combats proprement dit, WET déçoit aussi. Les ennemis y sont capables d'encaisser de pleins chargeurs sans broncher. Et faire un headshot n'y changera pas grand-chose, vu qu'il est courant que cinq ou six balles en pleine tête ne suffisent pas à venir à bout d'un adversaire. Dommage, parce que par ailleurs, l'aventure va plutôt en se bonifiant. On peut en effet acheter, grâce à des «points de style», de nouveaux mouvements pour notre Rubi et des améliorations pour nos armes en mousse. Le jeu aurait sans doute été beaucoup plus drôle si, dès le début des aventures, Rubi avait pu utiliser avec autant d'aisance son sabre et son flingue.

WET bénéficie de plus de quelques passages épiques très sympas, qui tirent l'aventure vers le haut. Les phases de «furie» par exemple, durant lesquelles la Rubi s'énerve, voit en rouge, noir et blanc, tandis que l'efficacité de ses armes est décuplée. Ca fait très Madworld et, de temps en temps, on s'approche de près de l'intensité gore du titre de Platinium. Il faut aussi parler de la B.O. de très grand standing, remplie de bons gros morceaux rockabilly péchus à souhait. La B.O. idéale pour un jeu qui a finalement tout, les défauts comme le charme, d'un bon nanar.

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