C'est bien connu, les scientifiques racontent généralement n'importe
quoi. Pourtant, il semblerait que, pour une fois, ils aient vu juste.
Après des siècles à s'amuser au détriment de la Nature, l'Homme devait
bien finir par payer l'addition un jour ou l'autre. Le retour de bâton
a été sévère, et de mortelles tempêtes, façon spectacle pyrotechnique à
gros budget, ont fini par s'abattre sur une population qui n'en
demandait pas tant.
Si les forces de l'Échelon ont réussi à se réfugier à temps dans des
abris, histoire d'attendre l'accalmie au chaud, les civils n'ont pas eu
cette chance. Atrocement mutilés, victimes de mutations leur conférant
des pouvoirs paranormaux, les plus extrémistes de ceux qu'on appelle
désormais les Sai sont bien décidés à prendre leur revanche. Ça tombe
bien, l'Échelon fait justement mine de sortir de son terrier, pour
s'emparer des ruines du monde.
Plus facile à faire qu'à dire
Stormrise est un jeu de stratégie plein de bonnes intentions, et
pas seulement du fait de son scénario vaguement éco-responsable. A
l'origine du projet, il y a la branche australienne de The Creative
Assembly, les responsables des très cultes «Total War».
De leur propre aveu, Stormrise n'est qu'un prétexte pour
exploiter une interface développée un peu par hasard pendant les
pauses-déjeuner, dont l'objectif affiché est de remplacer
avantageusement l'indétrônable combo clavier-souris cher aux joueurs de
STR. Ainsi, sur console, le joystick droit permet de diriger à 360° une
ligne partant du centre de l'écran, afin de désigner l'icône qui
surmonte tous les bâtiments et unités, même cachés à l'autre bout de la
carte. Immédiatement, la caméra se fixe derrière l'objet de votre
attention. Pour le reste, le bouton X envoie l'unité sélectionnée là où
se trouve votre curseur. Voilà pour les grandes lignes.
En pratique, c'est pratique
Le résultat, ingénieux, permet de faire des allers-retours sur le champ
de bataille en un clin d'œil, encore plus rapidement, sinon plus
précisément, qu'avec une souris. L'autre bonne idée, c'est de proposer
de grandes zones de guerre, souvent en milieu urbain, et d'offrir la
possibilité au joueur de se percher sur tout immeuble ou de pénétrer
dans le moindre souterrain: la promesse de riches subtilités tactiques.
De riches idées
Le tout est au service d'un gameplay d'une profondeur
honnête pour un jeu de stratégie orienté «console». Par exemple, le
champ de bataille est émaillé d'un réseau de points de contrôle. Plus
on contrôle de générateurs contigus, plus on gagne d'«énergie», une
ressource qui permet de les transformer en tourelles de défense, en
boucliers, en raffineries (boostant la production d'énergie), ou en
téléporteurs. Ces derniers étant nécessaires pour s'adjoindre les
services de nouvelles unités, parmi les dix différentes de chaque camp.
Et comme chacune d'elles possède différentes aptitudes particulières,
sur le papier, il y a plutôt de quoi se réjouir.
Pire que les Sai: les bugs
Problème: les bonnes intentions ne suffisent pas à faire de
bons jeux. Pour commencer, la fameuse interface révolutionnaire aurait
mérité d'être peaufinée. Quand on n'a qu'une poignée d'unités, en
désigner l'icône est une partie de plaisir. Quand il y en a des
dizaines, que les icônes se ressemblent toutes plus ou moins, et sont
aussi petites que ternes, ça complique la donne.
L'autre gros souci de Stormrise,
c'est sa finition. Sega nous a promis un patch pour la sortie du jeu,
donc laissons-lui le bénéfice du doute pour le moment. Mais il convient
tout de même de constater que, en l'état, l'IA est d'une nullité crasse
et possède une capacité d'initiative digne d'un pangolin empaillé.
Il manque aussi de nombreuses animations: il n'est pas rare de voir nos
unités mourir alors que les adversaires en face n'ont même pas fait
mine de regarder dans leur direction. Cerise sur le gâteau raté, le pathfinding très
souvent aux fraises pousse nos valeureuses troupes à prendre dix
secondes pour contourner le moindre obstacle ou à buter de façon
insistante et vaguement ridicule contre un mur sans penser à le
contourner.
C'est d'autant plus dommage que, si la campagne solo est par ailleurs
plutôt quelconque, le mode multijoueur était vraiment prometteur.
L'idée de pouvoir s'ébrouer dans ce monde post-apocalyptique à huit
joueurs simultanément (deux équipes de quatre) avait de quoi éveiller
l'enthousiasme, surtout sur console. Espérons que le patch promis par
Sega verra bien le jour, et assez rapidement pour ne pas pénaliser son
bébé.
points positifs
points négatifs

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