Avec Resident
Evil, Silent Hill est l'autre
monument d'un genre de jeu d'aventure/action bien particulier : le
« survival horror ». Le but, vous l'aurez compris, est de survivre et
de se frayer un chemin à coups de barre à mine et de fusils à pompe dans un
monde peuplé de morts-vivants qui bascule un peu plus dans l'horreur à chaque
pas que franchit le héros. Mais, hérésie s'écrieront certains, le développement
de ce jeu typiquement japonais a été confié pour la première fois à un studio
américain : Double Helix.
Lumière et
brouillard
Première constatation, cet épisode tient la route
techniquement. Mais c'est le moins que l'on puisse dire, il est loin de nous
éblouir. De toute façon, Silent Hill
a toujours été un peu à la traîne de ce côté-là, ce n'est donc ni une surprise,
ni vraiment gênant. La touche Next Gen, autrement dit le bond technologique
permis par les consoles de nouvelle génération (PS3, Xbox 360), s'exprime ici
essentiellement à travers le travail réalisé sur les éclairages. Le jeu des
ombres portées tournoyant à travers les pales d'un ventilateur ou s'immisçant
par l'encoignure d'une porte, ajoute une consonance dramatique supplémentaire
quand le décor se transforme de manière horrifique, basculant dans un monde parallèle
proprement cauchemardesque. Ces passages plus chauds ont le mérite de trancher
avec l'épais brouillard, la chape de plomb qui pèse comme une tonne de sourde
angoisse, sur l'ensemble du jeu.
Dans la joie et
la bonne humeur
Lorsqu'Alex Sherperd, militaire de son état revient
dans sa ville natale de Shepherds Glen, on ne peut pas dire que l'ambiance soit
au beau fixe. Venu afin de retrouver son petit-frère disparu, le jeune Joshua,
il constate que la petite ville de province, autrefois chaleureuse, est devenue
aussi accueillante qu'une porte de prison fermée battue par une froide pluie de
décembre, une nuit sans lune. Des recherches qui passeront aussi, un peu plus
tard, par cette bonne vielle bourgade de Silent Hill ! La progression,
avec son lot de portes closes, de passages plus ou moins secrets et d'énigmes
plus ou moins réussies dans cet épisode, est typique de la série. Au point que
tout cela donne l'impression que les développeurs, tout en privilégiant le
rythme sur la réflexion, se sont montrés un brin timorés, ne voulant surtout
rien chambouler de trop au risque de livrer une copie de bonne facture mais
aussi très convenue.
Le frisson mieux
que l'action
Fondant davantage son propos sur l'ambiance et le
frisson qu'il procure, que sur ses qualités de jeu d'action Silent Hill fait toujours preuve d'une
certaine raideur en termes de maniabilité. Ainsi, si l'on casse du zombie à
tour de bras, si les combos peuvent s'enchaîner après une période d'adaptation,
notamment les contre-attaques déclenchées juste derrière une esquive, les
combats restent corrects (voire progressent par rapport aux précédents
épisodes !), mais ne constituent pas le point fort du jeu. A tel point
qu'il est d'ailleurs possible de s'y soustraire pratiquement à chaque fois !
En réalité, la seule question qui vaille pour ce genre
d'aventure est de savoir si, toutes choses égales par ailleurs, le jeu procure
le frisson d'effroi attendu. C'est là bien sûr une appréciation qui dépendra de
la tolérance de tout un chacun à la violence et à l'hémoglobine. Cela dit, le
traitement sonore particulièrement étudié ou chaque bruit résonne et les
quelques surprises du chef qui vous tombent dessus sans cirer gare, participent
de recettes à la fois éculées mais qui, malgré tout, ont fait leur preuve.
points positifs
points négatifs

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