Depuis pas mal de temps maintenant, les jeux vidéo semblent n'exister que pour injecter un peu de folie, d'adrénaline et d'émotions fortes dans nos mornes existences de mecs moyens désespérant de voir les extraterrestres se décider enfin à envahir le monde. Pourtant, envers et contre tous, les créateurs des Sims s'escriment depuis dix ans à mettre au point une simulation de vie quotidienne.
Les aliens s'y font rares, les ruines incas, discrètes, et les zombies, boudeurs. Il faut croire que cela plaît, puisque, entre ses différents épisodes et ses innombrables add-ons, la franchise a récemment dépassé les 100 millions d'unités vendues, devenant du coup la plus juteuse des licences venues du monde du PC. Alors hop! c'est reparti pour un troisième volet: avouez que ç'aurait été dommage de se priver.
Pourquoi changer une formule qui marche? Electronic Arts ne s'est visiblement pas posé la question longtemps. Contrairement aux Sims 2, qui avaient apporté leur lot d'évolutions importantes, ce troisième opus se contente de lisser les angles, de rendre le gameplay plus fluide, le monde plus cohérent. Cela dit, la recette est déjà bien éprouvée, et trop bousculer le grand public, celui qui plébiscite «Les Sims», aurait sans doute été une erreur stratégique.
Où est ma ch'mise grise?
Les Sims 3 nous permettent donc toujours de présider à la destinée d'une famille virtuelle. Première étape: la création de personnages, pour choisir l'âge, l'embonpoint (amené à évoluer en cours de jeu: on peut enfin faire un vrai gros) ou encore la couleur du moindre vêtement de nos différents Sims.
Première nouveauté aussi: finie la répartition des points, façon jeu de rôle. Il convient désormais de sélectionner un maximum de cinq «traits» pour chacun. «Amoureux de la nature», «chanceux», «étourdi», «cleptomane»… tous présentent des avantages et des inconvénients et façonneront la personnalité de vos Sims. Selon les traits que vous leur aurez donnés, vous devrez aussi leur attribuer un souhait à long terme. Devenir cosmonaute, superstar du rock, critique de jeux vidéo, etc., autant de buts un peu fous dont l'accomplissement témoigne, au crépuscule de l'existence, d'une vie bien remplie. Accessoirement, cela rapporte aussi un gros paquet de «points de bonheur à long terme».
Que du bonheur
Car vos Sims ne se contentent plus d'errer dans l'existence comme autant de candidats de Secret Story dans un simili-loft de la Plaine Saint-Denis. De la même manière que dans les Sims 2, leur vie est motivée par des aspirations assez triviales telles que manger une crêpe. Mais les souhaits à long terme leur donnent une motivation, un but à atteindre avant de mourir qui permet aux Sims 3 de tendre un peu plus vers le statut de vrai jeu, d'être (un peu) autre chose qu'un bac à sable sans réel objectif.
En tout cas, petites comme grandes, ces missions rapportent au joueur consciencieux un certain nombre de points qu'il peut ensuite échanger contre des compétences bonus aux allures de cheat-codes. Pour 75000 points de bonheur, on peut même envisager l'achat d'un téléporteur, bien pratique pour ceux qui aiment se lever 5 minutes avant d'aller au boulot ou qui préféreraient mourir plutôt que de monter un escalier.
Un jeu fourni en kit?
A part cela, les nouveautés apportées par Les Sims 3 ne sautent pas aux yeux. Quand on regarde les graphismes, on a même du mal à croire qu'il s'est écoulé cinq années depuis la sortie du précédent opus. A vrai dire, Les Sims 2 et leurs 42 add-ons proposaient même plus d'options que cette nouvelle mouture – enfin, ne nous faisons pas d'illusion: il ne faudra sans doute pas attendre longtemps avant de voir débouler le cortège de contenus additionnels payants.
Mais, tel le Diable, les améliorations apportées par Les Sims 3 sont dans les détails. S'ils partent moins dans tous les sens, tout y est mieux pensé, plus souple, plus complet. Le moindre footing peut s'effectuer à trois ou quatre allures différentes, et il est même possible de choisir la façon dont son Sim se comporte au travail. S'il cire les pompes de son patron, par exemple, ou s'il glandouille devant la machine à café. Ce qui est loin d'être incompatible.
Sim in the City
L'amélioration de l'intelligence artificielle est une autre raison de se réjouir. Vos Sims sont enfin un peu plus autonomes que des Tamagotchi. On peut désormais leur laisser plus de liberté, surtout pour les actions du quotidien, et prendre le temps de se concentrer sur des activités plus ludiques. Mais, en fait, la grande innovation des Sims 3 ne se voit pas: c'est la disparition des écrans de chargement. Dorénavant, la ville n'est plus éclatée en quelques parcelles indépendantes, elle existe d'un seul tenant.
Libre à vous de faire, en quelques clics, un tour du côté de la rampe de lancement de la navette spatiale avant de visiter le commissariat, de draguer une petite vieille dans un parc puis de rentrer chez vous vous brosser les dents, si vous n'avez que cela à faire. Et le tout sans quitter votre Sim des yeux. Sunset Valley est maintenant une vraie petite ville: chaque bâtiment réserve des rencontres, des opportunités d'emploi et des occasions de flâner ou de faire des emplettes. Et, à n'en pas douter, nombreux sont les joueurs (qu'ils soient occasionnels ou «hardcore» mais ouverts) qui vont vouloir y établir domicile.















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